Université de Sherbrooke - Observer l'état du monde
« L'économie est la porte d'entrée du développement durable »
La protection de l'environnement est aujourd'hui une notion connue de tous, enfants comme grands-parents. Le développement durable, par contre, est un concept parfois plus difficile à saisir parce que plus englobant que la simple protection de l'environnement.
«L'économie est la porte d'entrée du développement durable», avance Olivier Thomas, directeur de l'Observatoire de l'environnement et du développement durable de l'Université de Sherbrooke. Pour illustrer son propos, il se sert d'un exemple a contrario. «Faire travailler des enfants à la récolte du café pour un salaire de famine est l'exemple parfait de ce que n'est pas le développement durable.»
Selon Olivier Thomas, l'environnement, et à plus forte raison le développement durable, ne peuvent se limiter qu'à la seule protection de la nature. «L'environnement comprend le milieu naturel, mais il comprend aussi le milieu urbain, là où la grande majorité des êtres humains travaillent et vivent. Et il ne faut pas oublier qu'au centre de l'environnement il y a l'homme, qui peut être à la fois l'agresseur et la victime.»
L'Observatoire de l'environnement
Devant la complexité des problèmes reliés à l'environnement et au développement durable, Olivier Thomas croit que l'approche la plus prometteuse réside dans la transdisciplinarité. C'est exactement cette approche qu'adopte l'Observatoire de l'environnement et du développement durable de l'Université de Sherbrooke.
L'observatoire regroupe près de 200 personnes, dont 80 professeurs provenant de disciplines aussi diverses que le génie, la chimie, la physique, la géographie, l'écologie, la biologie, le droit, l'économie, l'éducation, la médecine, la sociologie et l'administration. Un point commun les réunit tous: les travaux de recherche portent sur l'environnement et le développement durable.
L'observatoire ne fonctionne pas non plus en vase clos puisqu'il compte plusieurs partenaires privés et institutionnels, dont notamment l'université Bishop. «Nous souhaitons établir le regroupement le plus large possible, explique M. Thomas, parce que nous croyons qu'ensemble, nous serons plus forts. Une des missions de l'observatoire est de devenir une référence dans le domaine de l'environnement et du développement durable. Déjà, nous sommes à tisser des liens avec les autres universités québécoises.»
Parmi les autres missions de l'observatoire, il y a bien sûr celle d'effectuer des travaux de recherche universitaires dans le domaine de l'environnement et du développement durable. «Les travaux de recherche couvrent un large spectre allant des sciences pures aux sciences humaines et sociales.»
Mais l'observatoire s'est doté aussi d'un côté pragmatique. Ainsi il a pour mandat de monter une banque de spécimens environnementaux, constituée de sols, de végétaux et de sédiments, qu'elle mettra à la disposition des chercheurs. «Il ne faut pas oublier non plus la fonction d'observatoire, qui est justement d'observer. Une de nos fonctions consiste à collecter et à diffuser ce que nous appelons les success stories du domaine de l'environnement.»
Olivier Thomas souhaite aussi que l'observatoire agisse en tant que guichet unique dans le domaine de l'environnement et du développement durable. «Un endroit où l'on peut se présenter avec une question et obtenir la réponse.»
La recherche scientifique
On aura compris que, la recherche scientifique effectuée à l'observatoire étant de nature transdisciplinaire, elle couvre donc de nombreux de champs de recherche et implique plusieurs disciplines. «La recherche est regroupée autour de trois pôles: les sciences de l'environnement, les industries et les technologies, et la société.»
On a aussi établi six axes de recherche précis qui sont: la compréhension, le suivi et l'intégrité des écosystèmes terrestres; la gestion intégrée de l'eau; les changements dans l'environnement; les innovations et les technologies, risques et impacts; la gestion intégrée des résidus; et, finalement, la gestion de l'énergie et le développement durable.
Les sujets des projets de recherche effectués à l'observatoire sont très variés. Mentionnons, entre autres, un projet qui se penche sur les problèmes liés à la gouvernance de l'eau. «Ce projet cherche à comprendre en quoi la transdisciplinarité peut être un outil de gestion de l'eau. Est-il possible de mettre en place un système capable de prévoir les éventuels conflits entre les différents usagers de l'eau et ainsi d'éviter les chicanes?»
Un autre projet se penche sur les biopesticides. Ici, il s'agit de valoriser les éléments naturels afin d'éviter l'utilisation de produits de synthèse. «On a aussi plusieurs projets qui se situent dans le cadre de ce qu'on appelle maintenant la chimie verte ou la chimie douce. Par exemple, comment peut-on améliorer les procédés de fabrication afin d'économiser l'énergie et de diminuer l'utilisation de solvants?»
Observatoire et Francophonie
Le prochain Sommet de la Francophonie se tiendra au mois de novembre prochain à Ouagadougou, au Burkina Faso, sous le thème de «La Francophonie et le développement durable». Nulle surprise, donc, d'apprendre qu'Olivier Thomas et ses collègues de l'observatoire y participeront.
«Un des enjeux du Sommet de la Francophonie est de comprendre comment passer de la politique à la pratique dans le domaine du développement durable. De plus, cette réunion nous permettra de faire un état des lieux depuis le Sommet de Rio.»
Deux des ateliers intéressent plus particulièrement Olivier Thomas: celui portant sur l'éducation, la formation et l'enseignement supérieur, et celui concernant les stratégies du développement durable. «Le développement durable est une question de culture, donc par conséquent d'éducation. Il faut être en mesure de former de futurs citoyens qui adhéreront pleinement à l'idée du développement durable.»
Quant aux stratégies de développement durable, Olivier Thomas croit qu'une des stratégies gagnantes consiste «à mettre côte à côte de petits exemples de réussite qui, une fois réunis, donnent l'exemple de l'efficacité du développement durable».
Même s'il croit que le développement durable ne préoccupe pas encore assez les gens, il demeure optimiste puisqu'il constate que «de plus en plus de personnes commencent à en prendre conscience au quotidien». Il donne en exemple certains industriels qui commencent à prendre le virage vert: «Ils ont été pointés du doigt parce qu'ils étaient des pollueurs et aujourd'hui, ils cherchent à améliorer leur image en adoptant des pratiques plus propres. Au fond, c'est une question d'argent. De plus, en faisant autrement, ils réalisent qu'ils font même des gains.»
Une autre preuve que l'économie est vraiment au coeur du développement durable.
«L'économie est la porte d'entrée du développement durable», avance Olivier Thomas, directeur de l'Observatoire de l'environnement et du développement durable de l'Université de Sherbrooke. Pour illustrer son propos, il se sert d'un exemple a contrario. «Faire travailler des enfants à la récolte du café pour un salaire de famine est l'exemple parfait de ce que n'est pas le développement durable.»
Selon Olivier Thomas, l'environnement, et à plus forte raison le développement durable, ne peuvent se limiter qu'à la seule protection de la nature. «L'environnement comprend le milieu naturel, mais il comprend aussi le milieu urbain, là où la grande majorité des êtres humains travaillent et vivent. Et il ne faut pas oublier qu'au centre de l'environnement il y a l'homme, qui peut être à la fois l'agresseur et la victime.»
L'Observatoire de l'environnement
Devant la complexité des problèmes reliés à l'environnement et au développement durable, Olivier Thomas croit que l'approche la plus prometteuse réside dans la transdisciplinarité. C'est exactement cette approche qu'adopte l'Observatoire de l'environnement et du développement durable de l'Université de Sherbrooke.
L'observatoire regroupe près de 200 personnes, dont 80 professeurs provenant de disciplines aussi diverses que le génie, la chimie, la physique, la géographie, l'écologie, la biologie, le droit, l'économie, l'éducation, la médecine, la sociologie et l'administration. Un point commun les réunit tous: les travaux de recherche portent sur l'environnement et le développement durable.
L'observatoire ne fonctionne pas non plus en vase clos puisqu'il compte plusieurs partenaires privés et institutionnels, dont notamment l'université Bishop. «Nous souhaitons établir le regroupement le plus large possible, explique M. Thomas, parce que nous croyons qu'ensemble, nous serons plus forts. Une des missions de l'observatoire est de devenir une référence dans le domaine de l'environnement et du développement durable. Déjà, nous sommes à tisser des liens avec les autres universités québécoises.»
Parmi les autres missions de l'observatoire, il y a bien sûr celle d'effectuer des travaux de recherche universitaires dans le domaine de l'environnement et du développement durable. «Les travaux de recherche couvrent un large spectre allant des sciences pures aux sciences humaines et sociales.»
Mais l'observatoire s'est doté aussi d'un côté pragmatique. Ainsi il a pour mandat de monter une banque de spécimens environnementaux, constituée de sols, de végétaux et de sédiments, qu'elle mettra à la disposition des chercheurs. «Il ne faut pas oublier non plus la fonction d'observatoire, qui est justement d'observer. Une de nos fonctions consiste à collecter et à diffuser ce que nous appelons les success stories du domaine de l'environnement.»
Olivier Thomas souhaite aussi que l'observatoire agisse en tant que guichet unique dans le domaine de l'environnement et du développement durable. «Un endroit où l'on peut se présenter avec une question et obtenir la réponse.»
La recherche scientifique
On aura compris que, la recherche scientifique effectuée à l'observatoire étant de nature transdisciplinaire, elle couvre donc de nombreux de champs de recherche et implique plusieurs disciplines. «La recherche est regroupée autour de trois pôles: les sciences de l'environnement, les industries et les technologies, et la société.»
On a aussi établi six axes de recherche précis qui sont: la compréhension, le suivi et l'intégrité des écosystèmes terrestres; la gestion intégrée de l'eau; les changements dans l'environnement; les innovations et les technologies, risques et impacts; la gestion intégrée des résidus; et, finalement, la gestion de l'énergie et le développement durable.
Les sujets des projets de recherche effectués à l'observatoire sont très variés. Mentionnons, entre autres, un projet qui se penche sur les problèmes liés à la gouvernance de l'eau. «Ce projet cherche à comprendre en quoi la transdisciplinarité peut être un outil de gestion de l'eau. Est-il possible de mettre en place un système capable de prévoir les éventuels conflits entre les différents usagers de l'eau et ainsi d'éviter les chicanes?»
Un autre projet se penche sur les biopesticides. Ici, il s'agit de valoriser les éléments naturels afin d'éviter l'utilisation de produits de synthèse. «On a aussi plusieurs projets qui se situent dans le cadre de ce qu'on appelle maintenant la chimie verte ou la chimie douce. Par exemple, comment peut-on améliorer les procédés de fabrication afin d'économiser l'énergie et de diminuer l'utilisation de solvants?»
Observatoire et Francophonie
Le prochain Sommet de la Francophonie se tiendra au mois de novembre prochain à Ouagadougou, au Burkina Faso, sous le thème de «La Francophonie et le développement durable». Nulle surprise, donc, d'apprendre qu'Olivier Thomas et ses collègues de l'observatoire y participeront.
«Un des enjeux du Sommet de la Francophonie est de comprendre comment passer de la politique à la pratique dans le domaine du développement durable. De plus, cette réunion nous permettra de faire un état des lieux depuis le Sommet de Rio.»
Deux des ateliers intéressent plus particulièrement Olivier Thomas: celui portant sur l'éducation, la formation et l'enseignement supérieur, et celui concernant les stratégies du développement durable. «Le développement durable est une question de culture, donc par conséquent d'éducation. Il faut être en mesure de former de futurs citoyens qui adhéreront pleinement à l'idée du développement durable.»
Quant aux stratégies de développement durable, Olivier Thomas croit qu'une des stratégies gagnantes consiste «à mettre côte à côte de petits exemples de réussite qui, une fois réunis, donnent l'exemple de l'efficacité du développement durable».
Même s'il croit que le développement durable ne préoccupe pas encore assez les gens, il demeure optimiste puisqu'il constate que «de plus en plus de personnes commencent à en prendre conscience au quotidien». Il donne en exemple certains industriels qui commencent à prendre le virage vert: «Ils ont été pointés du doigt parce qu'ils étaient des pollueurs et aujourd'hui, ils cherchent à améliorer leur image en adoptant des pratiques plus propres. Au fond, c'est une question d'argent. De plus, en faisant autrement, ils réalisent qu'ils font même des gains.»
Une autre preuve que l'économie est vraiment au coeur du développement durable.
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