Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    L’éducation sexuelle sera implantée par étapes

    Le ministre Proulx renonce à étendre le programme à toutes les écoles dès la prochaine rentrée

    Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx

    Le ministre Sébastien Proulx renonce à implanter les cours d’éducation à la vie sexuelle dans toutes les écoles primaires et secondaires dès la rentrée scolaire de l’automne prochain.

     

    Devant les craintes pour la formation des enseignants et pour la disponibilité du matériel pédagogique, le ministre se donne du temps avant d’étendre l’éducation sexuelle à l’ensemble du réseau. Il compte tout de même augmenter le nombre de classes qui offriront les « contenus » en éducation à la sexualité en septembre prochain.

     

    « On souhaite davantage de classes dès l’automne. Il n’y aura pas une implantation obligatoire des contenus pour l’ensemble des élèves en septembre prochain. On a une quinzaine d’écoles [qui participent à des projets-pilotes], on ne peut pas passer à des milliers d’un coup. Par contre, il y aura des propositions pour accélérer l’implantation, pour que rapidement les contenus soient obligatoires pour l’ensemble des élèves », a dit le ministre de l’Éducation au Devoir, en marge des travaux de l’Assemblée nationale.

     

    M. Proulx se rallie à l’opinion de membres d’un comité consultatif sur l’éducation à la sexualité — notamment des directions d’école et des syndicats d’enseignants —, qui jugent prématurée l’implantation de ces apprentissages dans toutes les écoles dès la rentrée de l’automne 2017. Ce comité doit se réunir la semaine prochaine pour prendre connaissance du bilan de la première année des projets-pilotes (l’année 2015-2016) qui prennent place dans une quinzaine d’écoles.

     

    Les enseignants sont formés et le matériel pédagogique est prêt dans ces quinze écoles, insiste le ministre Proulx. L’implantation progressive de l’éducation à la sexualité permettra à toutes les écoles de désigner des professeurs et d’autres professionnels pour enseigner ces capsules aux élèves.

     

    Il s’agit de « capsules », « d’apprentissages » et non d’un cours en bonne et due forme : la formation en éducation à la sexualité doit se faire durant tout le parcours scolaire, à différents moments à déterminer, et non durant une case horaire. Le ministère de l’Éducation prévoit cinq heures de formation par année au primaire, et jusqu’à quinze heures au secondaire. Comme ce n’est pas un cours, les élèves ne seront pas notés en éducation sexuelle.

     

    Urgence d’agir

     

    Le temps presse, ont souligné les partis d’opposition et la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ). « Oui, il se peut que toutes les conditions gagnantes ne soient pas réunies pour la mise en place parfaite et généralisée à l’automne. Mais si on attend les conditions parfaites, nous allons attendre longtemps ! On doit pouvoir avancer, le statu quo n’étant pas une option », a indiqué Corinne Payne, présidente de la FCPQ, dans une lettre au Devoir.

     

    « Les parents du Québec sont convaincus qu’un enseignement fait par un pédagogue est, et de loin, plus pertinent que toute “l’information” propagée sur Internet. Ne voit-on pas, dans les dernières années, une recrudescence des ITSS, des comportements sexuels à risques et de la violence sexuelle chez les jeunes ? Que penser, également, de l’intimidation et de la violence relativement à l’expression d’une sexualité différente ? », poursuit la lettre.

     

    Le Parti québécois et Québec solidaire ont aussi pressé le ministre Sébastien Proulx d’agir rapidement. Le comité consultatif ne s’est pas réuni dans la dernière année, a souligné le député péquiste Alexandre Cloutier.

     

    « Le gouvernement doit investir pour implanter rapidement l’éducation à la sexualité, a réagi la députée solidaire Manon Massé. Il y a des gens qui sont formés pour donner cette formation aux élèves et qui s’appellent des sexologues. Il y a aussi des groupes communautaires qui ont une expertise depuis des décennies. Ils peuvent aller dans les écoles. »













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.