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Écoles anglaises pour les immigrants - Un dossier délicat pour le nouveau chef de cabinet de Pierre Reid

L'ancien employeur de Jeff Polenz demande un assouplissement de la loi 101

Clairandrée Cauchy   18 octobre 2004  Éducation
Lors du Forum des générations, l’ACSAQ a rouvert l’épineux débat autour de la loi 101 en suggérant que des immigrants puissent envoyer leurs enfants dans les commissions scolaires anglaises.
Photo : Jacques Nadeau
Lors du Forum des générations, l’ACSAQ a rouvert l’épineux débat autour de la loi 101 en suggérant que des immigrants puissent envoyer leurs enfants dans les commissions scolaires anglaises.
L'ancien directeur général de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ), Jeff Polenz, qui occupe depuis deux semaines le poste de chef de cabinet du ministre de l'Éducation, sera appelé à traiter de la proposition de son ancienne organisation visant à permettre aux enfants d'immigrants de fréquenter les écoles anglaises.

Lors du Forum des générations qui s'est conclu jeudi, l'ACSAQ a rouvert l'épineux débat autour de la loi 101 en suggérant que des immigrants puissent envoyer leurs enfants dans les commissions scolaires anglaises, soulignant que celles-ci offrent des programmes bilingues ou d'immersion française performants. La suggestion sera étudiée dans le cadre des comités découlant du forum.

«Quand un parent ne peut pas s'impliquer dans la vie quotidienne à l'école, il y pense à deux ou trois fois avant de rester au Québec. Il ne peut aider aux devoirs, communiquer avec les enseignants, avec l'administration. Le moment est venu d'avoir une telle discussion», a déclaré vendredi le président de l'ACSAQ, Marcus Tabachnick, en faisant appel à «l'ouverture d'une communauté envers l'autre».

M. Tabachnick, qui a dit ne pas avoir directement abordé la question avec le cabinet du ministre de l'Éducation, Pierre Reid, a reconnu que le nouveau chef de cabinet connaissait «la situation de [sa] communauté». «Je ne suis pas certain que cela change quelque chose», a-t-il ajouté.

Au cabinet de Pierre Reid (où on a dit «prendre acte de la demande»), on a affirmé qu'il n'y avait pas «de lien à faire» entre les anciennes fonctions de M. Polenz et le traitement de ce dossier. L'attachée de presse de M. Reid, Caroline Richard, a reconnu que le nouveau chef de cabinet serait appelé à étudier cette question, comme toutes celles qui touchent l'éducation soulevées lors du forum.

La porte-parole de l'opposition en matière d'éducation, Pauline Marois, a dit estimer que M. Polenz serait peut-être plus sensible à la proposition de son ancien président, «mais peut-être aussi plus prudent par ailleurs», a-t-elle dit.

Mme Marois a rappelé que le passage des commissions scolaires confessionnelles aux commissions scolaires linguistiques visait précisément à s'assurer que les jeunes immigrants soient accueillis dans un milieu culturel francophone. «On doit tenir à cela. J'espère que le gouvernement sera vigilant, nous le serons à l'opposition», a-t-elle conclu.

La proposition a fait bondir la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), qui s'étonne que le gouvernement ne l'ait pas rejetée d'emblée. La SSJBM souligne que l'école anglaise a gagné du terrain depuis 1991: la proportion d'élèves scolarisés en français a en effet diminué de 90,5 % à 88,6 %, alors que les effectifs des écoles anglaises sont passés de 9,5 % à 11,4 %.
 
 
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  • paulbel@videotron.ca
    Abonné
    jeudi 21 octobre 2004 21h47
    Ne pas briser une paix sociale difficilement acquise
    Il serait extrèmement regrettable de revenir en arrière sur une décision qui briserait une paix sociale difficilement acquise. Nous voyons à l'université l'effet positif de la législation québécoise sur la langue d'enseignement. C'est d'aileurs précisément cette mesure d'intégration obligatoire des jeunes au réseau scolaire francophone qui nous permettra éventuellement, lorsque la communauté universitaire sera plus ouverte internationalement, de faire une place limitée mais réelle aux autres langues continentales des amériques.

    Paul Bélanger
    Président de l'ancien Comité sur la langue d'enseignement à l'UQAM.

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