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    Bien choisir sa formation

    19 octobre 2017 | Camille Feireisen - Collaboration spéciale | Éducation
    Photo: iStock
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    Continuer à se former une fois adulte, que ce soit pour s’adapter aux nouvelles méthodes de travail ou pour réorienter une carrière, nécessite souvent un retour sur les bancs d’école. Pour cela, plusieurs services dans les universités offrent des conseils personnalisés en analysant les besoins de chacun. Car selon les professionnels du milieu, un choix éclairé passe avant tout par une connaissance de soi-même.


    Qui n’a jamais parcouru la Toile en tapant quelques mots-clés plus ou moins au hasard en quête de la formation rêvée ? Il s’agit souvent du « premier réflexe », explique Valérie Grenier, responsable de promotion et d’information sur les études à la Direction générale de la formation continue de l’Université Laval (UL). Il est pourtant nécessaire d’avoir d’abord réfléchi à un objectif précis, selon elle. « Est-ce que c’est de relever des défis, de mieux faire un travail, d’accéder à un poste différent ou pour le plaisir d’apprendre ? » En d’autres termes, déterminer ses besoins. « Cela deviendra les balises pour ne pas se perdre dans toute l’information disponible. »

     

    Louis Cournoyer, professeur-chercheur en counseling de carrière à la Clinique Carrière de l’UQAM, qui accueille des personnes de 20 à 65 ans, explique qu’il y a différents cas de figure. « La mobilité ascendante : ce sont des personnes avec un bagage et une expertise qui aspirent à quelque chose de plus. On fait un bilan de compétences et des acquis, afin de voir ce qui manque pour aller chercher autre chose », décrit-il. La mobilité latérale, quant à elle, prend en compte une expérience dans un domaine particulier. « Avec ce bagage-là, que peut-on faire d’autre tout en gardant ses acquis ? »

     

    Troisième cas de figure, la réorientation, qui concerne la majorité des personnes venant à la Clinique Carrière. « C’est un virage à 180 degrés, et à ce moment-là, l’âge joue dans le choix de formation. Certains ont juste besoin d’ajuster leurs connaissances, d’autres de relever des défis », indique-t-il.

     

    Pas de cadre applicable à tous

     

    M. Cournoyer juge qu’il n’y a pas de « cadre applicable à tous », mais l’historique de vie de chacun est important à prendre en compte, pour « savoir ce que la personne a réalisé jusqu’à présent et déterminer un plan d’intervention ». La connaissance de soi et du marché du travail constitue la base de recherche, selon lui.

     

    Pour cibler la meilleure formation, il est aussi important de comprendre les défis qui se posent à ces travailleurs souhaitant retourner sur les bancs d’école, considère Yves Tousignant, directeur du secteur de la réussite étudiante à la Faculté de l’éducation permanente (FEP) à l’Université de Montréal (UdeM). « Le défi principal, c’est la gestion du temps et des priorités, explique-t-il. Ce sont des travailleurs à temps plein, pour lesquels les études sont un ajout aux obligations et aux responsabilités quotidiennes. »

     

    À la FEP, la moyenne d’âge est de 33 ans. Tous étudient à temps partiel dans l’objectif d’obtenir un meilleur emploi, un diplôme universitaire ou pour une réorientation professionnelle. La faculté possède son propre service de conseil à la formation, récemment transformé en service de conseil à la réussite et au retour aux études. « Nous avons un service de reconnaissance des acquis d’expérience, nous examinons les objectifs de l’étudiant et ce qui a été fait auparavant. » Le fait d’établir un tel profil permet de choisir une formation ciblée et d’éviter les erreurs de choix, selon lui.

     

    Se connaître soi-même

     

    « Souvent, les gens ne savent pas comment procéder à une prise de décision », explique M. Cournoyer. L’orientation réelle, elle, commence à partir du moment où il y a une impasse, « un noeud ».

     

    Selon lui, il est nécessaire de travailler sur les coûts des décisions. « Qu’est-ce qu’il en coûterait sur le plan personnel, familial, financier, de choisir l’option A plutôt que B ? Souvent, on se demande “qu’est-ce qu’il en coûterait de changer ?” mais la question qui tue quand on la pose, c’est “qu’est-ce qu’il en coûterait de maintenir votre situation ?” »

     

    Pour arriver à un choix éclairé, cela peut demander entre trois à dix rencontres avec un conseiller. « On travaille avec des adultes qui ont un vécu, donc on ne construit pas dans le rêve, on travaille dans la réalité de la vie », rappelle-t-il.

     

    Responsabilités familiales, sociales, enjeux financiers, toutes ces choses sont à prendre en considération. Ce sont d’ailleurs les trois éléments qui reviennent le plus : les enjeux des relations interpersonnelles au travail, les changements organisationnels et les enjeux psychosociaux. Aussi est-ce important de départager toutes ces choses, selon M. Cournoyer, qui souligne que, bien souvent, les gens viennent les rencontrer parce qu’ils n’ont plus d’intérêt pour leur travail.

     

    Investissement personnel

     

    Un peu comme dans un couple. « Les gens ont souvent l’impression qu’ils ne veulent plus faire ce qu’ils font parce qu’ils ont fait un mauvais choix par le passé, raconte-t-il. Or, tu peux choisir à 18 ans quelqu’un qui est parfait pour toi, puis les deux évoluent différemment et, à 30 ans, ils sont rendus ailleurs. Ils ont fait le tour et sont prêts pour autre chose. »

     

    Une formation demande également de l’investissement personnel. « Il faut s’assurer que l’employeur collabore pour libérer des heures de travail, mais aussi le conjoint et la famille, qui auront à soutenir cette personne », rappelle Mme Grenier.

     

    Arrivent ensuite d’autres questionnements, comme la façon dont chacun aime apprendre, que ce soit des cours à distance ou en présence d’un professeur. « C’est le principe de l’entonnoir, on part du large pour préciser son choix par la suite », illustre-t-elle.

     

    Il est aussi important pour ces personnes d’avoir des cours qu’ils pourront rapidement mettre en pratique et dont ils verront les impacts dans leur milieu de travail, ajoute la responsable de promotion de la formation continue de l’UL. Les offres d’emploi permettent d’ailleurs de mieux cibler les compétences requises sur le marché du travail. « C’est pour cela que c’est important d’engager un dialogue avec les organisations, pour bien comprendre de quoi elles ont besoin et ajuster la formation », conclut-elle.













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