Éhoud Barak interdit de parole à Concordia
L'université Concordia se retrouve de nouveau au coeur des tensions israélo-palestiniennes locales, deux ans après le passage houleux à Montréal de l'ancien premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou. Pour des raisons «strictement de sécurité», l'établissement vient en effet de refuser au successeur de M. Nétanyahou, Éhoud Barak, la possibilité de prononcer une conférence dans ses murs, comme le souhaitait l'association étudiante juive Hillel. Par contre, l'université se dit d'accord pour parrainer un événement impliquant M. Barak, mais en dehors du campus.
La violente manifestation qui avait empêché Benjamin Nétanyahou de prononcer une conférence à Concordia en septembre 2002 a visiblement échaudé l'université, qui ne veut plus prendre de risques. «Nous avons procédé à l'évaluation des mesures de sécurité nécessaires, expliquait hier en conférence de presse le vice-recteur, Michael Di Grappa. Les responsables étaient unanimes pour dire que rien sur le campus ne pouvait répondre aux exigences de sécurité. Les risques courus sont trop grands.» L'université n'est pas équipée pour recevoir des «personnalités de haut profil [controversées] comme M. Barak», dit-il.
Mais le décision ne vise pas à «empêcher quelqu'un de parler», jure-t-on. Les autorités de Concordia affirment ainsi être tout à fait disposées à coparrainer une conférence d'Éhoud Barak (chef du gouvernement entre 1998 et 2000), si elle se tient ailleurs que sur le campus, à un endroit où la sécurité pourrait être assurée. «Il ne fait aucun doute que l'université admire la carrière de M. Barak et ses efforts infatigables pour amener la paix au Moyen-Orient. Il est réputé pour défendre des valeurs comme la conciliation, l'ouverture et la négociation», a dit le vice-recteur.
La décision de l'université n'a satisfait aucune des deux communautés: du côté palestinien, on n'a pas tardé à décrier l'appui verbal à Éhoud Barak, considéré comme «un criminel de guerre» par les Palestiniens, selon les mots de Rabie Masri, porte-parole de la Coalition contre la déportation des réfugiés palestiniens. «Je ne comprends pas que l'université soit prête à commanditer au nom de tous les étudiants un événement avec M. Barak. Il a été impliqué dans plusieurs crimes contre les droits de l'homme.» Eric Yingling, vice-président de Solidarity for Palestinian Human Rights, exprime aussi une «incompréhension de voir l'université s'associer à la présence d'un criminel». Rabie Masri affirme d'ailleurs qu'il y aura certainement des manifestations si Éhoud Barak vient à Montréal (toutefois, rien de concret n'était connu de la direction de Concordia).
Du côté israélien, on dénonce une entorse à la liberté d'expression. Une manifestation se tiendra en ce sens ce midi, à l'angle du boulevard de Maisonneuve et de la rue Mackay. «L'université est un espace de débat, de parole, fait valoir Sylvain Abitbol, président de la fédération juive CJA, qui rejette les explications de sécurité. Il me semble que l'Université a eu le temps de trouver un moyen de contrôler la sécurité depuis deux ans.» Dan Hadad, membre de Hillel-Concordia, est pour sa part déçu de voir «la direction dirigée par un petit groupe de manifestants [pro-palestiniens]».
Le passage de M. Nétanyahou à Montréal a créé un cycle de tension autour de la tenue d'événements universitaires concernant le conflit au Moyen-Orient. Concordia avait même décidé d'imposer un moratoire sur les débats touchant cette question. En décembre 2002, l'UQAM avait hésité avant de permettre au journaliste juif Gideon Kouts de faire une présentation. En février 2004, la direction de l'École des hautes études commerciales avait annulé une conférence sur le conflit israélo-palestinien, par crainte de grabuge.
La violente manifestation qui avait empêché Benjamin Nétanyahou de prononcer une conférence à Concordia en septembre 2002 a visiblement échaudé l'université, qui ne veut plus prendre de risques. «Nous avons procédé à l'évaluation des mesures de sécurité nécessaires, expliquait hier en conférence de presse le vice-recteur, Michael Di Grappa. Les responsables étaient unanimes pour dire que rien sur le campus ne pouvait répondre aux exigences de sécurité. Les risques courus sont trop grands.» L'université n'est pas équipée pour recevoir des «personnalités de haut profil [controversées] comme M. Barak», dit-il.
Mais le décision ne vise pas à «empêcher quelqu'un de parler», jure-t-on. Les autorités de Concordia affirment ainsi être tout à fait disposées à coparrainer une conférence d'Éhoud Barak (chef du gouvernement entre 1998 et 2000), si elle se tient ailleurs que sur le campus, à un endroit où la sécurité pourrait être assurée. «Il ne fait aucun doute que l'université admire la carrière de M. Barak et ses efforts infatigables pour amener la paix au Moyen-Orient. Il est réputé pour défendre des valeurs comme la conciliation, l'ouverture et la négociation», a dit le vice-recteur.
La décision de l'université n'a satisfait aucune des deux communautés: du côté palestinien, on n'a pas tardé à décrier l'appui verbal à Éhoud Barak, considéré comme «un criminel de guerre» par les Palestiniens, selon les mots de Rabie Masri, porte-parole de la Coalition contre la déportation des réfugiés palestiniens. «Je ne comprends pas que l'université soit prête à commanditer au nom de tous les étudiants un événement avec M. Barak. Il a été impliqué dans plusieurs crimes contre les droits de l'homme.» Eric Yingling, vice-président de Solidarity for Palestinian Human Rights, exprime aussi une «incompréhension de voir l'université s'associer à la présence d'un criminel». Rabie Masri affirme d'ailleurs qu'il y aura certainement des manifestations si Éhoud Barak vient à Montréal (toutefois, rien de concret n'était connu de la direction de Concordia).
Du côté israélien, on dénonce une entorse à la liberté d'expression. Une manifestation se tiendra en ce sens ce midi, à l'angle du boulevard de Maisonneuve et de la rue Mackay. «L'université est un espace de débat, de parole, fait valoir Sylvain Abitbol, président de la fédération juive CJA, qui rejette les explications de sécurité. Il me semble que l'Université a eu le temps de trouver un moyen de contrôler la sécurité depuis deux ans.» Dan Hadad, membre de Hillel-Concordia, est pour sa part déçu de voir «la direction dirigée par un petit groupe de manifestants [pro-palestiniens]».
Le passage de M. Nétanyahou à Montréal a créé un cycle de tension autour de la tenue d'événements universitaires concernant le conflit au Moyen-Orient. Concordia avait même décidé d'imposer un moratoire sur les débats touchant cette question. En décembre 2002, l'UQAM avait hésité avant de permettre au journaliste juif Gideon Kouts de faire une présentation. En février 2004, la direction de l'École des hautes études commerciales avait annulé une conférence sur le conflit israélo-palestinien, par crainte de grabuge.
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