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    Contre une école à trois vitesses

    28 octobre 2017 | Marie-Hélène Alarie - Collaboration spéciale | Éducation
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Au Québec, la proportion d’élèves fréquentant l’école privée francophone a quadruplé depuis 1970. Ils sont aujourd’hui 12 %. Ce taux est de loin supérieur à la moyenne canadienne actuelle, qui est de 6 %. Rappelons qu’au Canada, cinq provinces financent les établissements privés : le Québec, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique. Le financement varie selon la province de 50 à 70 % de la subvention accordée aux écoles publiques par élève.

     

    Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), affirme que, si « l’on considère, en plus, ceux qui fréquentent les écoles publiques à projets particuliers, ce sont près de la moitié des élèves du Québec qui ont déserté la salle de classe ordinaire ». Par « projets particuliers », on désigne les programmes de type arts-études ou sports-études, très populaires dans le réseau public, et prisés par les parents.

     

    Pourtant, estime le président de la FAE, ces écoles à projets particuliers ne s’inscrivent pas dans la mission de l’école publique québécoise : « Il y a cinquante ans, on s’est doté d’un réseau d’écoles publiques pour permettre aux Québécois de sortir de l’état de sous-scolarisation dans lequel ils se trouvaient. On a alors voulu une école publique accueillant tous les élèves et assurant la mixité sociale. »

     

    Mettre fin à la réforme

     

    M. Mallette affirme cependant qu’on se retrouve aujourd’hui dans une situation où l’école publique elle-même entretient la discrimination. Il explique que, pour concurrencer le réseau des écoles privées, qui vit grassement des subventions du ministère, les écoles publiques se lancent dans la mise en place de projets pédagogiques particuliers qui ne visent pas à accueillir tous les élèves, mais plutôt à en exclure certains.

     

    « On se retrouve dans cette spirale parce qu’il y a un manque de courage politique et qu’on refuse de mettre fin au financement public des écoles privées », affirme le président. Les raisons qui incitent les parents à choisir le privé pour leurs enfants sont multiples. Sylvain Mallette croit toutefois « qu’au cours des vingt dernières années, avec la réforme de l’éducation, le ministère de l’Éducation s’est servi de l’école publique comme d’un immense laboratoire. Les parents ne veulent pas que leur enfant se voie privé de ressources et de services ».

     

    Il soutient que l’on doit mettre fin à la réforme et revenir aux apprentissages essentiels, celui des savoirs, tout en tenant compte du fait que le monde a évolué. Le président donne l’exemple d’élèves scolarisés dans un programme de concentration musique et qui doivent, pour y être admis, maîtriser préalablement un instrument. Ne vaudrait-il pas mieux mettre en place un programme d’initiation à la musique qui permettrait aux enfants qui n’ont pas accès à la culture à la maison de vivre cette expérience ? questionne-t-il. Ainsi, selon lui, l’école publique procéderait sans exclure d’enfants.

     

    Un élève qui fréquente le privé coûte moins cher au gouvernement que celui qui est inscrit au public. À ceux qui prétendent que la fin du financement du privé serait une dépense pour le gouvernement, Sylvain Mallette répond que c’est faux.

     

    « On sait qu’à peu près la moitié des élèves qui fréquentent le privé reviendraient dans le public, affirme-t-il. Finalement, on économiserait. La fin du financement, c’est une mesure d’économie. »













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