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    La CSQ et la FSE pressent le ministre de l’Éducation d’agir

    26 août 2017 | Émilie Corriveau - Collaboration spéciale | Éducation
    Si la Politique de la réussite éducative déposée en juin tient compte de plusieurs recommandations faites par la CSQ et la FSE-CSQ, elle élude certaines d’entre elles pourtant jugées très importantes par les deux organisations syndicales.
    Photo: iStock Si la Politique de la réussite éducative déposée en juin tient compte de plusieurs recommandations faites par la CSQ et la FSE-CSQ, elle élude certaines d’entre elles pourtant jugées très importantes par les deux organisations syndicales.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Le 21 juin dernier, le gouvernement Couillard lançait sa très attendue Politique de la réussite éducative. Recensant plusieurs grands objectifs à atteindre d’ici 2030, mais demeurant vague sur les moyens d’y parvenir, elle n’a que partiellement répondu aux attentes des différents acteurs syndicaux du réseau de l’éducation. À l’aube de la rentrée scolaire, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) pressent le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, de passer rapidement de la parole aux actes.


    Se déclinant en trois axes et comportant sept objectifs ambitieux, la nouvelle Politique de la réussite éducative du gouvernement québécois est le fruit d’une vaste consultation publique qui a eu lieu à travers la province à l’automne 2016.

     

    Lors de cette dernière, la CSQ et la FSE-CSQ ont chacune présenté une série de recommandations visant à assurer la réussite éducative des Québécois.

     

    Elles ont notamment fait valoir la nécessité de mettre en place des politiques sociales permettant d’améliorer les conditions de vie des jeunes et des adultes fréquentant le réseau scolaire.

     

    Elles ont aussi insisté sur l’importance d’offrir aux élèves une formation de base riche leur permettant de s’épanouir, et ce, dès la petite enfance. De même, elles ont rappelé la pertinence d’implanter des mesures pour soutenir la réussite des plus vulnérables, accessibles tôt dans leur cheminement et perdurant aussi longtemps que nécessaires.

     

    Les deux organisations syndicales ont également formulé diverses propositions pour améliorer les conditions d’exercice du personnel de l’éducation et contribuer à la valorisation de la profession enseignante.

     

    En outre, elles ont dénoncé les pratiques qui stimulent la concurrence entre les établissements d’enseignement et déséquilibrent la composition des classes et des écoles.

     

    Des manques considérables

     

    Si la Politique de réussite éducative déposée en juin tient compte de plusieurs recommandations faites par la CSQ et la FSE-CSQ, elle élude complètement certaines d’entre elles pourtant jugées très importantes par les deux organisations syndicales. Ainsi, bien que ces dernières saluent globalement l’initiative du ministre de l’Éducation, elles considèrent que celle-ci comporte diverses lacunes.

    Louise Chabot

    « À nos yeux, ce qui est positif, c’est qu’elle incite à agir tôt et à voir l’éducation dans une continuité, c’est-à-dire dès la petite enfance jusqu’à l’université. Elle met aussi beaucoup l’accent sur les compétences en littératie, ce qui nous réjouit, parce que, pour nous, c’est une des conditions clés de la réussite scolaire,
    observe Louise Chabot, présidente de la CSQ. Par contre, elle ne traite pas du tout de la nécessité d’agir sur les conditions sociales pour améliorer la réussite éducative, ni du problème de ségrégation scolaire. »

     

    Josée Scalabrini, présidente de la FSE-CSQ, abonde dans le même sens que Mme Chabot : « Toute la question de la gestion axée sur les résultats [GARE] nous préoccupe beaucoup. C’est devenu plus important de figurer au palmarès de L’Actualité pour la réussite de nos élèves et celle de notre école que d’atteindre la réussite réelle des élèves. Ça, dans la politique, on n’en parle pas ! »

    Josée Scalabrini

    Elle déplore aussi l’absence de deux autres éléments clés : « On avait demandé qu’il y ait un temps minimum prescrit pour chaque matière qui figure au programme. Ça n’est pas dans la politique. On avait aussi demandé qu’on s’attaque à la question de la composition des classes, qui est une préoccupation très importante depuis quelques années. Ça n’y est pas non plus ! »

     

    Des mesures trop vagues

     

    Mme Chabot et Mme Scalabrini estiment également que la Politique de réussite éducative demeure trop vague sur les mesures concrètes à adopter pour atteindre les objectifs ambitieux qu’elle fixe.

     

    « On trouve dans la politique beaucoup de références à des comités de réflexion, mais très peu de concret, note la présidente de la FSE-CSQ. Il aurait fallu y inscrire des directives plus claires et plus concrètes sur plusieurs plans. »

     

    « Les besoins en éducation sont criants, ajoute Mme Chabot. Le gouvernement a coupé près d’un milliard au cours des dernières années et ça a eu des effets considérables sur le réseau de l’éducation. Oui, le gouvernement a annoncé des investissements et l’ajout de ressources, sauf que ça ne viendra même pas combler le déficit que les politiques d’austérité ont créé. C’est bien beau de définir de grandes orientations et de se fixer des objectifs, mais encore faut-il se donner les moyens de les atteindre. Là, il est temps que le gouvernement agisse. »

     

    Considérant l’imminence des élections provinciales, les présidentes de la CSQ et de la FSE-CSQ craignent que les récents engagements pris par le gouvernement québécois ne s’avèrent que des promesses électoralistes.

     

    « On est à un an des élections, rappelle Louise Chabot. J’espère que tout ça ne sera pas éphémère et que la volonté qui est inscrite dans cette politique saura trouver écho. »

     

    « On connaît maintenant une portion du programme électoral du Parti libéral, relève pour sa part Mme Scalabrini. Si le gouvernement souhaite vraiment faire de l’éducation une priorité, il va falloir qu’il passe de la parole aux actes. »

    Zoom sur la politique éducative La nouvelle politique québécoise de réussite éducative se décline en trois axes :

    L’atteinte du plein potentiel de tous.

    Le déploiement d’un milieu inclusif, propice au développement, à l’apprentissage et à la réussite.

    La mobilisation des acteurs et des partenaires pour la réussite.

    Elle comporte sept grands objectifs à atteindre d’ici 2030:

    Porter à 90% la proportion des élèves de moins de 20 ans qui obtiennent un premier diplôme ou une première qualification, et à 85% la proportion de ces élèves titulaires d’un premier diplôme (DES et DEP).

    Réduire de moitié les écarts de réussite entre différents groupes d’élèves.

    Porter à 90% le taux de réussite à l’épreuve ministérielle d’écriture, langue d’enseignement, de la 4e année du primaire dans le réseau public.

    Augmenter de 5 points de pourcentage la part de la population adulte du Québec qui présente des compétences élevées en littératie selon les résultats du PEICA de 2022.

    Faire en sorte que tous les bâtiments du parc immobilier soient dans un état satisfaisant.

    Réduire à 10% la proportion d’élèves entrant à 13 ans ou plus au secondaire, dans le réseau public.

    Porter à 80% la proportion des enfants qui commencent leur scolarité sans présenter de facteur de vulnérabilité pour leur développement (d’ici 2025).













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