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    Les enseignants veulent que la lumière soit faite sur les fausses notes

    26 mai 2017 |Marco Fortier | Éducation
    Les trois quarts des enseignants ayant répondu à un sondage Léger disent souhaiter la tenue d’une commission parlementaire qui se pencherait sur la façon d’attribuer les notes des élèves.
    Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Les trois quarts des enseignants ayant répondu à un sondage Léger disent souhaiter la tenue d’une commission parlementaire qui se pencherait sur la façon d’attribuer les notes des élèves.

    Préoccupés par la manipulation des notes des élèves du primaire et du secondaire, des enseignants réclament une commission parlementaire pour faire la lumière sur l’évaluation des apprentissages.

     

    Les trois quarts (74 %) des enseignants ayant répondu à un sondage Léger disent souhaiter la tenue d’une commission parlementaire qui se pencherait sur la façon d’attribuer les notes des élèves. Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a rejeté l’idée de tenir une telle commission parlementaire.

     

    Ce sondage a été commandé par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), un syndicat qui représente 34 000 enseignantes et enseignants, principalement au primaire et au secondaire. Le sondage de la firme Léger a été mené entre le 11 mai et le 14 mai 2017 ; 502 membres de la FAE ont été joints par téléphone. La marge d’erreur pour un échantillon de cette taille est de 4,3 %, 19 fois sur 20.

     

    Un premier sondage interne mené par la FAE en février avait révélé que 20 % des enseignants affirmaient qu’on leur a déjà demandé de modifier les résultats obtenus par leurs élèves à des épreuves ministérielles. Le syndicat a décidé de pousser plus loin son investigation en sondant ses membres sur la manipulation des notes pour des travaux scolaires, des épreuves de commission scolaire ou du ministère de l’Éducation, ou lors de l’inscription des notes au bulletin.

     

    « Il y a un système qui est mis en place pour donner l’impression que l’élève réussit malgré ses échecs, dit Sylvain Mallette, président de la FAE. Les enseignants ont beau s’opposer à la manipulation des notes, le système le permet. » Le représentant syndical estime que ceux qu’il appelle les « pédagocrates » du ministère de l’Éducation, qui ont mis en place ce système, doivent rendre des comptes. Il invite le ministre Proulx à avoir le « courage » de faire la lumière sur ce nivellement par le bas, surtout à quelques jours de la présentation de la politique de réussite éducative.

     

    Au bureau du ministre Sébastien Proulx, on rappelle que l’enseignant est le responsable de l’évaluation des élèves. « Il faut dénoncer les gestes contraires à la loi et qui ont pour seul but d’atteindre des objectifs de diplomation ou de qualification, et ce, au détriment des élèves et de leur réussite », indique le bureau du ministre dans un courriel.

     

    « Je réitère que des vérifications sont toujours en cours et j’entends poser des gestes concrets pour réitérer ces principes et faire cesser certaines pratiques s’il y a lieu. »

     

    Note minimale

     

    Près de quatre enseignants sur dix (37 %) affirment que « leur jugement a déjà été remis en question, qu’on leur a demandé de modifier le résultat obtenu par un ou plusieurs de leurs élèves, ou qu’un résultat a déjà été modifié sans leur accord ».

     

    Qui leur a demandé de modifier le résultat obtenu par l’élève ? 84 % disent que c’est la direction ou la direction adjointe de l’école.

     

    Plus de la moitié des répondants (54 %) affirment aussi qu’il existe une note minimale ou une note plancher fixée par l’école ou par la commission scolaire. Cette note est générée automatiquement par le système informatique GPI (système de gestion pédagogique intégré) ; 32 % des enseignants affirment que la note minimale fixée automatiquement est de 40 % et plus.

     

    Une proportion de 40 % des répondants affirme aussi qu’on leur a déjà demandé de faire un « bulletin modifié », une procédure prévue pour les élèves qui ont de grandes difficultés d’apprentissage et qui sont intégrés en classe ordinaire : il s’agit de « modifier à la baisse les exigences du programme », d’évaluer moins sévèrement ces élèves.

     

    Les trois quarts des répondants (73 %) affirment que ce bulletin modifié « donne l’impression que l’élève intégré en classe ordinaire réussit malgré ses échecs ».













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