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    Six ans plus tard, l’école Baril renaît

    Un joyau de 19 millions dans Hochelaga-Maisonneuve

    8 septembre 2017 |Marco Fortier | Éducation
    L’ancienne façade de l’école Baril a été conservée pour rappeler le passé du bâtiment. Le reste de l’école est tout neuf.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ancienne façade de l’école Baril a été conservée pour rappeler le passé du bâtiment. Le reste de l’école est tout neuf.

    Il y a eu des « ooooh », des « aaaah » et des applaudissements. Après un calvaire qui a duré six ans, la nouvelle école Baril, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, a été inaugurée jeudi. Le bâtiment tout neuf, qui a coûté 19 millions de dollars, est accueilli comme une bouffée d’air frais dans un quartier aux prises avec des écoles en bien mauvais état.

     

    Cour de récréation étincelante, immense gymnase, bibliothèque lumineuse, laboratoire informatique, grande salle pour les repas et le service de garde : l’école primaire pouvant accueillir 350 élèves suscite des commentaires élogieux. De l’avis général, l’établissement fait partie des plus belles écoles du Québec.

     

    Elle était attendue avec impatience, la nouvelle école Baril. L’ancien bâtiment, vieux de plus d’un siècle, a été condamné en 2011 pour cause de contamination aux moisissures. L’air était si mauvais qu’il rendait malades le personnel et les élèves.

     

    Il a fallu plus de six ans pour que le quartier retrouve son école primaire. Six longues années de combat, de frustrations, de difficultés, d’imprévus, de lutte contre l’indifférence…

    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les nouveaux locaux de l’école Baril sont vastes, lumineux et colorés. Les enfants apprécient leur nouvel environnement.

    « On accouche d’un bébé et l’accouchement ne s’est pas fait sans douleur »
    , a résumé la députée péquiste d’Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier. Elle a rendu hommage à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), aux parents et au personnel de l’école Baril, aux élus municipaux et à toutes les « têtes de cochon » qui ont milité sans relâche, contre vents et marées, pour la reconstruction du bâtiment.

     

    Après la fermeture de l’école Baril, les élèves ont dû aller à l’école secondaire Louis-Riel, à six kilomètres de là. Les gens du quartier organisaient des marches, des pétitions, des rencontres, pour que leur école soit reconstruite. Mais rien ne bougeait. Ce n’était pas grave : après tout, c’était dans Hochelaga-Maisonneuve. Un quartier de pauvres.

     

    En 2013, Carole Poirier a appelé la première ministre de l’époque, Pauline Marois. « Je lui ai dit : "S’il faut que je mette mon siège de députée en jeu, je vais le faire." J’étais prête à démissionner si le gouvernement ne mettait pas l’argent. Une demi-heure plus tard, Pauline m’a rappelée : "Ça prend combien ?"»

     

    La démolition du vieux bâtiment, la décontamination du sol et la reconstruction ont coûté 19 millions, un peu plus que la moyenne pour une école de 21 classes. Il a fallu creuser plus profondément que prévu pour retirer le sol contaminé. Les entrées de gaz et d’électricité n’étaient pas à l’endroit prévu. Il a fallu trouver une façon de préserver le portail de l’ancienne école, qui a une valeur patrimoniale. Un sous-traitant a installé le mauvais type de fenêtres dans la bibliothèque.

     

    Tout ça pour dire que l’école Baril a été inaugurée avec une année de retard. Et elle est déjà presque remplie : conçue pour 350 élèves, elle en héberge 337. Pourquoi ? Parce que les élèves de l’école Hochelaga — condamnée pour cause de moisissures — vont désormais à l’école Baril.

     

    Le prochain chantier sera celui de l’école Saint-Nom-de-Jésus, fermée elle aussi à cause des moisissures, a insisté Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Et le défi suivant sera de convaincre les jeunes du quartier d’aller jusqu’à l’université.













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