Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval - Génie à la québécoise
« La formation multidisciplinaire fera de meilleurs professionnels »
D'entrée de jeu, le doyen de la faculté des sciences et de génie (FSG) de l'Université Laval, Jean Sérodes, tient à préciser que la faculté qu'il dirige depuis 18 mois est, à elle seule, «plus grosse que l'Université du Québec à Rimouski, plus grosse que l'Université du Québec à Chicoutimi, plus grosse que l'Université du Québec en Outaouais et plus grosse que l'université Bishop».
Décrite statistiquement, la faculté des sciences et de génie de l'Université Laval, qui jouit d'une solide réputation sur la scène internationale, consiste en deux pavillons, 64 programmes de formation (dont 20 de baccalauréat, 15 de maîtrise et 14 de doctorat), 10 ententes avec les cégeps, 12 centres de recherche, plus d'une vingtaine de chaires de recherche, 4200 étudiants et 260 professeurs, pour un budget annuel de fonctionnement de
150 millions $, dont 62 millions $ sont voués à la recherche.
Le nouveau doyen, Jean Sérodes, s'est fixé des objectifs clairs: contrer le décrochage scolaire, consolider les acquis, améliorer la qualité de l'enseignement et les services connexes, développer des programmes qui visent la pluridisciplinarité et assurer un financement adéquat.
«Une fois en poste, je me suis donné comme premier objectif de maintenir la position enviable de cette faculté. Elle est assise sur une base solide, il faut donc consolider les acquis qui fonctionnent bien tout en ajoutant des choses qui permettront d'améliorer sa position ou, au pire, de la maintenir.» Jean Sérodes se méfie cependant de la baisse démographique comme de la peste.
«Le système de financement par "tête de pipe" au Québec fait en sorte que tout le monde est en concurrence avec tout le monde, ce qui entraîne une course à l'effectif étudiant. Et si on ajoute à cela la baisse démographique, conjuguée à un certain désintérêt chez les jeunes pour les sciences, on va faire face à une décroissance de la clientèle.»
Recherche et décrochage
Le vice-doyen à la recherche et au développement de la FSG, Paul Fortier, souligne de son côté le manque d'intérêt pour la recherche chez les jeunes. «Chez les étudiants inscrits au bac, il ne semble pas y avoir un intérêt prononcé de poursuivre leurs études au niveau de la maîtrise ou du doctorat. Et c'est une tendance qui existe dans toute l'Amérique du Nord.» Ainsi, Paul Fortier s'est donné comme priorité de sensibiliser les étudiants à l'importance de la recherche parce que «plus on est spécialisé, meilleurs sont les types d'emploi qui s'offrent».
Bien que le taux de «diplomation» des étudiants de premier cycle de la FSG soit de 80 %, l'un des plus élevés au Québec, Jean Sérodes se dit tout de même conscient du décrochage scolaire qui prévaut dans son institution: «Le décrochage scolaire dans les universités, ça existe, mais on en parle peu» dans le secteur de l'éducation et dans les médias, soutient-il. Pour pallier ce problème, la faculté a mis à la disposition des élèves en difficulté des services destinés à la réussite scolaire ainsi que des programmes d'intégration à la vie étudiante pour les élèves provenant de l'étranger et des régions éloignées. «Et à l'automne, on compte mettre en place un programme de détection précoce afin de réorienter certains élèves.» Le doyen fait également remarquer que seulement 72 % des stages offerts par la FSG trouvent preneurs. «Dans notre cas, l'offre dépasse la demande. Les gens pensent que les stages, il n'y en a qu'à Sherbrooke. Je m'excuse, mais il y en a pratiquement dans toutes les universités!»
Place aux femmes
Parmi la panoplie de chaires de recherche rattachées à la FSG (étude des écosystèmes aquatiques, prédiction de la durée de vie des infrastructures en béton, théorie spectrale, cosmologique théorique et numérique, pour ne nommer que celles-là), la Chaire CRSNG/Alcan se démarque du lot. Cette chaire, établie en 1997, a notamment pour mission d'encourager la participation des femmes aux sciences et au génie en menant des actions de sensibilisation auprès des étudiantes du niveau secondaire. Il n'existe au Québec qu'une seule autre chaire du même type, soit la Chaire Marianne-Mareschal de l'École polytechnique de Montréal.
«Vous savez, les programmes en génie sont probablement les derniers bastions réservés aux hommes en termes de clientèle étudiante. Ce sont les endroits qui résistent le plus à l'arrivée des femmes. Par contre, poursuit le doyen, en sciences, elles sont majoritaires.» À la FSG, les femmes ne représentent que 20 % des élèves inscrits aux programmes de génie.
Une faculté singulière
Comme son nom l'indique, la FSG se distingue d'autres facultés universitaires en ce qu'elle télescope en son sein les sciences et le génie. Un net avantage, selon la direction: «On se démarque nettement car, au Québec, les sciences sont souvent seules ou rattachées aux arts, et quant aux programmes de génie, ils sont généralement seuls», explique M. Sérodes. Du même avis, Paul Fortier se fait plus précis: «C'est notre carte de visite quand on rencontre des industriels. L'esprit de notre faculté nous permet d'obtenir par exemple une collaboration étroite entre chimistes et ingénieurs chimistes, entre physiciens et ingénieurs électriciens, ou encore d'allier la géologie et le génie géologique.»
Chose certaine, cette façon de voir les choses s'inscrit parfaitement dans l'esprit des nouveaux programmes multidisciplinaires de la FSG. La direction s'est engagée à privilégier, en termes de développement, des créneaux reliés aux problèmes anticipés du siècle présent (gestion de l'eau, aspects technologiques des changements climatiques) de même qu'à ceux alliant les sciences et le secteur biomédical (biophotonique, biomatériaux et génomique-protéomique, etc.) «À terme, la formation multidisciplinaire fera de meilleurs professionnels», croit Jean Sérodes.
Pôles d'excellence
Douze centres de recherche sont associés à la faculté des sciences et de génie, parmi lesquels le Centre d'études nordique, le Centre de recherche en sciences et ingénierie des macromolécules, le Centre interuniversitaire de recherche sur le saumon de l'Atlantique, le Groupe de recherche en écologie buccale, l'Observatoire du mont Mégantic et le Centre d'optique, photonique, laser (COPL).
Paul Fortier considère le COPL comme l'un des fleurons de l'institution. Ce centre regroupe 25 professeurs de diverses disciplines, 15 chercheurs et stagiaires postdoctoraux et plus de 125 étudiants. Le COPL aura d'ailleurs son propre pavillon en 2006. Le coût du projet est estimé à 45 millions de dollars. Ce tout nouveau pavillon, qui sera à la fine pointe de la technologie, devrait accueillir une équipe de 300 personnes. En outre, la FSG participe activement aux travaux du Groupe interinstitutionnel de recherche Québec-Océans et collabore aussi aux recherches de l'Étude internationale du plateau arctique canadien (CASES).
Jean Sérodes insiste pour dire que le volet international de la FSG est un maillon important dans la formation des étudiants. «Nous avons signé des ententes avec une centaine d'établissements au cours des dernières années», lance-t-il fièrement. Par exemple, l'an dernier la faculté a notamment signé deux ententes institutionnelles, la première avec l'université de Florence et la deuxième avec le Laboratoire central des ponts et chaussées de Paris. Ces accords-cadres impliquent les départements de génie civil et ceux des mines, de la métallurgie et des matériaux.
Notons également que, depuis deux ans, la FSG bénéficie d'une entente de coopération avec l'Institut polytechnique privé de Casablanca. Cette collaboration permet aux étudiants marocains de terminer leur formation à l'Université Laval et ainsi d'obtenir un diplôme de cette institution bien québécoise.
Expo-sciences
Du 15 au 18 avril, le pavillon Alphonse-Desjardins de l'Université Laval sera l'hôte de la Super Expo-sciences Bell, finale québécoise 2004. Cette manifestation scientifique d'envergure, qui se déroulera sous l'angle de l'expérimentation, de la conception et de la vulgarisation, présentera
95 projets scientifiques de plus de 150 jeunes provenant de toutes les régions du Québec.
Décrite statistiquement, la faculté des sciences et de génie de l'Université Laval, qui jouit d'une solide réputation sur la scène internationale, consiste en deux pavillons, 64 programmes de formation (dont 20 de baccalauréat, 15 de maîtrise et 14 de doctorat), 10 ententes avec les cégeps, 12 centres de recherche, plus d'une vingtaine de chaires de recherche, 4200 étudiants et 260 professeurs, pour un budget annuel de fonctionnement de
150 millions $, dont 62 millions $ sont voués à la recherche.
Le nouveau doyen, Jean Sérodes, s'est fixé des objectifs clairs: contrer le décrochage scolaire, consolider les acquis, améliorer la qualité de l'enseignement et les services connexes, développer des programmes qui visent la pluridisciplinarité et assurer un financement adéquat.
«Une fois en poste, je me suis donné comme premier objectif de maintenir la position enviable de cette faculté. Elle est assise sur une base solide, il faut donc consolider les acquis qui fonctionnent bien tout en ajoutant des choses qui permettront d'améliorer sa position ou, au pire, de la maintenir.» Jean Sérodes se méfie cependant de la baisse démographique comme de la peste.
«Le système de financement par "tête de pipe" au Québec fait en sorte que tout le monde est en concurrence avec tout le monde, ce qui entraîne une course à l'effectif étudiant. Et si on ajoute à cela la baisse démographique, conjuguée à un certain désintérêt chez les jeunes pour les sciences, on va faire face à une décroissance de la clientèle.»
Recherche et décrochage
Le vice-doyen à la recherche et au développement de la FSG, Paul Fortier, souligne de son côté le manque d'intérêt pour la recherche chez les jeunes. «Chez les étudiants inscrits au bac, il ne semble pas y avoir un intérêt prononcé de poursuivre leurs études au niveau de la maîtrise ou du doctorat. Et c'est une tendance qui existe dans toute l'Amérique du Nord.» Ainsi, Paul Fortier s'est donné comme priorité de sensibiliser les étudiants à l'importance de la recherche parce que «plus on est spécialisé, meilleurs sont les types d'emploi qui s'offrent».
Bien que le taux de «diplomation» des étudiants de premier cycle de la FSG soit de 80 %, l'un des plus élevés au Québec, Jean Sérodes se dit tout de même conscient du décrochage scolaire qui prévaut dans son institution: «Le décrochage scolaire dans les universités, ça existe, mais on en parle peu» dans le secteur de l'éducation et dans les médias, soutient-il. Pour pallier ce problème, la faculté a mis à la disposition des élèves en difficulté des services destinés à la réussite scolaire ainsi que des programmes d'intégration à la vie étudiante pour les élèves provenant de l'étranger et des régions éloignées. «Et à l'automne, on compte mettre en place un programme de détection précoce afin de réorienter certains élèves.» Le doyen fait également remarquer que seulement 72 % des stages offerts par la FSG trouvent preneurs. «Dans notre cas, l'offre dépasse la demande. Les gens pensent que les stages, il n'y en a qu'à Sherbrooke. Je m'excuse, mais il y en a pratiquement dans toutes les universités!»
Place aux femmes
Parmi la panoplie de chaires de recherche rattachées à la FSG (étude des écosystèmes aquatiques, prédiction de la durée de vie des infrastructures en béton, théorie spectrale, cosmologique théorique et numérique, pour ne nommer que celles-là), la Chaire CRSNG/Alcan se démarque du lot. Cette chaire, établie en 1997, a notamment pour mission d'encourager la participation des femmes aux sciences et au génie en menant des actions de sensibilisation auprès des étudiantes du niveau secondaire. Il n'existe au Québec qu'une seule autre chaire du même type, soit la Chaire Marianne-Mareschal de l'École polytechnique de Montréal.
«Vous savez, les programmes en génie sont probablement les derniers bastions réservés aux hommes en termes de clientèle étudiante. Ce sont les endroits qui résistent le plus à l'arrivée des femmes. Par contre, poursuit le doyen, en sciences, elles sont majoritaires.» À la FSG, les femmes ne représentent que 20 % des élèves inscrits aux programmes de génie.
Une faculté singulière
Comme son nom l'indique, la FSG se distingue d'autres facultés universitaires en ce qu'elle télescope en son sein les sciences et le génie. Un net avantage, selon la direction: «On se démarque nettement car, au Québec, les sciences sont souvent seules ou rattachées aux arts, et quant aux programmes de génie, ils sont généralement seuls», explique M. Sérodes. Du même avis, Paul Fortier se fait plus précis: «C'est notre carte de visite quand on rencontre des industriels. L'esprit de notre faculté nous permet d'obtenir par exemple une collaboration étroite entre chimistes et ingénieurs chimistes, entre physiciens et ingénieurs électriciens, ou encore d'allier la géologie et le génie géologique.»
Chose certaine, cette façon de voir les choses s'inscrit parfaitement dans l'esprit des nouveaux programmes multidisciplinaires de la FSG. La direction s'est engagée à privilégier, en termes de développement, des créneaux reliés aux problèmes anticipés du siècle présent (gestion de l'eau, aspects technologiques des changements climatiques) de même qu'à ceux alliant les sciences et le secteur biomédical (biophotonique, biomatériaux et génomique-protéomique, etc.) «À terme, la formation multidisciplinaire fera de meilleurs professionnels», croit Jean Sérodes.
Pôles d'excellence
Douze centres de recherche sont associés à la faculté des sciences et de génie, parmi lesquels le Centre d'études nordique, le Centre de recherche en sciences et ingénierie des macromolécules, le Centre interuniversitaire de recherche sur le saumon de l'Atlantique, le Groupe de recherche en écologie buccale, l'Observatoire du mont Mégantic et le Centre d'optique, photonique, laser (COPL).
Paul Fortier considère le COPL comme l'un des fleurons de l'institution. Ce centre regroupe 25 professeurs de diverses disciplines, 15 chercheurs et stagiaires postdoctoraux et plus de 125 étudiants. Le COPL aura d'ailleurs son propre pavillon en 2006. Le coût du projet est estimé à 45 millions de dollars. Ce tout nouveau pavillon, qui sera à la fine pointe de la technologie, devrait accueillir une équipe de 300 personnes. En outre, la FSG participe activement aux travaux du Groupe interinstitutionnel de recherche Québec-Océans et collabore aussi aux recherches de l'Étude internationale du plateau arctique canadien (CASES).
Jean Sérodes insiste pour dire que le volet international de la FSG est un maillon important dans la formation des étudiants. «Nous avons signé des ententes avec une centaine d'établissements au cours des dernières années», lance-t-il fièrement. Par exemple, l'an dernier la faculté a notamment signé deux ententes institutionnelles, la première avec l'université de Florence et la deuxième avec le Laboratoire central des ponts et chaussées de Paris. Ces accords-cadres impliquent les départements de génie civil et ceux des mines, de la métallurgie et des matériaux.
Notons également que, depuis deux ans, la FSG bénéficie d'une entente de coopération avec l'Institut polytechnique privé de Casablanca. Cette collaboration permet aux étudiants marocains de terminer leur formation à l'Université Laval et ainsi d'obtenir un diplôme de cette institution bien québécoise.
Expo-sciences
Du 15 au 18 avril, le pavillon Alphonse-Desjardins de l'Université Laval sera l'hôte de la Super Expo-sciences Bell, finale québécoise 2004. Cette manifestation scientifique d'envergure, qui se déroulera sous l'angle de l'expérimentation, de la conception et de la vulgarisation, présentera
95 projets scientifiques de plus de 150 jeunes provenant de toutes les régions du Québec.
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