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    Une école alternative en émoi à cause d’un syndicat de profs

    L’Alliance des professeurs refuse de renouveler une dérogation qui permet des classes à trois niveaux

    18 mai 2017 |Marco Fortier | Éducation
    Les enseignants de l'école Rose-des-Vents se sentent abandonnés par leur syndicat, qui refuse de renouveler une entente permettant les classes formées d'élèves de trois niveaux, expliquent les enseignantes Nathalie Lussier et Claudia Aubry.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les enseignants de l'école Rose-des-Vents se sentent abandonnés par leur syndicat, qui refuse de renouveler une entente permettant les classes formées d'élèves de trois niveaux, expliquent les enseignantes Nathalie Lussier et Claudia Aubry.

    L’opposition d’un syndicat d’enseignants met en péril un système en place depuis 30 ans dans une école alternative de Montréal. L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal refuse de renouveler une dérogation qui permet de regrouper des élèves de trois niveaux dans une même classe à l’école Rose-des-Vents, dans le quartier Rosemont.

     

    Depuis sa création en 1986, cette école alternative fonctionne avec des classes « multiâges » : cette année, cinq classes sont formées d’élèves de première, deuxième et troisième années, et trois classes regroupent des enfants de quatrième, cinquième et sixième années.

     

    Ces classes comptent entre 20 et 24 élèves, comme le prévoient les ratios du ministère de l’Éducation.

     

    Pour la première fois en 30 ans, à la rentrée de septembre prochain, ces classes uniques à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) sont en péril : l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal a dit non. Le syndicat refuse d’expliquer pourquoi et se contente de dire qu’il est ouvert à la discussion.

     

    Les enseignants de l’école Rose-des-Vents affirment que l’Alliance « adopte la ligne dure à la suite des dernières négociations difficiles » en vue d’adopter une convention collective nationale.

     

    Ces enseignants sont fâchés contre leur syndicat. Ils ont même déposé une plainte au Tribunal administratif du travail. Ils ont l’impression que les 204 élèves de l’école Rose-des-Vents servent de monnaie d’échange dans une bataille qui se joue au-dessus de leurs têtes.

     

    Les parents sont aussi révoltés : « Je ne peux accepter qu’un syndicat, organisation progressiste à l’origine, puisse se retrancher dans un autocratisme indigne qui fait fi de la volonté d’une portion de ses membres, les enseignantes de Rose-des-Vents », indique Diane Gendron, mère d’une élève de quatrième année.

     

    Ce blocage sème l’émoi à l’école Rose-des-Vents, parce que les classes à trois niveaux sont à la base même du projet.

     

    Ce type de classe favorise la réussite des petits et des grands, selon les enseignants et les parents. En fréquentant la même classe, les plus jeunes apprennent des plus vieux. Les enseignants gardent le même groupe durant trois années, ce qui crée des liens et établit la confiance.

     

    Ententes

     

    L’Alliance ne fait qu’appliquer à la lettre la convention collective : les classes multiâges se limitent aux élèves de deux niveaux, à moins d’une entente entre le syndicat et la commission scolaire. Les commissions scolaires voisines de la CSDM, Marguerite-Bourgeoys et de la Pointe-de-l’Île, ont pourtant des ententes qui ouvrent la porte à des classes à trois niveaux dans les écoles alternatives Nouvelle-Querbes, Jonathan et Albatros.

     

    « Le 10 avril, l’Alliance nous a clairement dit non, mais on reste disponibles si le syndicat veut entériner quelque chose au niveau de la dérogation », dit Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.













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