Enquête ESSIMU à l'Université Laval: 4 personne sur 10 disent avoir subi des violences sexuelles

<p>Au total, 9284 personnes ont participé à l’exercice en ligne, dont 1963 à l’Université Laval.</p>
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne

Au total, 9284 personnes ont participé à l’exercice en ligne, dont 1963 à l’Université Laval.

La nouvelle enquête ESSIMU révèle que parmi les personnes disant avoir subi de la violence sexuelle depuis leur arrivée à l’Université Laval, seulement 6 % ont signalé ou dénoncé ces gestes.

Parmi les participants à l’étude, quatre personne sur 10 disent avoir subi une forme ou une autre de violence sexuelle. Chez les femmes, 47 % des étudiantes en ont été victimes, alors que chez les hommes, on parle de près d’un étudiant sur trois.

Dans un cas comme dans l’autre, les raisons invoquées pour ne pas porter plainte ou demander de l’aide sont « très intéressantes » parce qu’elles peuvent donner des « pistes d’intervention », a fait valoir l’une des chercheuses impliquées dans l’étude, Francine Lavoie, de l’École de psychologie.

Les victimes — hommes comme femmes — ont dit ne plus vouloir y penser, que la situation ne leur semblait pas « assez grave », qu’on ne les prendrait pas au sérieux ou que les démarches leur semblaient trop complexes. Fait à noter, la proportion de personnes victimes est aussi importante chez les membres du personnel que chez les étudiants (quatre personnes sur dix).

Mené auprès de près de 2000 répondants, le sondage a été réalisé avant les agressions perpétrées aux résidences de l’Université Laval, soit en janvier 2016. Il s’inscrit dans l’Enquête indépendante sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire (ESSIMU).

Victimes d’agressions

Lorsque les victimes sont des étudiants, les résultats montrent que les agresseurs sont aussi majoritairement des étudiants (71 %), suivis des professeurs (21 %) et d’autres types d’employés (15 %). Les types de violences répertoriées comprennent le harcèlement, les comportements sexuels non désirés (y compris les agressions) et la coercition sexuelle (chantage en retour de récompenses dans le milieu).

Au total, un étudiant sur cinq (22,5 %) a été victime de comportements sexuels non désirés et 5 % des étudiantes ont été victimes d’agressions sexuelles contre 3 % chez les hommes.

Lancée en 2015 par l’UQAM, l’enquête ESSIMU sur les violences sexuelles en milieu universitaire a aussi étudié le phénomène à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), à l’Université du Québec à Chicoutimi, à l’Université de Montréal et à l’Université de Sherbrooke. Pour l’heure, seuls les résultats de Laval, de l’UQAM et de l’Université du Québec en Outaouais ont été rendus publics.

Au total, 9284 personnes ont participé à l’exercice en ligne, dont 1963 à l’Université Laval.

Les résultats obtenus à l’Université Laval sont « similaires » à ceux obtenus dans l’enquête nationale rendue publique l’an dernier.

Les chercheuses ont toutefois relevé que certains endroits étaient plus risqués sur le campus de l’Université Laval, dont les résidences, les tunnels, le pub universitaire, les boisés et les sentiers qui se trouvent sur le territoire.

Du côté des associations étudiantes, on voit dans ces résultats une raison de plus pour agir vite en ces matières. « Ce sont des constats qui sont graves », note le président de la Confédération des associations d’étudiantes et d’étudiants de l’Université Laval (CADEUL), Samuel Rouette-Fiset. « Ça vient faire ressortir le caractère urgent de la chose. »

Du côté de la direction de l’Université, on a salué le travail de l’équipe de chercheuses et dit être déjà au travail pour élaborer une politique visant à contrer les violences sexuelles.

Correctif

Une version précédente du texte affirmait qu'un participant à l'étude sur quatre (25%) disait avoir subi une forme ou une autre de violence sexuelle. Il s'agit plutôt de quatre participants sur 10 (40%). Nos excuses.

4 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 29 novembre 2017 00 h 38

    voila ce que l'on attend d'une maison d'enseignement

    dans ces conditions ne serait-il pas normal que les institutions developpent des moyens pour contrer ce fléau, une institution d'enseignement n'a-t-elle pas la responsabilité, de se préocuper du savoir vivre, ne pas en tenir compte ne serait-il pas passer a coté de ses responsabilités, un prof pris en flagran délit d'inconduite ne devrait-il pas être renvoyé, sur le champ, ne pas le faire, ne serait-il pas manquer a ses obligations

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 29 novembre 2017 05 h 01

    Tout est violet, vraiment ?

    Un étudiant qui a le béguin pour une fille et qui ne comprend pas qu’elle n’est pas du tout intéressée, cela est certainement du harcèlement. D’accord. Mais est-ce bien de la violence?

    Doit-on mettre cela sur le même pied d’égalité qu’un viol? Pourtant tous deux font partie de la violence sexuelle en milieu universitaire. Au même niveau.

    Est-il _violent_ parce qu’il « Vous a répété des invitations à prendre un verre ou à sortir pour manger malgré vos refus ? ». Cela est considéré comme un comportement _sexuel_ non-désiré dans cette étude.

    Est-ce qu’une quête amoureuse maladroite correspond à de la violence sexuelle? Si oui, je comprends pourquoi tant de femmes ont de la dificulté à se trouver un partenaire. Parce que dès qu’un regard trop insistant se pose sur elles, cela peut être jugé comme de la violence sexuelle.

    Dans l'étude, selon que la personne regardée se sent inconfortable ou non, cela peut être de la violence sexuelle.

    Il y a plusieurs décennies, les hommes ont cessé de siffler les femmes (comme on siffle un chien). Je comprends très bien qu’une femme en soit insultée. Mais l’étudiant qui, de nos jours, commet cette indélicatesse, fait-il preuve de _violence_ à l'égard de celle qu’il trouve de son goût ?

    À crier au loup pour tout et pour rien, on se discrédite. Je regrette de le dire, mais cette étude ne vaut rien à mon avis.

  • Michel Lebel - Abonné 29 novembre 2017 10 h 17

    La priorité!


    Moi qui croyais innocemment que la priorité dans les universités était les études! Au royaume de Régis, cela ne semble pas le cas. Les doctes universitaires devront y voir. Une campagne de prévention et un règlement de plus! Je me demande bien ce que Mgr de Laval penserait de tout cela.

    Michel Lebel
    Un ancien de l'Université Laval

  • Alain Miville de Chêne - Abonné 30 novembre 2017 19 h 11

    Parmi les participants à l’étude...

    Le titre de cet article est mensonger - de l'authentique fake news. Il aurait du s'intituler La moitié des étudiantes de l'Université Laval ayant participé à l'étude auraient subies des violences sexuelles.

    L'étude ESSIMU se base sur 9 284 questionnaires qui n'ont pas été choisis au hasard. Ces personnes on choisi elle mêmes de répondre au questionnaire. Elles ne représentent certainement pas les 213 000 étudiants (et combien de milliers d'employés) des universités.

    Tout ce qu'on peut tirer de cette étude mal faite est que 2% des étudiantes ont eu des difficultés, 2% n'en ont pas eu, et on ne sait rien des 96% restant.