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    Vers des alliances gais-hétéros dans les écoles

    L’organisme Interligne encadrera la création de comités de soutien aux élèves LGBTQ dès janvier

    25 novembre 2017 |Marie-Lise Rousseau | Éducation
    Implanté depuis plusieurs années aux États-Unis et dans les provinces anglophones, ces groupes de soutien offrent un espace sécuritaire aux jeunes LGBTQ en milieu scolaire.
    Photo: Pat Sutphin Associated Press Implanté depuis plusieurs années aux États-Unis et dans les provinces anglophones, ces groupes de soutien offrent un espace sécuritaire aux jeunes LGBTQ en milieu scolaire.

    Déjà bien implanté dans les autres provinces canadiennes, le concept d’alliance gais-hétéros (AGH) est peu connu au Québec. Cela devrait changer au cours des prochains mois, puisque l’organisme Interligne (anciennement nommé Gai Écoute) encadrera la mise en place de tels comités dans les établissements de niveaux secondaire et collégial qui en feront la demande dès janvier prochain.

     

    Nommés AGIS — Alliances de genre, d’identité et de sexualité —, ces groupes scolaires ont pour objectif d’offrir un espace sécuritaire et exempt de discrimination aux jeunes LGBTQ en milieu scolaire.

     

    Composés d’élèves LGBTQ et de leurs « alliés » hétérosexuels, de même que demembres du personnel, ces groupes permettent aux jeunes de se confier, de discuter de leur réalité ainsi que de militer pour le respect de leurs droits.

    Les écoles ne sont pas toujours ouvertes au projet, parfois les parents ont des réticences
    Pascal Vaillancourt, directeur de l’organisme Interligne
     

    « Balbutiements »

     

    « Nous en sommes aux balbutiements », indique le directeur d’Interligne, Pascal Vaillancourt, qui a appris par Le Devoir vendredi que son organisme recevra une subvention de 40 000 $ du ministère de la Famille, dans le cadre de son plan d’action contre l’intimidation de 2017. Cette somme permettra de soutenir les activités des AGIS, précise M. Vaillancourt.

     

    Interligne travaille actuellement à peaufiner sa documentation à l’attention des étudiants et du corps enseignant dans le but d’outiller les établissements qui voudront fonder des AGIS. « Les écoles ne sont pas toujours ouvertes au projet, parfois les parents ont des réticences, cite en exemple M. Vaillancourt. C’est donc important qu’on soit là pour accompagner la mise en place des comités. »

     

    La prochaine étape de l’organisme sera de faire la promotion des AGIS. Cela doit se faire dès le mois de janvier.

     

    Milieu homophobe

     

    Selon M. Vaillancourt, « les besoins sont criants ». En effet, l’homophobie en milieu scolaire est problématique, comme le démontrent les résultats d’une enquête pancanadienne de l’organisme Egale Canada.

     

    Selon ce sondage mené auprès de plus de 3700 étudiants, le harcèlement sous toutes ses formes (verbal, physique, sexuel) fait partie de la réalité scolaire des élèves LGBTQ. Par ailleurs, 70 % de l’ensemble des étudiants, y compris les hétérosexuels, disent entendre l’expression « c’est gai » sur une base quotidienne alors que les termes « fif » et « gouine » se rendent aux oreilles de près de la moitié d’entre eux.

     

    Résultat : près des deux tiers de ces jeunes ne se sentent pas en sécurité à l’école.

     

    Il a été observé par Egale que moins d’incidents de nature homophobe ou transphobe surviennent dans les établissements où des AGH sont établis. Les étudiants LGBTQ de ces écoles disent également se sentir plus en confiance et plus encouragés par leur direction.

     

    Un exemple concluant

     

    L’école Des Rives, à Terrebonne, ne constate que des impacts positifs depuis la formation d’un comité sur la diversité sexuelle entre ses murs l’an dernier.

     

    Plusieurs activités ont été mises en place par ce groupe composé de membres du personnel de l’école et d’étudiants. Toutes ont le même objectif : sensibiliser l’ensemble des individus qui circulent dans les couloirs de l’établissement.

     

    Le comité a notamment organisé une formation qui a été donnée par la Coalition des familles LGBT à l’ensemble du personnel de l’école. Les jeunes ont aussi lancé un concours de slogan pour la diversité sexuelle, développé un kiosque de sensibilisation et proposé la tenue de débats sur les enjeux LGBTQ à leur auditorium. « Ils sont débordants d’idées », se réjouit la psychoéducatrice Manon Cloutier, qui encadre leurs activités.

     

    Selon elle, l’impact le plus concret de cette initiative s’observe dans le langage employé par les élèves. Depuis la mise en place du comité, davantage d’élèves se font corriger lorsqu’ils utilisent un vocabulaire homophobe blessant. « Souvent, les jeunes n’ont pas conscience du poids de leurs mots », mentionne-t-elle.

     

    Des lois ailleurs au pays

     

    Des AGH sont établies dans plusieurs écoles des autres provinces canadiennes depuis quelques années. En Alberta et en Ontario, des lois ont même été adoptées pour soutenir leur implantation. Celles-ci obligent notamment les écoles qui reçoivent du financement gouvernemental à permettre la création de tels comités lorsque des élèves en font la demande.

     

    Pas plus tard que la semaine dernière, l’Alberta a renforcé son encadrement des AGH en adoptant une loi qui oblige les établissements à respecter la confidentialité des élèves membres de ces alliances.

     

    Québec envisage-t-il de légiférer sur la mise en place des AGIS dans les écoles de la province ? Le ministère de l’Éducation n’avait pas été en mesure de répondre à cette question du Devoir au moment d’écrire ces lignes.













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