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Formation continue - Un deuxième cycle à l'étude pour les « cours du soir »

La faculté d'éducation permanente de l'université de Montréal accueille près de 8000 étudiants et... est une bonne source de revenus

Claire Harvey   29 janvier 2005  Éducation
Répondre aux besoins particuliers et variés des étudiants adultes, tel est l'objectif que poursuit la faculté d'éducation permanente de l'université de Montréal. Précisions.

Créée en 1975, la faculté d'éducation permanente de l'université de Montréal constitue un modèle unique dans le réseau des universités québécoises francophones. C'est le seul endroit où les programmes destinés aux adultes sont rattachés à une faculté. Ailleurs, l'éducation des adultes incombe généralement à des services, placés entre autres sous la responsabilité du vice-rectorat au développement.

Selon Jean-Marc Boudrias, le doyen, ce statut procure beaucoup d'autonomie et d'indépendance à la faculté. «Cela nous permet de créer nos propres programmes dans les disciplines qui ne sont pas occupées par d'autres facultés de l'université de Montréal et de les adapter aux besoins de notre clientèle.» Le résultat? «Depuis 30 ans, la faculté, seule ou en complémentarité avec d'autres, a développé une trentaine de certificats dans des champs de connaissance variés, par exemple, en communication, en gestion et en santé», ajoute-t-il. On peut aussi y obtenir un baccalauréat par le cumul de certificats.

La clientèle

Au cours de cette période, la clientèle de la faculté d'éducation permanente a grandement évolué. Traditionnellement, les adultes qui effectuaient un retour aux études le faisaient à temps partiel, et ce, dans des programmes réservés à des gens ayant une expérience de travail. Aujourd'hui, 45 % des étudiants de la faculté proviennent du secteur collégial professionnel. Parmi ceux-ci, bon nombre n'ont jamais été sur le marché du travail. Par conséquent, l'âge moyen est actuellement de 33 ans, alors qu'il était de 35 ans en 1995.

Le nombre d'étudiants adultes a aussi connu des fluctuations importantes. Par exemple, après une période de décroissance dans les années 1990, on assiste actuellement au phénomène inverse. Ainsi, à l'automne 2004, quelque 8000 étudiants étaient inscrits à un ou plusieurs cours de la faculté. Dans le cas des nouveaux inscrits, la hausse était de 15 % comparativement à l'automne 2003. Parmi les programmes ayant connu la plus forte croissance figurent les certificats de criminologie, d'études individualisées, de journalisme, de santé et sécurité du travail, et de santé mentale.

Une stratégie de croissance

Un ensemble de facteurs explique cette croissance. Au fil des ans, la faculté d'éducation permanente a maintenu la formation à distance — notamment dans le secteur de la gérontologie —, ce qui permet aux adultes d'étudier non seulement à l'endroit qui leur convient, mais aussi à leur rythme.

Parallèlement, la faculté a misé sur la conciliation travail-famille-études en développant ses activités hors campus. Ainsi, elle dispose de locaux neufs dans des régions à forte croissance démographique, comme Longueuil, Laval et Terrebonne. Les banlieusards peuvent donc suivre des cours plus près de chez eux; ils n'ont plus à résider ou à se rendre à Montréal.

Agissant sur plusieurs fronts, la faculté a également voulu satisfaire les besoins de formation d'une clientèle plus jeune. «Nous avons offert certains programmes à temps plein le jour, par exemple le certificat en publicité et celui en relations publiques», explique M. Boudrias, signalant que cet exercice a nécessité une certaine gymnastique pour obtenir des locaux. «Étant donné que la faculté d'éducation permanente est une faculté particulière au sein de l'université de Montréal, elle passe souvent après les facultés régulières», déplore-t-il.

Que réserve l'avenir? Pour répondre à une demande des étudiants adultes, M. Boudrias souhaite mettre sur pied un programme de deuxième cycle, en collaboration avec la faculté des études supérieures. Ce programme prendrait la forme de diplômes d'études supérieures spécialisées (DESS). Dans un premier temps, le doyen espère pouvoir l'offrir en journalisme. À cette fin, il devra toutefois faire modifier les règles qui interdisent à la faculté d'éducation permanente d'offrir des programmes de deuxième cycle. «C'est un rêve et j'ai bon espoir de le voir se réaliser», dit-il.

Parmi d'autres défis, le doyen se penchera sur la délicate question de la reconnaissance des acquis universitaires et professionnels. Depuis de nombreuses années, les étudiants adultes réclament qu'on leur reconnaisse l'expérience acquise sur le terrain ainsi que les cours suivis dans d'autres universités. S'il estime que la faculté d'éducation permanente doit exercer un leadership dans ce dossier, M. Boudrias ne dispose pas à ce jour d'un plan d'action concret.

Une faculté très rentable

M. Boudrias n'en est pas à ses premières armes en matière de gestion universitaire. Avant de prendre les rênes de la faculté d'éducation permanente en 2002, il a occupé diverses fonctions administratives à l'université de Montréal pendant 24 ans. Possédant une formation en droit et en histoire, M. Boudrias a notamment été adjoint au secrétariat général, adjoint au vice-recteur aux ressources humaines et adjoint au vice-recteur exécutif.

C'est donc un administrateur de carrière qui a pour mandat de développer l'éducation des adultes à l'université de Montréal. Et il est à la tête d'une faculté très rentable. Celle-ci représente environ 5,5 % des dépenses de l'université et génère 9 % de ses revenus, ce qui contribue au financement des programmes les plus coûteux. Il faut dire que son mode d'enseignement est particulier. Dans cette faculté, il n'y a pas de chaires de recherche ni de professeurs de carrière. Le corps professoral est constitué uniquement de chargés de cours, ce qui procure des économies substantielles, notamment sur la masse salariale.

Et qu'en est-il de la qualité de la formation? «Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de professeurs qu'il n'y a pas de qualité, répond M. Boudrias. Nous offrons des programmes de formation professionnelle qui doivent tenir compte des besoins des milieux. Les professionnels sont les mieux placés pour donner la formation théorique et pratique dont nos étudiants ont besoin.»

Les statistiques lui donnent raison. Au cours des dernières années, la faculté a mené diverses études pour évaluer la persévérance et le taux d'obtention de diplôme de sa clientèle. Ces études indiquent que le taux d'obtention de diplôme des étudiants de la faculté est semblable à celui que l'on retrouve dans les baccalauréats non contingentés de l'université de Montréal. Quant à leur taux de satisfaction, il atteint plus de 85 %.

Voilà donc autant de façons d'avoir le vent dans les voiles.
 
 
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