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    Idées

    Offrir la meilleure éducation possible, une obligation collective

    17 novembre 2017 |Texte collectif* | Éducation
    La création d'un Institut national d’excellence en éducation représentera un investissement stratégique, permettant à chaque citoyen de développer son plein potentiel, estiment les auteurs. 
    Photo: Jirka Matousek / CC La création d'un Institut national d’excellence en éducation représentera un investissement stratégique, permettant à chaque citoyen de développer son plein potentiel, estiment les auteurs. 

    Les acteurs de l’éducation naviguent sur une mer de savoirs et de points de vue souvent contradictoires. Il est difficile de s’y retrouver. Si l’on veut que l’école réponde mieux aux besoins de ses élèves, il faudra se donner les moyens de tirer le meilleur des connaissances disponibles, d’où qu’elles viennent. C’est pourquoi le projet d’un Institut national d’excellence en éducation (INEE), depuis sa formulation en 2014, s’attire de plus en plus d’appuis.

     

    Cet institut aura pour mission d’agir en toute indépendance afin d’offrir aux acteurs et aux décideurs scolaires des synthèses et des avis qui rendent compte de l’état des connaissances sur les défis identifiés par la recherche et par le milieu éducatif. Contrairement à ce qu’on entend parfois, et contrairement à ce qui se produit souvent en ce moment, ces avis tireront parti de la diversité des paradigmes, des approches et des sources de connaissances en éducation. Ils préciseront les apports comme les limites des savoirs disponibles, favoriseront une décision plus éclairée et favoriseront le transfert des connaissances en concertation avec les acteurs existants.

     

    Le monde de la santé, confronté à des défis analogues, s’est doté d’organismes qui assument cette mission, comme l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS). On s’en félicite aujourd’hui. Sans transposer le modèle à l’identique, le milieu de l’éducation gagnera à s’enrichir d’un organisme qui répond au besoin d’un usage plus réfléchi et nuancé des connaissances. Des réseaux thématiques permanents, soutenus par le personnel de l’INEE, réuniront des scientifiques externes représentant les divers courants épistémologiques et méthodologiques, de même que des praticiens, des gestionnaires et des décideurs, consolidant les liens entre la recherche et le milieu éducatif.

     

    À l’heure actuelle, il est ardu pour les différents acteurs d’accéder aux connaissances pertinentes pour la réussite éducative, notamment parce qu’elles ne sont pas recensées, analysées et répertoriées de façon systématique et thématique en un lieu unique. Qui plus est, différentes autorités du système éducatif fournissent parfois des messages contradictoires. Enfin, les connaissances scientifiques étant disponibles majoritairement en langue anglaise, certains acteurs francophones y ont difficilement accès. Par conséquent, plusieurs connaissances demeurent peu ou pas accessibles, ce qui ne favorise pas leur mobilisation.

     

    L’INEE contribuera à développer en éducation une culture de recherche, favorisant le développement des compétences et la mise à jour des pratiques. Une culture vigoureuse de la recherche en éducation bonifiera la réponse aux besoins des élèves et des différents acteurs. L’INEE se coordonnera avec les universités et les associations professionnelles, pour faire s’épanouir cette culture dans la formation initiale et continue.

     

    Accessible à toutes les régions du Québec, l’INEE réunira et catalysera les forces vives oeuvrant pour la réussite éducative. La création de cet institut représentera un investissement stratégique, relevant d’une décision socialement et économiquement responsable, dans un contexte de société du savoir devant permettre à chaque citoyen de développer son plein potentiel, afin de pouvoir en retour contribuer pleinement à la société.


    * Ont signé ce texte: 
    Christian Dagenais, professeur agrégé, Université de Montréal;
    Frédéric Guay, professeur titulaire, Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval;
    Michel Janosz, directeur, École de psychoéducation, Université de Montréal;
    Normand Lessard, directeur général, Commission scolaire Beauce-Etchemin;
    Alain Poirier, vice-président, Valorisation scientifique et communication, Institut national de santé publique du Québec; 
    Jean-Marie Van Der Maren, professeur titulaire retraité, Département d’administration et fondement de l’éducation, Université de Montréal;
    Isabelle Archambault, professeure agrégée, École de psychoéducation, Université de Montréal;
    Michel Boivin, professeur, Faculté des sciences sociales, Université Laval;
    Thérèse Bouffard, professeure titulaire, Département de psychologie, Université du Québec à Montréal;
    Marie-Christine Brault, professeure, Département des sciences humaines et sociales, Université du Québec à Chicoutimi;
    Monique Brodeur, professeure titulaire, Faculté des sciences de l’éducation, Université du Québec à Montréal;
    Julien Bureau, professeur, Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval;
    Stéphane Cantin, professeur agrégé, École de psychoéducation, Université de Montréal;
    Alain Desrochers, directeur scientifique, Institut des troubles d’apprentissage;
    Stéphane Duchesne, professeur, Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval;
    Véronique Dupéré, professeure agrégée, École de psychoéducation, Université de Montréal;
    Alexis Gagné, étudiant au doctorat en Sciences humaines appliquées et porte-parole de l’Institut des générations;
    Hubert Gascon, directeur, Unité départementale des sciences de l’éducation, Université du Québec à Rimouski;
    Simon Larose, professeur, Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval;
    Célia Matte-Gagné, professeure, Faculté des sciences sociales, Université Laval;
    Linda Pagani, professeure titulaire, École de psychoéducation, Université de Montréal;
    André Plamondon, professeur, Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval;
    Julien Prud’homme, professeur, Université du Québec à Trois-Rivières;
    Catherine Ratelle, professeure, Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval;
    Marc St-Pierre, directeur général adjoint, Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (2002-2012);
    George Tarabulsy, professeur, Faculté des sciences sociales, Université Laval;
    Évelyne Touchette, professeure, Psychoéducation, Université du Québec à Trois-Rivières;
    Michel Umbriaco, professeur, Unité d’enseignement et de recherche en éducation, TELUQ;
    Carole Vezeau, professeure, Département de psychologie, cégep régional de Lanaudière à Joliette;
    Frank Vitaro, professeur titulaire, École de psychoéducation, directeur du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant (GRIP), Université de Montréal​












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