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    La lutte pour l’alphabétisation, une priorité pour le ministre de l’Éducation

    2 septembre 2017 |Jessica Nadeau | Éducation
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a fait de l’alphabétisation l’un des piliers de la Politique sur la réussite éducative, présentée en juin dernier. Les orientations et les objectifs sont bien définis, mais les solutions concrètes viendront plus tard, dans une stratégie spécifique très attendue.


    « La stratégie sur l’alphabétisation, c’est un domaine où il y a plus de choses à faire qu’ailleurs », lance d’emblée le ministre en entrevue au Devoir.

    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne

    « On a même eu de la difficulté — j’en étais le premier surpris — à trouver des données et à avoir des informations pour nous permettre d’aller rapidement de l’avant, mis à part les données que nous avons de l’Institut de la statistique ou de l’enquête internationale [Programme pour l’évaluation internationale des compétences pour adultes (PEICA)]. Ça n’a pas été une priorité gouvernementale assumée ou édictée de faire en sorte que l’État travaille à documenter ce sujet-là. »

     

    En 2011-2012, lors de la dernière enquête internationale, à peine 47 % des adultes du Québec présentaient un niveau de compétence élevé en littératie. Le ministre souhaite donc augmenter de cinq points de pourcentage la part de la population qui démontre des compétences élevées lors du prochain exercice en 2022.

     

    Éveil à la littératie

     

    Les questions de littératie et d’alphabétisation reviennent à plusieurs reprises dans la Politique sur la réussite éducative. Et pour cause. « La littératie et la numératie sont les assisses de toutes les trajectoires éducatives », peut-on lire dans le document qui fait environ 80 pages.

     

    Sébastien Proulx, qui est également ministre de la Famille, souhaite développer ces compétences dès la petite enfance. Ainsi, il a déjà annoncé que le programme dans les maternelle 4 ans et maternelle 5 ans serait revu pour qu’on ne parle plus de « reconnaissance » des lettres, mais bien de « connaissance ».

     

    Dès cet automne, des projets d’éveil à la littératie verront le jour dans les services de garde. Des initiatives d’éveil à la littératie familiale seront également implantées dans les maisons de la famille. Des trousses et autres projets de littératie devraient être offerts sous peu dans les bibliothèques publiques. Car si le développement des compétences est essentiel pour les jeunes enfants, il l’est tout autant pour leurs parents, croit le ministre. « Chez les adultes, l’analphabétisme ou le fait d’avoir de faibles compétences en littératie et en numératie est un problème qui se répercute non seulement sur le présent et sur l’avenir de la personne, mais aussi sur le développement et la réussite scolaire de ses propres enfants. Le faible niveau de scolarité des parents, particulièrement celui de la mère, peut rendre plus difficiles l’engagement parental et le soutien à l’enfant, et augmenter les risques d’abandon scolaire chez les élèves », précise le ministre dans sa politique sur la réussite éducative.

     

    En entrevue, le ministre de l’Éducation, qui est également père de deux enfants d’âge scolaire, revient sur l’importance de l’apprentissage de l’écriture et de la lecture le plus tôt possible. « Ça doit devenir un élément phare de notre démarche éducative parce qu’il n’y a pas longtemps, les gens qui avaient des difficultés en lecture et en écriture étaient des gens qui n’avaient pas été scolarisés. Ça appartient à une autre époque et, aujourd’hui, les gens avec des difficultés sont des gens qui sont passés à travers un parcours éducatif. Alors, il faut se poser de sérieuses questions sur la façon dont les choses opèrent et sur nos résultats à terme. »

     

    Éducation populaire

     

    Répondant d’avance aux critiques, Sébastien Proulx affirme que d’autres ministères seront impliqués dans la future stratégie en matière d’alphabétisation. Il dit être déjà en lien, dans le cadre de la Politique sur la réussite éducative et des travaux qui en découlent, avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, de même qu’avec ses collègues de l’Éducation supérieure et de l’Emploi. « Lorsqu’il a été question du projet de loi 70 [sur la réforme de l’aide sociale] de mon collègue [ministre de l’Emploi] François Blais, je suis tout de suite intervenu pour discuter avec lui à l’égard des formations que les gens pourraient avoir dans le cadre d’organismes d’alphabétisation », explique le ministre. « Je pense que l’éducation populaire, c’est nécessaire, ajoute-t-il. Ça existe, ça fait partie du modèle qu’on a mis en place dans les années 1960 lorsqu’on a créé le ministère de l’Éducation. On a reconnu à l’éducation populaire, en dehors de l’école, une mission et une valeur ajoutée. Alors, ce sont des discussions que nous avons avec eux. »

     

    Enveloppe de 20 millions

     

    Bien avant la présentation de sa Politique sur la réussite éducative et de la stratégie sur l’alphabétisation, qui en découlera, le ministre a octroyé une enveloppe de 20 millions en décembre dernier pour soutenir les organismes communautaires, les commissions scolaires et les entreprises qui luttent contre l’analphabétisme.

     

    Sébastien Proulx répète qu’il fait de la lutte contre l’analphabétisme un « sujet d’intérêt personnel » dont il faut parler davantage. « Chaque fois que je me présente sur une tribune, je parle d’alphabétisation parce que c’est l’une des raisons pour lesquelles je fais de la politique. »













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