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    Université Saint-Paul

    L’innovation sur tous les fronts

    7 octobre 2017 | Catherine Girouard - Collaboration spéciale | Éducation
    L’École d’innovation sociale a accueilli ses premiers étudiants il y a quelques semaines.
    Photo: École d’innovation sociale Élisabeth-Bruyère L’École d’innovation sociale a accueilli ses premiers étudiants il y a quelques semaines.
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    Que ce soit dans son nom, sa mission, ses programmes ou ses méthodes d’enseignement, l’innovation est partout dans la nouvelle École d’innovation sociale Élisabeth-Bruyère de l’Université Saint-Paul.


    L’Université Saint-Paul ne pouvait enseigner à innover sans le faire elle-même. L’établissement d’Ottawa a donc repensé à tout, des locaux jusqu’à ses méthodes pédagogiques, pour réussir à bien enseigner la pratique du changement social — ou en d’autres mots, apprendre à changer le monde — dans la nouvelle école qu’elle a mise sur pied.

     

    « Le mot “innovation” est sur toutes les lèvres depuis quelques années, mais c’est un terme encore récent, fait valoir Anahi Morales Hudon, professeure à l’École d’innovation sociale. Il n’existait pas encore d’école d’innovation sociale, nous sommes les premiers à nous y consacrer complètement. »

     

    Créée au sein de l’Université Saint-Paul, l’École a accueilli ses premiers étudiants, mais tous à temps partiel, il y a quelques semaines. « On est en prédémarrage », explique Mme Morales Hudon. Encore en chantier au propre comme au figuré, l’École sera officiellement inaugurée en septembre 2018. Offrant actuellement un certificat et un DES (équivalent d’un DESS au Québec), l’École proposera à terme un ensemble complet de programmes de premier et de deuxième cycle.

     

    « Pour nous, l’innovation sociale est ancrée dans une perspective de transformation sociale », explique Mme Morales Hudon. L’école vise à accompagner les individus, les communautés et les mouvements sociaux dans la production de connaissances et d’outils visant la mise sur pied de projets innovants qui ont pour mission de transformer la société.

     

    « Nous n’avons pas cherché à reproduire ce qui se fait déjà, mais plutôt à apporter quelque chose de complémentaire à ce qui existe », continue la professeure. C’est pourquoi l’École a choisi de combiner les sciences humaines et la gestion dans ses formations. « Pour développer des solutions collectives innovantes à des enjeux comme la pauvreté, il faut d’abord bien comprendre la société dans toute sa complexité, et ensuite être outillé pour intervenir, continue-t-elle. Les sciences sociales permettent aux étudiants de développer leurs compétences analytiques et théoriques, et l’approche démocratique de la gestion qu’on propose leur permet de voir comment mettre en pratique des projets et solutions. »

     

    Enseignement intensif en bloc

     

    L’École d’innovation sociale n’a pas non plus voulu se limiter aux conventions en développant son modèle d’enseignement. Plutôt que de suivre cinq cours en même temps durant une session, les étudiants se penchent sur une matière à la fois de façon intensive, pendant deux ou trois semaines, avant de passer au cours suivant. Ce modèle est déjà utilisé par une poignée d’autres universités au Canada et aux États-Unis.

     

    « Cette approche permet d’approfondir davantage un sujet et amène un dynamisme plus important que l’enseignement plus classique, explique Anahi Morales Hudon. Cette immersion reproduit aussi l’intensité et l’engagement nécessaire dans le milieu de travail en innovation sociale. » Leur modèle a été testé durant l’école d’été qu’avait mis sur pied l’établissement, relate Mme Morales Hudon, et il fut très apprécié des participants.

     

    La nouvelle école mise aussi sur une approche d’enseignement autant théorique que pratique. « Certains programmes offrent la possibilité d’étudier en détail des enjeux et rapports sociaux, mais on découvre en sortant de l’école qu’on a de la difficulté à mettre en pratique les approches théoriques apprises, remarque la professeure. Pour nous, c’est très important d’aller chercher l’articulation théorique et pratique en même temps. » Élaboration de projets, stages et apprentissages dans un contexte professionnel sont donc généreusement intégrés aux cursus.

     

    L’atelier d’innovation sociale

     

    L’École d’innovation sociale a par ailleurs pensé un espace complètement dédié à la mise en pratique concrète des acquis. Actuellement en construction, l’atelier d’innovation sociale Mauril-Bélanger sera un espace de travail ouvert et collaboratif intégré à l’école, où étudiants, corps professoral, chercheurs et acteurs de la communauté se côtoieront pour mettre sur pied des projets novateurs. Gratuit pour les étudiants de l’école, l’atelier sera aussi ouvert à tous.

     

    « Les étudiants ont parfois de grandes et bonnes idées, mais ne savent pas comment les réaliser, explique Fernanda Gutierrez, coordonnatrice de l’atelier d’innovation sociale qui sera inauguré au cours des prochains mois. L’atelier sera un incubateur de projets et de nouvelles idées. »

     

    L’atelier sera un lieu ouvert et lumineux aménagé pour faciliter les échanges, où on retrouvera entre autres une quarantaine de bureaux, trois salles de réunion, une cuisine et un espace de détente. Le lieu sera à l’image des espaces partagés de travail qui gagnent en popularité dans plusieurs villes depuis quelques années, mais sera le premier espace du genre à être aménagé au sein d’une université.

     

    « Les universités sont souvent critiquées pour leur distance avec les organismes, relate la professeure Morales Hudon, qui est aussi directrice de l’atelier d’innovation sociale. On a pensé l’atelier spécifiquement pour les mettre en dialogue. Ce sera un lieu unique en son genre qui mettra les élèves en lien direct avec différents acteurs de la communauté. »

     

    L’atelier offrira aussi des bourses pour soutenir le développement de projets aux étudiants et aux membres de l’Atelier. Chaque étudiant qui s’inscrira à un programme de premier cycle de l’École d’innovation sociale Élisabeth-Bruyère pourra, de plus, recevoir jusqu’à 28 000 $ en bourses d’études.

     

    « Notre but est d’aider le démarrage d’organisations sociales, résume Mme Gutierrez. Grâce à l’atelier, les étudiants pourront développer leur projet durant leurs études afin d’avoir une organisation prête à démarrer à leur sortie de l’école. » Et changer le monde, un projet à la fois.













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