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    L’Université de Montréal amasse 581 millions avec la campagne Campus Montréal

    13 avril 2017 |Jessica Nadeau | Éducation
    Sur les 581 millions recueillis à l'Université de Montréal, environ 25 millions proviennent des étudiants et du personnel.
    Photo: François Pesant Archives Le Devoir Sur les 581 millions recueillis à l'Université de Montréal, environ 25 millions proviennent des étudiants et du personnel.

    L’Université de Montréal a récolté plus de 580 millions de dollars grâce à « la plus ambitieuse campagne de financement jamais menée dans le monde universitaire francophone ». La philanthropie, mode de financement largement répandu chez les anglophones, gagne désormais les universités québécoises.

     

    « On est en train de changer de culture, constate John Parisella, qui a mené la campagne Campus Montréal pour le compte de l’Université de Montréal, de Polytechnique et de HEC. Le financement des universités grâce à la philanthropie, c’est assurément plus anglo-saxon comme tradition, mais ça devient de plus en plus une marque de commerce dans le milieu francophone également. »

     

    Selon le maître d’œuvre de la collecte de fonds, dont les résultats ont été dévoilés devant plus d’une centaine d’invités à la Caisse de dépôt et placement jeudi matin, la philanthropie est devenue « incontournable pour être en mesure de concurrencer les plus grandes universités au monde ».

     

    Le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, abonde dans ce sens. En entrevue au Devoir, il donne l’exemple de Harvard, l’une des universités les plus réputées au monde, qui réussit à aller chercher des centaines de millions de dollars chaque année grâce à la philanthropie. L’Université de Montréal s’inscrit désormais « dans cette tradition-là », affirme-t-il.

     

    « C’est assurément plus anglo-saxon comme façon de faire, reconnaît-il. Les Latins suivaient davantage le modèle de l’État pourvoyeur. Mais on n’est plus à cette époque-là. Même en Europe, les universités commencent à dégager ce type d’appuis, qui permet d’aller plus loin. »

     

    Du « bonbon »

     

    Bien que le recteur confirme « avoir été très malmené ces dernières années » par les compressions gouvernementales, il répète que la campagne de financement ne sert pas les mêmes objectifs. « Ça ne sert pas à payer le salaire des employés sur une base régulière ; ça, c’est le gouvernement et les droits de scolarité qui servent à ça. La philanthropie, c’est pour des projets spéciaux, des bourses d’excellence pour les étudiants, des chaires de recherche, de nouveaux milieux de vie, etc. C’est du bonbon pour les étudiants et la société en général. »

     

    Très fier du travail accompli par l’équipe de Campus Montréal, qui permettra d’aller recruter les meilleurs talents et chercheurs, le recteur Guy Breton précise que, sur les 581 millions recueillis ces dernières années, environ 25 millions proviennent des étudiants et du personnel des trois établissements. « C’est la preuve que les gens à l’interne y croient vraiment, ils relèvent leurs manches, se réjouit le recteur. C’est un exemple du dicton “Aide-toi et le ciel t’aidera”. »

     

    Il souligne également qu’à la différence des États-Unis, où ce sont majoritairement des individus qui contribuent à de telles campagnes de financement, au Québec, on compte encore beaucoup sur les entreprises. « Il faut faire migrer ça », se donne-t-il comme défi.

     

    Engagement de l’État

     

    Mais en démontrant de façon aussi efficace qu’elles sont capables d’aller chercher d’aussi grandes sommes d’argent, les universités n’envoient-elles pas un message que le gouvernement n’a plus besoin d’investir autant ? « Non, au contraire, répond le recteur. Ça devient un levier. Prenons le projet de construction à Outremont : ça nous permet d’aller voir le gouvernement et de dire: “On a fait une collecte de fonds, faites votre bout et on va faire le nôtre.” Donc, non seulement ça ne les soustrait pas [à leurs obligations] de devoir nous aider, mais ça les met dans une position un peu délicate pour refuser. »

     

    Questionnée par Le Devoir pour savoir si cette annonce venait soulager le gouvernement d’un certain fardeau, la ministre de l’Éducation supérieure et ancienne vice-rectrice de l’Université de Montréal, Hélène David, a répondu par un non catégorique. « Que la philanthropie soit au rendez-vous, ça n’enlève rien à l’engagement de l’État pour ses collèges et ses universités. Quand on réinvestit plus de 2 milliards de dollars sur cinq ans pour la recherche et le fonctionnement des cégeps et des universités [annoncés dans le cadre du dernier budget à Québec], c’est un signal extrêmement fort. »

     

    Si les universités québécoises se tournent désormais vers la philanthropie, ce n’est pas parce que le gouvernement n’investit pas assez dans ses établissements du savoir, mais parce que « c’est partout comme ça », ajoute la ministre.

     

    « Toutes les universités en Amérique du Nord ont des campagnes philanthropiques. C’est la culture de redonner. On reçoit beaucoup au Québec, mais il faut apprendre à redonner, et je pense que cette culture-là est en train de s’installer de plus en plus dans le milieu francophone. »













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