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    CSDM: six CPE risquent de se retrouver à la rue

    La commission scolaire autoriserait mercredi la vente de 12 immeubles

    19 décembre 2017 |Marco Fortier | Éducation
    Le petit Ziyad s’amuse au CPE Soleil du quartier sous la surveillance de France Cantin, directrice de la garderie.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le petit Ziyad s’amuse au CPE Soleil du quartier sous la surveillance de France Cantin, directrice de la garderie.

    L’année 2017 prend fin dans l’incertitude pour une douzaine de groupes communautaires, dont six centres de la petite enfance (CPE), logés dans des locaux appartenant à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

     

    Selon ce que Le Devoir a appris, la plus grande commission scolaire du Québec s’apprête à donner le feu vert à la vente de 12 de ses immeubles où logent une série d’organismes sans but lucratif. Nos sources indiquent que ces revenus doivent servir à financer une partie des coûts du déménagement prévu du siège social de la CSDM, qui est contaminé aux moisissures.

     

    Des CPE et des groupes communautaires établis dans ces immeubles craignent pour leur avenir. Ils ont appris au cours des dernières heures que le conseil des commissaires de la CSDM doit autoriser mercredi soir la vente du bâtiment qu’ils occupent depuis, pour certains, des décennies.

     

    « C’est la survie du CPE qui est en jeu. Sur le Plateau, il est impossible de trouver un autre local où nous loger », dit France Cantin, directrice du CPE Soleil du quartier, établi depuis 1991 dans un immeuble de la CSDM, boulevard Saint-Joseph Est.

     

    Cette garderie est une véritable institution du Plateau-Mont-Royal. Elle accueille 96 enfants, dont 20 poupons. « Nous préparons les futurs élèves de la CSDM, dit France Cantin. La commission scolaire a une mission éducative, mais sociale aussi. Nous jouons un rôle important dans le quartier [grâce au local loué sous le prix du marché par la CSDM]. »

     

    Un grand ménage

     

    La commission scolaire a entrepris il y a deux ans un grand ménage dans ses bâtiments qualifiés « d’excédentaires ». Ces immeubles hébergeaient autrefois des écoles, mais se sont vidés de leurs élèves durant la deuxième moitié du XXe siècle.

     

    La CSDM a loué à petit prix une série de ces anciennes écoles à des groupes communautaires, dont des CPE. Mais depuis une dizaine d’années, avec le retour des familles en ville, elle doit reprendre des immeubles pour réaménager des écoles.

     

    La commission scolaire a aussi décidé de se départir de bâtiments mal adaptés à l’aménagement de salles de classe. Ce sont 12 de ces immeubles dont les commissaires doivent autoriser la vente, mercredi soir.

     

    Des représentants du CPE Soleil du quartier et de cinq autres garderies logées dans des bâtiments dont la CSDM compte se départir iront plaider leur cause au conseil des commissaires, mercredi. Selon nos sources, il s’agit des CPE Le Camélia et Populaire Saint-Michel (dans le quartier Saint-Michel), Cartierville (dans Ahuntsic-Cartierville), ainsi que La Galijode et Ami soleil (Rosemont–La Petite-Patrie).

     

    Manque de transparence

     

    « La CSDM nous met devant un fait accompli. On apprend dans Le Devoir des faits importants pour l’avenir de nos CPE. Pourquoi la communauté ne peut-elle pas participer à la discussion sur la vente d’un bien public ? » dit Guy Arseneault, porte-parole d’un groupe de 18 CPE hébergés dans des locaux appartenant à la CSDM.

     

    M. Arseneault est directeur du CPE Alexis le Trotteur, sur le Plateau-Mont-Royal. La CSDM envisage de reprendre ce local pour accueillir des élèves des écoles du quartier qui débordent.

     

    « Nos CPE doivent déjà se démener avec des hausses faramineuses de loyer. Certains apprennent maintenant que leur immeuble sera mis en vente. Mais un CPE, qui est un organisme sans but lucratif subventionné par le gouvernement, n’a pas les moyens d’acheter un bâtiment à 5 ou 6 millions de dollars », dit Guy Arseneault.

     

    Une question d’argent

     

    La CSDM, de son côté, fait valoir depuis longtemps qu’elle n’a plus les moyens de subventionner les loyers des groupes communautaires, que toute la société doit faire sa part pour loger les organismes, dont les CPE.

     

    Le ministère de la Famille pourrait-il aider financièrement des CPE à acheter ou à louer leur local ? Le ministère ne pouvait répondre à cette question en fin de journée lundi.

     

    Des sources du milieu de l’éducation estiment pourtant que le gouvernement a mis de la pression sur la CSDM pour se départir de ses bâtiments, pour une stricte question d’argent.

     

    « Vous savez peut-être […] qu’il y avait, au fil du temps, de nombreux bâtiments excédentaires, et on a dit à toutes les commissions scolaires : Soit que vous y mettez des élèves soit que vous allez les vendre », a déclaré en Chambre le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, en réponse à une question du député Jean-François Roberge, de la Coalition avenir Québec.

     

    « Le ministre Proulx a fait le choix de construire des écoles pour les élèves plutôt que de construire des centres administratifs », a précisé au Devoir Vivianne St-Gelais, coordonnatrice des communications au cabinet du ministre.

     

    « Selon l’étude d’opportunité de la CSDM déposée au MEES en novembre dernier, le projet de construction d’un nouveau siège social aurait coûté plus de 171 millions de dollars, indique-t-elle par courriel. Une école moyenne ultramoderne de 14 classes (primaire) qui héberge en moyenne 350 enfants coûte près de 12 millions à construire. Le projet de construction d’un nouveau siège social de la CSDM représente l’équivalent de 14 écoles neuves. »













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