Cégeps: le forum parallèle est plus populaire que le vrai
Deux forums s'affronteront demain à Québec, autour de l'avenir des collèges: alors que l'assemblée publique convoquée par le ministre réunira 350 participants, on en attend plus de 1500 dehors, sur les plaines d'Abraham, pour rappeler en «parallèle» l'importance de la formation générale dans les collèges et combattre les débats sur la structure.
La Coalition-Cégeps, qui regroupe parents, étudiants, enseignants et personnel des collèges, manifestera aujourd'hui en marge du forum lancé par le ministre de l'Éducation, Pierre Reid. Le ministre, qui ne prévoit pas se présenter à cette activité parallèle, y voit le signe «d'un intérêt très grand pour toute cette question de l'enseignement collégial».
«S'ils sont contre l'abolition des cégeps, je suis d'accord avec eux, a-t-il indiqué hier en marge d'un événement de presse. Je souhaite que ce soit l'occasion de manifester un certain nombre d'idées, comme le forum.»
Le forum parallèle, qui pourrait prendre plus d'ampleur que le forum officiel et constitue un vibrant plaidoyer en faveur des cégeps, sera pris en considération dans les réflexions du ministre, qui aboutiront à l'automne. «Je suis à l'écoute de tout processus démocratique qui m'amène une information», a indiqué le ministre Reid, qui se désole toujours de la faible participation des étudiants aux événements d'aujourd'hui et compte consulter les étudiants plus à fond à la fin de l'été.
Hier à l'Assemblée nationale, le ministre a réitéré son intention de ne pas abolir les cégeps, un message qu'il a répété plus d'une fois depuis le lancement en novembre de la proposition des commissions scolaires, qui militent pour une sixième année de secondaire, un baccalauréat de quatre ans et le mariage des formations technique et professionnelle.
«Je n'ai jamais changé de discours depuis que j'ai parlé des cégeps pour la première fois», a indiqué hier M. Reid, alors qu'il était interpellé par le chef de l'opposition, Bernard Landry. «À aucun moment il n'est question de l'abolition des cégeps, [...] à aucun moment, aucun moment.»
En même temps qu'il maintient ce discours, le ministre continue toutefois d'affirmer que la réflexion qui commence aujourd'hui mènera à des changements «mineurs ou majeurs», et possiblement de structure. À ce sujet, le forum compte deux «invités du ministre»: les chercheurs Pierre Fortin (UQAM) et Denis Bédard (ENAP), associés tous deux à des études sur les cégeps aux conclusions diamétralement opposées, ont été conviés aux débats à titre de spécialistes.
«Le ministre aurait dû calmer le jeu et donner une orientation au débat qui s'engage plutôt que de dire une chose et son contraire dans la même phrase: "Oui, nous allons préserver les cégeps mais en même temps tout est sur la table", a expliqué hier la députée de Taillon et critique en matière d'éducation, Pauline Marois. À ce moment-ci, je peux vous dire que, dans le réseau de l'éducation, on a semé plutôt la zizanie et l'inquiétude.»
La Fédération des cégeps a été «désagréablement surprise» par les propos du ministre rapportés par les quotidiens cette fin de semaine. Le même discours entourant l'importance des cégeps mais la nécessité de procéder à des changements y revenait. «Ses propos laissent croire plein de choses; il semble ouvrir une brèche sur les structures, alors que les gens ont clairement affirmé leur attachement au réseau des collèges à travers le forum en ligne», a expliqué hier la directrice des communications de la Fédération des cégeps, Caroline Tessier.
Le forum ministériel prévoit la tenue de trois séances d'ateliers sur chacun des quatre thèmes lancés par le ministre. Chacun des participants aura trois minutes pour aller à l'essentiel, et aucun échange n'est prévu dans les ateliers ou les plénières. «On comprend mal comment on peut faire un débat de fond à 350 en deux jours avec trois minutes de temps d'intervention chacun», affirme Alain Dion, le président de la Fédération autonome du collégial (FAC), un syndicat qui regroupe quelque 4000 enseignants de collèges.
La FAC, comme la FNEEQ-CSN et les syndicats de la CSQ, participeront demain en grand nombre aux activités du forum parallèle, où on discutera philo, littérature, éducation physique et anglais langue seconde. Ces cours, qui composent la formation générale, ont été identifiés comme des cibles possibles des changements à venir.
En plus de cette réflexion, une grande manifestation est à l'ordre du jour sur les coups de midi et des personnalités telles Wajdi Mouawad, Jean-Claude Germain, Michel Chartrand, Louise Vandelac, Jean Pichette et Georges Leroux y présenteront des témoignages enregistrés sur vidéo concernant l'importance de la formation générale.
Des enseignants de formation générale partis de Saint-Hyacinthe samedi dernier en vélo, en kayak de mer ou en patins à roues alignées devraient arriver à Québec ce midi; ils porteront les mémoires de différents groupes sur l'importance de la formation générale.
Avec la collaboration de Tommy Chouinard
La Coalition-Cégeps, qui regroupe parents, étudiants, enseignants et personnel des collèges, manifestera aujourd'hui en marge du forum lancé par le ministre de l'Éducation, Pierre Reid. Le ministre, qui ne prévoit pas se présenter à cette activité parallèle, y voit le signe «d'un intérêt très grand pour toute cette question de l'enseignement collégial».
«S'ils sont contre l'abolition des cégeps, je suis d'accord avec eux, a-t-il indiqué hier en marge d'un événement de presse. Je souhaite que ce soit l'occasion de manifester un certain nombre d'idées, comme le forum.»
Le forum parallèle, qui pourrait prendre plus d'ampleur que le forum officiel et constitue un vibrant plaidoyer en faveur des cégeps, sera pris en considération dans les réflexions du ministre, qui aboutiront à l'automne. «Je suis à l'écoute de tout processus démocratique qui m'amène une information», a indiqué le ministre Reid, qui se désole toujours de la faible participation des étudiants aux événements d'aujourd'hui et compte consulter les étudiants plus à fond à la fin de l'été.
Hier à l'Assemblée nationale, le ministre a réitéré son intention de ne pas abolir les cégeps, un message qu'il a répété plus d'une fois depuis le lancement en novembre de la proposition des commissions scolaires, qui militent pour une sixième année de secondaire, un baccalauréat de quatre ans et le mariage des formations technique et professionnelle.
«Je n'ai jamais changé de discours depuis que j'ai parlé des cégeps pour la première fois», a indiqué hier M. Reid, alors qu'il était interpellé par le chef de l'opposition, Bernard Landry. «À aucun moment il n'est question de l'abolition des cégeps, [...] à aucun moment, aucun moment.»
En même temps qu'il maintient ce discours, le ministre continue toutefois d'affirmer que la réflexion qui commence aujourd'hui mènera à des changements «mineurs ou majeurs», et possiblement de structure. À ce sujet, le forum compte deux «invités du ministre»: les chercheurs Pierre Fortin (UQAM) et Denis Bédard (ENAP), associés tous deux à des études sur les cégeps aux conclusions diamétralement opposées, ont été conviés aux débats à titre de spécialistes.
«Le ministre aurait dû calmer le jeu et donner une orientation au débat qui s'engage plutôt que de dire une chose et son contraire dans la même phrase: "Oui, nous allons préserver les cégeps mais en même temps tout est sur la table", a expliqué hier la députée de Taillon et critique en matière d'éducation, Pauline Marois. À ce moment-ci, je peux vous dire que, dans le réseau de l'éducation, on a semé plutôt la zizanie et l'inquiétude.»
La Fédération des cégeps a été «désagréablement surprise» par les propos du ministre rapportés par les quotidiens cette fin de semaine. Le même discours entourant l'importance des cégeps mais la nécessité de procéder à des changements y revenait. «Ses propos laissent croire plein de choses; il semble ouvrir une brèche sur les structures, alors que les gens ont clairement affirmé leur attachement au réseau des collèges à travers le forum en ligne», a expliqué hier la directrice des communications de la Fédération des cégeps, Caroline Tessier.
Le forum ministériel prévoit la tenue de trois séances d'ateliers sur chacun des quatre thèmes lancés par le ministre. Chacun des participants aura trois minutes pour aller à l'essentiel, et aucun échange n'est prévu dans les ateliers ou les plénières. «On comprend mal comment on peut faire un débat de fond à 350 en deux jours avec trois minutes de temps d'intervention chacun», affirme Alain Dion, le président de la Fédération autonome du collégial (FAC), un syndicat qui regroupe quelque 4000 enseignants de collèges.
La FAC, comme la FNEEQ-CSN et les syndicats de la CSQ, participeront demain en grand nombre aux activités du forum parallèle, où on discutera philo, littérature, éducation physique et anglais langue seconde. Ces cours, qui composent la formation générale, ont été identifiés comme des cibles possibles des changements à venir.
En plus de cette réflexion, une grande manifestation est à l'ordre du jour sur les coups de midi et des personnalités telles Wajdi Mouawad, Jean-Claude Germain, Michel Chartrand, Louise Vandelac, Jean Pichette et Georges Leroux y présenteront des témoignages enregistrés sur vidéo concernant l'importance de la formation générale.
Des enseignants de formation générale partis de Saint-Hyacinthe samedi dernier en vélo, en kayak de mer ou en patins à roues alignées devraient arriver à Québec ce midi; ils porteront les mémoires de différents groupes sur l'importance de la formation générale.
Avec la collaboration de Tommy Chouinard
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