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L'école publique reprend du galon

L'école publique a la cote! Un sondage Léger Marketing révèle que les Québécois sont deux fois plus satisfaits de l'école publique secondaire qu'ils ne l'étaient il y a dix ans. Pour gonfler davantage cette statistique, les écoles devront toutefois mieux se faire valoir, puisque la même enquête démontre que près de la moitié des Québécois jugent que les écoles ne donnent pas assez d'information sur ce qu'elles font.

Alors que l'attrait pour l'école privée n'a cessé d'augmenter au cours des dernières années, 59 % des Québécois sont satisfaits de l'école secondaire publique; ils n'étaient que 40 % en 1993 à formuler la même affirmation, ce qui représente un bond de 50 % en l'espace de dix ans. Les mêmes répondants au sondage Léger Marketing, qui visait à vérifier les perceptions des Québécois à l'égard de l'école publique, sont satisfaits de l'école primaire dans une proportion de 69 %, contre 61 % en 1993.


C'est avec ces statistiques réjouissantes que démarrait hier le colloque «Les défis de l'école publique», organisé conjointement par le ministère de l'Éducation et la Fédération des commissions scolaires du Québec. Satisfait de la marque de confiance donnée par les Québécois, le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, s'est interrogé sur les manières que pourrait adopter l'école publique pour «continuer d'être une option gagnante pour la population». «L'une des clés du succès est l'encadrement des élèves», a-t-il lancé aux quelque mille travailleurs de l'éducation venus assister au colloque, ce qui constituait son plus vaste auditoire issu du milieu depuis sa nomination.


Les Québécois abondent tout à fait en ce sens. Interrogés sur les éléments qui pourraient rendre l'école publique plus attrayante, 35 % répondent justement «un meilleur encadrement des élèves», la réponse la plus populaire avant «des programmes diversifiés» (27 %), «une meilleure disponibilité du personnel enseignant» (14 %), «une augmentation du temps de présence des élèves à l'école» (10 %) et «la transmission de plus d'information aux parents» (7 %).


Les Québécois interrogés, issus de tous les milieux et de toutes les couches d'âge, estiment en outre, dans une proportion de 48 %, que l'école ne divulgue pas suffisamment son information, ce qui a fait dire au président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron, qu'il faut «travailler encore sur la perception des gens à l'égard de l'école publique», ce sur quoi «on n'a pas mis assez d'efforts dans le passé».


La programmation du colloque lui donne raison, puisqu'une partie importante des ateliers d'aujourd'hui est vouée aux stratégies de communications et de marketing que pourraient adopter les écoles pour mieux faire valoir leurs «produits».


Alors qu'un débat sur les défis du réseau public donnait le ton hier après-midi, une question venue de la salle a fait bifurquer le propos vers le réseau privé, dont la concurrence alimente les discussions de corridor. «Ne devrait-on pas réduire le financement du privé pour augmenter celui du public?», a demandé Robert Cadotte, de la Commission scolaire de Montréal, désignant le privé comme «le fantôme» du colloque.


Si plusieurs applaudissent à cette idée, Sylvain Simard croit, lui, que l'heure n'est pas à tenir ce débat. «Je pense que, ce que nous faisons de très stimulant à l'école publique, peut-être nous ne le ferions pas s'il n'y avait pas cette compétition que nous a donnée l'école privée.»


Le sondage Léger Marketing, effectué en mars dernier auprès de 1000 Québécois, nous apprend aussi que les 18-34 ans sont très nombreux — 87 % — à croire qu'il est important que l'école offre une plus grande diversité de programmes. Le ministre Simard acquiesce à cette idée, particulièrement pour la région de Montréal, où l'attrait du privé est le plus grand. «Il faut tout de même garder une certaine mesure là-dedans», note-t-il toutefois, afin de ne pas risquer de dépeupler les écoles publiques au profit... d'autres voisines du réseau public!


Pour formuler leur opinion sur le réseau scolaire public, les répondants au sondage affirment, dans une proportion de 53 %, se baser sur leur propre expérience (43 %) ou sur celle de leurs enfants (10 %). Le controversé mais très médiatisé Palmarès des écoles secondaires du Québec est une référence pour seulement 3 % des répondants.
 
 
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