L'argent destiné aux profs a servi au matériel scolaire
Les écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) se font retirer la gestion du plus gros tronçon de leur budget, destiné à l'embauche d'enseignants. Sur toile de fond déficitaire, la CSDM remet les cordons de la bourse aux neuf regroupements de son territoire car elle veut empêcher que cet argent serve au papier, au mobilier et aux ordinateurs plutôt qu'à des postes de professeur.
Voilà ce qu'a expliqué hier au Devoir la présidente de la CSDM, Diane De Courcy, tout juste après une rencontre avec l'ensemble des dirigeants d'école de la commission scolaire sur la situation financière déficitaire de la CSDM. «Nous voulons rétablir un principe d'équité dans les écoles», a expliqué Mme De Courcy, qui ne peut pas chiffrer la hauteur des sommes prévues pour les enseignants, anormalement déviées vers d'autres postes budgétaires. «On veut s'assurer que, désormais, tous les enseignants prévus soient devant les élèves, pas ailleurs. Il y avait une portion de ces postes-là qui servait à autre chose: à l'ajout de ressources professionnelles mais aussi au fonctionnement des photocopieurs.»
Le budget de la CSDM dévolu à l'enveloppe enseignante — 80 % d'une enveloppe totale de quelque 605 millions — ne sera donc plus géré par les directions d'école, qui perdent pour l'année 2004-05 cette responsabilité qu'on leur avait rendue il y a quelques années. Afin de s'assurer que l'argent prévu pour l'embauche d'enseignants soit effectivement dépensé à cette fin, la nouvelle équipe du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO), élue en novembre dernier, transfère aux neuf regroupements du territoire de la CSDM la gestion de cette portion du budget.
En remettant les cordons de la bourse aux regroupements d'écoles, qui ont tous des bassins d'écoles sous leur responsabilité, la commission scolaire veut éviter quelques anormalités non souhaitables et s'assure que si marge de manoeuvre il y a, celle-ci soit redistribuée sous forme de péréquation aux écoles qui ont des besoins précis ou particuliers.
Cette décision, de même que l'ensemble de l'opération de redressement budgétaire entreprise par la CSDM, ne ravit pas les directions d'école, qui affirment être sorties «insatisfaites» de la rencontre d'hier matin, comme l'a expliqué Jacques Delfosse, président de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire (AMDES). L'AMDES réserve toutefois le détail de sa réaction pour la semaine prochaine, alors qu'elle aura pris le temps d'analyser les tenants et aboutissants des échanges d'hier matin.
«Ajouter un paquet de millions que nous n'aurions pas pour l'enveloppe enseignante, il n'en est tout simplement plus question», a expliqué Mme De Courcy, dont la commission scolaire fait face à un déficit anticipé de l'ordre de 27 millions de dollars. «Les marges de manoeuvre sur la carte de crédit, on ne les a pas, ce n'est pas plus compliqué que ça.»
Pour expliquer une part du cratère de 27 millions qui oblige tout ce brasse-camarades, la CSDM avait en effet avancé que certaines écoles avaient fonctionné sur une marge virtuelle de financement, embauchant avec des sous qu'elles n'avaient tout simplement pas.
«Nous ne sommes pas dans un vent de centralisation», a répliqué Mme De Courcy lorsqu'on l'a interrogée sur ce changement de tradition, qui s'oppose à l'autonomie retournée aux écoles ces dernières années. «C'est dans le souci de repartir sur une nouvelle base que nous avons décidé de fonctionner comme cela, par les regroupements. Nous nous appliquons à faire de l'ordre. Où est l'argent? À quoi est-il dépensé?»
Refusant d'accuser les directions d'école d'avoir mal dépensé l'argent destiné aux enseignants, Diane De Courcy reconnaît «qu'à partir de l'enveloppe enseignante, on a fait toutes sortes de choses, ce qui est anormal, aussi légitimes que soient les dépenses dans certains cas». Si des écoles ont puisé dans l'enveloppe pour du mobilier ou le fonctionnement des photocopieurs, il est aisé de croire que d'autres ont utilisé ces dollars pour l'ajout de ressources professionnelles — orthopédagogues, éducateurs spécialisés, psychologues — indispensables pour soutenir une clientèle défavorisée.
Pour l'Alliance des professeurs de Montréal, ce nouveau mode de redistribution d'une portion des budgets «devrait faire en sorte qu'à l'avenir, les sommes [...] destinées à créer des postes enseignants se traduisent effectivement en postes enseignants et en véritables services, et non plus transformées en papier, en ordinateurs ou en mobilier, comme c'est le cas actuellement», a écrit Pierre St-Germain, président de l'Alliance, dans un bulletin interne destiné aux membres du syndicat.
Le contexte dans lequel s'opère ce remue-ménage est lié au déficit anticipé de 27 millions de dollars, qui a causé tout un émoi dans des écoles où des scénarios de compressions ont été présentés au personnel. «Nous en sommes encore à travailler sur des scénarios», a expliqué Mme De Courcy, qui ne veut pas détailler les plans de travail tant et aussi longtemps que ceux-ci ne seront pas définitifs. «Les budgets et les plans d'effectifs définitifs ne seront pas connus avant la fin d'avril et peut-être la mi-mai.»
Lors de la dernière rencontre du conseil des commissaires, le 7 avril dernier, et face à la menace de réduction du nombre de postes d'enseignant qui courait dans les écoles, Mme De Courcy s'était engagée à maintenir la même enveloppe enseignante «à population égale». Or les prévisions de fréquentation scolaire pour l'an prochain laissent entrevoir une baisse de près de 2 % de la clientèle à la CSDM, pour quelque 1400 élèves de moins. L'Alliance des professeurs de Montréal (APM) voit dans cette seule baisse l'annonce de coupes de postes. «Moins d'élèves, moins de profs. C'est purement et cruellement mathématique», écrivait cette semaine le président de l'APM, Pierre St-Germain, dans un bulletin d'information interne.
Voilà ce qu'a expliqué hier au Devoir la présidente de la CSDM, Diane De Courcy, tout juste après une rencontre avec l'ensemble des dirigeants d'école de la commission scolaire sur la situation financière déficitaire de la CSDM. «Nous voulons rétablir un principe d'équité dans les écoles», a expliqué Mme De Courcy, qui ne peut pas chiffrer la hauteur des sommes prévues pour les enseignants, anormalement déviées vers d'autres postes budgétaires. «On veut s'assurer que, désormais, tous les enseignants prévus soient devant les élèves, pas ailleurs. Il y avait une portion de ces postes-là qui servait à autre chose: à l'ajout de ressources professionnelles mais aussi au fonctionnement des photocopieurs.»
Le budget de la CSDM dévolu à l'enveloppe enseignante — 80 % d'une enveloppe totale de quelque 605 millions — ne sera donc plus géré par les directions d'école, qui perdent pour l'année 2004-05 cette responsabilité qu'on leur avait rendue il y a quelques années. Afin de s'assurer que l'argent prévu pour l'embauche d'enseignants soit effectivement dépensé à cette fin, la nouvelle équipe du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO), élue en novembre dernier, transfère aux neuf regroupements du territoire de la CSDM la gestion de cette portion du budget.
En remettant les cordons de la bourse aux regroupements d'écoles, qui ont tous des bassins d'écoles sous leur responsabilité, la commission scolaire veut éviter quelques anormalités non souhaitables et s'assure que si marge de manoeuvre il y a, celle-ci soit redistribuée sous forme de péréquation aux écoles qui ont des besoins précis ou particuliers.
Cette décision, de même que l'ensemble de l'opération de redressement budgétaire entreprise par la CSDM, ne ravit pas les directions d'école, qui affirment être sorties «insatisfaites» de la rencontre d'hier matin, comme l'a expliqué Jacques Delfosse, président de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire (AMDES). L'AMDES réserve toutefois le détail de sa réaction pour la semaine prochaine, alors qu'elle aura pris le temps d'analyser les tenants et aboutissants des échanges d'hier matin.
«Ajouter un paquet de millions que nous n'aurions pas pour l'enveloppe enseignante, il n'en est tout simplement plus question», a expliqué Mme De Courcy, dont la commission scolaire fait face à un déficit anticipé de l'ordre de 27 millions de dollars. «Les marges de manoeuvre sur la carte de crédit, on ne les a pas, ce n'est pas plus compliqué que ça.»
Pour expliquer une part du cratère de 27 millions qui oblige tout ce brasse-camarades, la CSDM avait en effet avancé que certaines écoles avaient fonctionné sur une marge virtuelle de financement, embauchant avec des sous qu'elles n'avaient tout simplement pas.
«Nous ne sommes pas dans un vent de centralisation», a répliqué Mme De Courcy lorsqu'on l'a interrogée sur ce changement de tradition, qui s'oppose à l'autonomie retournée aux écoles ces dernières années. «C'est dans le souci de repartir sur une nouvelle base que nous avons décidé de fonctionner comme cela, par les regroupements. Nous nous appliquons à faire de l'ordre. Où est l'argent? À quoi est-il dépensé?»
Refusant d'accuser les directions d'école d'avoir mal dépensé l'argent destiné aux enseignants, Diane De Courcy reconnaît «qu'à partir de l'enveloppe enseignante, on a fait toutes sortes de choses, ce qui est anormal, aussi légitimes que soient les dépenses dans certains cas». Si des écoles ont puisé dans l'enveloppe pour du mobilier ou le fonctionnement des photocopieurs, il est aisé de croire que d'autres ont utilisé ces dollars pour l'ajout de ressources professionnelles — orthopédagogues, éducateurs spécialisés, psychologues — indispensables pour soutenir une clientèle défavorisée.
Pour l'Alliance des professeurs de Montréal, ce nouveau mode de redistribution d'une portion des budgets «devrait faire en sorte qu'à l'avenir, les sommes [...] destinées à créer des postes enseignants se traduisent effectivement en postes enseignants et en véritables services, et non plus transformées en papier, en ordinateurs ou en mobilier, comme c'est le cas actuellement», a écrit Pierre St-Germain, président de l'Alliance, dans un bulletin interne destiné aux membres du syndicat.
Le contexte dans lequel s'opère ce remue-ménage est lié au déficit anticipé de 27 millions de dollars, qui a causé tout un émoi dans des écoles où des scénarios de compressions ont été présentés au personnel. «Nous en sommes encore à travailler sur des scénarios», a expliqué Mme De Courcy, qui ne veut pas détailler les plans de travail tant et aussi longtemps que ceux-ci ne seront pas définitifs. «Les budgets et les plans d'effectifs définitifs ne seront pas connus avant la fin d'avril et peut-être la mi-mai.»
Lors de la dernière rencontre du conseil des commissaires, le 7 avril dernier, et face à la menace de réduction du nombre de postes d'enseignant qui courait dans les écoles, Mme De Courcy s'était engagée à maintenir la même enveloppe enseignante «à population égale». Or les prévisions de fréquentation scolaire pour l'an prochain laissent entrevoir une baisse de près de 2 % de la clientèle à la CSDM, pour quelque 1400 élèves de moins. L'Alliance des professeurs de Montréal (APM) voit dans cette seule baisse l'annonce de coupes de postes. «Moins d'élèves, moins de profs. C'est purement et cruellement mathématique», écrivait cette semaine le président de l'APM, Pierre St-Germain, dans un bulletin d'information interne.
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