Six ans plus tard, l’école Baril renaît

L’ancienne façade de l’école Baril a été conservée pour rappeler le passé du bâtiment. Le reste de l’école est tout neuf.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ancienne façade de l’école Baril a été conservée pour rappeler le passé du bâtiment. Le reste de l’école est tout neuf.

Il y a eu des « ooooh », des « aaaah » et des applaudissements. Après un calvaire qui a duré six ans, la nouvelle école Baril, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, a été inaugurée jeudi. Le bâtiment tout neuf, qui a coûté 19 millions de dollars, est accueilli comme une bouffée d’air frais dans un quartier aux prises avec des écoles en bien mauvais état.

 

Cour de récréation étincelante, immense gymnase, bibliothèque lumineuse, laboratoire informatique, grande salle pour les repas et le service de garde : l’école primaire pouvant accueillir 350 élèves suscite des commentaires élogieux. De l’avis général, l’établissement fait partie des plus belles écoles du Québec.

 

Elle était attendue avec impatience, la nouvelle école Baril. L’ancien bâtiment, vieux de plus d’un siècle, a été condamné en 2011 pour cause de contamination aux moisissures. L’air était si mauvais qu’il rendait malades le personnel et les élèves.

 

Il a fallu plus de six ans pour que le quartier retrouve son école primaire. Six longues années de combat, de frustrations, de difficultés, d’imprévus, de lutte contre l’indifférence…

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les nouveaux locaux de l’école Baril sont vastes, lumineux et colorés. Les enfants apprécient leur nouvel environnement.

« On accouche d’un bébé et l’accouchement ne s’est pas fait sans douleur »
, a résumé la députée péquiste d’Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier. Elle a rendu hommage à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), aux parents et au personnel de l’école Baril, aux élus municipaux et à toutes les « têtes de cochon » qui ont milité sans relâche, contre vents et marées, pour la reconstruction du bâtiment.

 

Après la fermeture de l’école Baril, les élèves ont dû aller à l’école secondaire Louis-Riel, à six kilomètres de là. Les gens du quartier organisaient des marches, des pétitions, des rencontres, pour que leur école soit reconstruite. Mais rien ne bougeait. Ce n’était pas grave : après tout, c’était dans Hochelaga-Maisonneuve. Un quartier de pauvres.

 

En 2013, Carole Poirier a appelé la première ministre de l’époque, Pauline Marois. « Je lui ai dit : "S’il faut que je mette mon siège de députée en jeu, je vais le faire." J’étais prête à démissionner si le gouvernement ne mettait pas l’argent. Une demi-heure plus tard, Pauline m’a rappelée : "Ça prend combien ?"»

 

La démolition du vieux bâtiment, la décontamination du sol et la reconstruction ont coûté 19 millions, un peu plus que la moyenne pour une école de 21 classes. Il a fallu creuser plus profondément que prévu pour retirer le sol contaminé. Les entrées de gaz et d’électricité n’étaient pas à l’endroit prévu. Il a fallu trouver une façon de préserver le portail de l’ancienne école, qui a une valeur patrimoniale. Un sous-traitant a installé le mauvais type de fenêtres dans la bibliothèque.

 

Tout ça pour dire que l’école Baril a été inaugurée avec une année de retard. Et elle est déjà presque remplie : conçue pour 350 élèves, elle en héberge 337. Pourquoi ? Parce que les élèves de l’école Hochelaga — condamnée pour cause de moisissures — vont désormais à l’école Baril.

 

Le prochain chantier sera celui de l’école Saint-Nom-de-Jésus, fermée elle aussi à cause des moisissures, a insisté Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Et le défi suivant sera de convaincre les jeunes du quartier d’aller jusqu’à l’université.

  • Robert Aird - Abonné 8 septembre 2017 07 h 54

    Enfin!

    Avec une aussi belle école, j'imagine que bien des enfants qui vivent dans des appartements exigus et sans lumière naturelle ne se feront pas trop tirer l'oreille pour y aller! En espérant maintenant que des imbéciles n'auront pas l'idée de briser du verre...

    • Chantale Desjardins - Abonnée 8 septembre 2017 08 h 25

      La beauté attire le respect. Avec une école aussi éclatante, on n'a pas le goût de la massacrer. Bravo et les élèves sont chanceux de vivre dans un lieu où tout respire la joie.

    • Claire DuSablon - Abonné 8 septembre 2017 13 h 11

      Vous auriez-pu vous garder une petite réserve dans vos conseils et attendre les dégâts..... si dégâts il y aura.

  • Jacques Tellier - Abonné 8 septembre 2017 08 h 18

    Et qui est l'architecte ?

    On félicite tout le monde dans cet article : la commission scolaire, les parents, les élus, même les "têtes de cochons". Pas un mot sur ceux qui ont conçu "une des plus belles écoles du Québec". Qui sont-ils ? Les belles écoles sont rares, il faut en valoriser les artisans.
    Denise Tellier

  • Hélène Joubert - Abonnée 8 septembre 2017 10 h 11

    Et les architectes de cette merveille sont?

    Il aurait été intéressant de connaître le nom de la firme d'architecture qui a réussi ce tour de force : concilier les exigences académiques, le patrimoine, les conditions des installations existantes...et l'architecture!

  • Claire DuSablon - Abonné 8 septembre 2017 13 h 15

    C'est réjouissant de voir cette belle école dans le quartier et presque voisine de la Maison du Dr Julien. La présidente peut bien souhaiter que les enfants aillent à l'Université, mieux vaudrait dans l'immédiat et les années qui viennent les bien orienter et les diriger vers de bonnes écoles de formations professionnelles et vers les universités .