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    Sursis pour «l’école de la dernière chance»

    Le ministre de l’Éducation prend fait et cause pour les élèves «à problèmes»

    20 décembre 2017 |Marco Fortier | Éducation
    Les élèves qui fréquentent le Centre d’intégration scolaire comptent parmi les cas les plus difficiles en matière de comportement.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les élèves qui fréquentent le Centre d’intégration scolaire comptent parmi les cas les plus difficiles en matière de comportement.

    C’est un cadeau inespéré pour « l’école de la dernière chance », qui accueille les élèves les plus poqués du système : le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, dit non au projet de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), qui veut déloger les 75 élèves du Centre d’intégration scolaire pour aménager des classes ordinaires dans cette école du quartier Rosemont.

     

    Le ministre Proulx invite la CSDM à refaire ses devoirs et à s’assurer « qu’aucun élève » ne sera pénalisé par une de ses décisions administratives.

     

    « Concernant le projet de la CSDM de reprendre possession de l’édifice et de le transformer en école primaire au coût de 16 millions, le ministère ne financera certainement pas un projet qui aurait pour conséquence directe ou indirecte de voir des élèves se retrouver à la rue », a confirmé le cabinet du ministre au Devoir.

     

    « Le ministre Proulx invite la CSDM à s’assurer qu’aucun enfant, quel qu’il soit et peu importe l’école qu’il fréquente, privée ou publique, n’est pénalisé par les décisions des élus de la CSDM », a précisé Vivianne St-Gelais, coordonnatrice des communications du ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

     

    Il s’agit d’un coup de chance inattendu pour le Centre d’intégration scolaire de Montréal (CIS), une des écoles les plus extraordinaires de l’île. Cette école privée à but non lucratif donne une dernière chance aux élèves de 8 à 18 ans qui ont les « troubles de comportement » les plus aigus.

     

    Les élèves du CIS ont tellement de « problèmes » qu’ils se sont fait expulser de leur classe, de leur école et même de leur commission scolaire. Certains ont aussi été rejetés par leurs parents. Plusieurs sont placés en famille d’accueil.

     

    Ces 75 enfants risquent de subir un autre rejet : la CSDM, propriétaire de l’école où loge le CIS, sur la 6e avenue, veut les mettre dehors pour aménager des classes ordinaires. Les écoles primaires du quartier Rosemont débordent. La commission scolaire ne sait plus où loger ses élèves.

     

    Le ministre Sébastien Proulx a entendu l’appel de l’équipe du CIS. Pas question d’expulser des élèves pour en loger d’autres, a-t-il tranché.

     

    Mardi soir, il a été impossible de parler à la directrice de l’école, Ysabelle Chouinard, ou à son équipe d’enseignants. Mais lors d’une visite du Devoir, le mois dernier, elle était prête à se battre pour sauver son école : « On n’a nulle part où aller, mais ça ne se peut pas qu’on ferme. On ne ferme pas une école. »

     

    La CSDM a refusé de réagir à la décision du ministre, mardi soir. La reprise du bail du CIS sera discutée comme prévu lors d’une séance du conseil des commissaires mercredi soir, a indiqué Alain Perron, porte-parole de la commission scolaire.

     

    La directrice du CIS et toute l’équipe de l’école tentent depuis des mois de trouver un autre local. En vain. Selon nos sources, elle a envoyé lundi au ministère de l’Éducation un plan de sauvetage comportant deux scénarios : un déménagement sur le campus du Cégep Marie-Victorin ou dans un ancien couvent de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, situé près du fleuve.

     

    Le CIS a besoin d’aide financière pour se relocaliser. Le gouvernement peut « accompagner dans une certaine mesure les établissements d’enseignement privés qui éprouvent des difficultés », mais l’aide ne peut aller au financement d’infrastructures, souligne le cabinet du ministre Proulx.

     

    Le vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), Léandre Lapointe, est sorti optimiste d’une rencontre récente avec le ministre, à Québec : « Il a dit qu’il croit au Centre d’intégration scolaire, que nous avons un bon dossier. »













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