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    Objectif: éducation sexuelle obligatoire en 2018

    Le ministre Proulx s’engage à améliorer la formation des enseignants et l’accès au matériel pédagogique

    Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, prévoit d’accélérer la mise en place de projets-pilotes dès la prochaine rentrée scolaire.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, prévoit d’accélérer la mise en place de projets-pilotes dès la prochaine rentrée scolaire.

    Le ministre Sébastien Proulx compte tout mettre en oeuvre pour implanter l’éducation sexuelle dans l’ensemble des écoles primaires et secondaires du Québec en septembre 2018.

     

    D’ici là, il prévoit d’accélérer la mise en place de projets-pilotes dans les écoles dès la prochaine rentrée scolaire. Des sources indiquent que la volonté du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) est de créer un projet-pilote par commission scolaire à l’automne 2017, mais le ministre refuse de s’avancer aussi clairement.

     

    « Ce qu’on veut, c’est être capables de passer à la vitesse grand V pour l’implantation, a dit le ministre Proulx à des journalistes, mercredi, en marge des travaux de l’Assemblée nationale. J’anticipe déjà que dès l’an prochain, pas en septembre 2017 mais dès l’an prochain, on pourra penser à aller beaucoup plus loin, voire à rendre obligatoire [l’éducation à la sexualité]. »

     

    Chose certaine, le ministre de l’Éducation entend s’assurer que toutes les écoles désireuses d’offrir le projet-pilote d’enseignement de la sexualité ont accès au matériel pédagogique du MEES et peuvent former leurs enseignants. Le bilan de la première année du projet-pilote (2015-2016), dévoilé mardi dans Le Devoir, a ciblé des lacunes dans la formation et dans la livraison des canevas pédagogiques.

     

    Le matériel et la formation sont jugés de bonne qualité, mais peu accessibles. Résultat : des enseignants et d’autres professionnels (psychologues, infirmières, etc.) chargés de donner les enseignements en éducation à la sexualité sont mal à l’aise. C’est délicat, faire l’éducation sexuelle d’enfants du primaire ou du secondaire. Surtout quand il est question d’agressions sexuelles, d’infections transmises sexuellement ou de grossesse non désirée.

     

    Des moyens, s’il vous plaît

     

    « Le constat est sans équivoque. Les besoins sont criants et les interventions selon les meilleures pratiques que promeuvent les sexologues sont nécessaires afin de réussir à freiner certains phénomènes sexuels et relationnels observés tels que la discrimination, l’intimidation et les diverses formes de violence », indique un groupe de sexologues dans une lettre transmise au Devoir.

     

    Les cinq signataires, membres du Comité sur l’éducation à la sexualité en milieu scolaire de l’Association des sexologues du Québec, invitent le ministère de l’Éducation à faire appel à leurs compétences.

     

    « L’éducation à la sexualité fait l’objet d’un consensus au Québec. Donnons-nous les moyens de la faire, on en a besoin », ajoute Magaly Pirotte, chercheuse indépendante et bénévole pour la Fédération du Québec pour la planification des naissances.

     

    Elle invite le gouvernement à faire preuve de plus de transparence : elle se demande pourquoi le bilan de la première année du projet-pilote d’éducation sexuelle, rendu public par Le Devoir, est classé « confidentiel ».

     

    Les syndicats de l’enseignement s’étonnent eux aussi de « l’opacité » du MEES. « Le ministre et le ministère doivent préciser clairement leurs attentes et leurs objectifs. Ça fait des années qu’on piétine, même si l’éducation à la sexualité est une réelle priorité », dit Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE).

     

    La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) considère que l’éducation sexuelle devrait être un véritable cours et non un simple « apprentissage », et que les enseignants devraient être formés en conséquence.













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