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    Les CPE, des établissements de qualité supérieure

    27 mai 2017 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Éducation
    La CSN rappelle que le réseau public des services de garde a subi des compressions d’environ 300 millions depuis 2014.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La CSN rappelle que le réseau public des services de garde a subi des compressions d’environ 300 millions depuis 2014.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Une trentaine de membres de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a pris part, les 4 et 5 mai derniers, au Sommet sur l’éducation à la petite enfance, organisé par l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) et l’Institut du Nouveau Monde. Pour ces derniers, ces échanges ont eu l’effet d’« une bouffée d’air frais alors que le gouvernement libéral poursuit ses attaques pour affaiblir le réseau des services éducatifs à la petite enfance ».

     

    Du coup, la centrale syndicale rappelle que le réseau public des services de garde a subi des compressions d’environ 300 millions depuis 2014, tandis que le gouvernement, sous Jean Charest et Philippe Couillard, a bonifié substantiellement le crédit d’impôt versé aux parents pour frais de garde. Selon la CSN, ces mesures ont fait en sorte que les parents se tournent de plus en plus vers le privé.

     

    Coûts ou qualités ?

     

    « Depuis que les libéraux sont au pouvoir, on a vu une explosion dans le nombre de garderies commerciales, et cela a un lien direct avec le crédit d’impôt, déclare Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN. On voit d’ailleurs depuis 2009 que le nombre de garderies commerciales a augmenté de façon phénoménale. »

    Véronique De Sève
     

    « Cela a été dit par plusieurs participants au sommet : les crédits d’impôt devraient être retirés parce que c’est pervers, enchaîne Dany Lacasse, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Le crédit d’impôt amène des parents à choisir des services qui leur coûtent moins cher. »

     

    D’après le syndicat, il importe que les parents réalisent qu’on ne retrouve pas la même qualité de services pour les enfants dans les garderies privées que dans les centres de la petite enfance. Véronique De Sève insiste d’ailleurs pour parler de garderies commerciales, « pour bien faire ressortir qu’il s’agit avant tout de commerces ». C’est la grande différence d’avec les centres de la petite enfance et des services de garde en milieu familial, qui, eux, sont des organismes à but non lucratif dont « la priorité, c’est l’enfant ».

     

    Pour sa part, Dany Lacasse fait remarquer que le gouvernement se complaît à dire que c’est du pareil au même — privé ou public —, et que les parents ont tout simplement le droit de choisir. « Remarquez que nous ne sommes pas contre le droit de choisir, bien au contraire, mais à condition qu’on parle de la même qualité de services pour les enfants », précise-t-il. Or, plusieurs études montrent que la qualité est de loin inférieure dans ce type de services, comparativement aux services régis et suivis de près par le ministère, rapporte le représentant syndical.

     

    M. Lacasse chapeaute la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, qui représente notamment 11 000 travailleurs en CPE et un peu plus de 3000 responsables de services de garde en milieu familial. Avec le développement ces dernières années de services de garde à but lucratif, il est clair pour Dany Lacasse « qu’on tire la qualité vers le bas ».

     

    « Pas de profit sur le dos des petits »

     

    Véronique De Sève fait pour sa part valoir que des services éducatifs de qualité dès le plus jeune âge sont essentiels. Toutes les études le montrent très bien, poursuit-elle, les centres de la petite enfance sont nettement de qualité supérieure puisqu’ils ont des obligations de programmes pédagogiques et ils sont suivis de près par le ministère. « On a vraiment comme objectif l’égalité des chances et de s’assurer de la qualité pour nos tout petits », dit-elle.

     

    À cette fin, la CSN lancera à la fin de l’été une campagne de sensibilisation baptisée « Pas de profit sur le dos des petits » et dont Mme De Sève sera la porte-parole et la responsable des activités. « Ce que nous voulons, c’est que le gouvernement cesse de favoriser les garderies commerciales par l’entremise du crédit d’impôt, réclame-t-elle. Il faut revenir à l’essence même de la politique familiale de 1997. »

     

    Cette campagne vise également à expliquer aux parents la différence entre le réseau public et les garderies commerciales « puisque même le gouvernement mélange les parents en disant que ce sont toutes des garderies, se désole Mme De Sève. Pour nous, il s’agira de faire ressortir la valeur éducative du réseau public. »

     

    Durant cette campagne, la CSN cherchera donc à valoriser les centres de la petite enfance et les services en milieu familial auprès des parents afin que, lorsque ces derniers font un choix, ils le fassent en toute connaissance de cause. « Il importe que tous les enfants aient la chance de partir du bon pied dans la vie », de déclarer Mme De Sève, puisque après tout, ce sont nos adultes de demain. « Ce sont nos citoyens de demain, c’est eux qui vont faire la société de demain. Il faut donc leur donner les meilleurs outils. »

     

    « Pour nous, c’est clair : investir dans les générations à venir, ce n’est pas investir dans le Fonds des générations, mais bien investir dès aujourd’hui dans la petite enfance ! » d’ajouter Dany Lacasse.













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