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    Accommodements à l’école et en milieu de travail

    Quels sont les recours?

    25 février 2017 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Éducation
    L’essentiel des requêtes reçues par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse concerne des motifs de handicap.
    Photo: iStock L’essentiel des requêtes reçues par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse concerne des motifs de handicap.
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) s’emploie activement à faire valoir que les accommodements raisonnables sont à l’avantage de tous.

     

    « Il y a beaucoup de préjugés quant aux différents types de handicaps, et c’est ce qu’on essaie de déconstruire par la formation et la sensibilisation que nous faisons dans le milieu scolaire et le monde du travail, explique Johanne Magloire, agente d’éducation-coopération à la CDPDJ. Il nous faut justement chercher à éliminer les préjugés. »

     

    Créée en 1976, la Commission a de nombreuses missions, dont celle d’assurer la promotion et le respect des droits énoncés dans la Charte des droits et libertés de la personne.

     

    « Notre rôle, comme agent d’éducation, c’est d’intervenir dans les différents milieux pour donner de l’information, précise Mme Magloire. Nous faisons de la sensibilisation concernant les différents motifs de discrimination définis par l’article 10 de la Charte des droits et libertés. On parle alors d’accommodements raisonnables. »

     

    Mais qui dit accommodements raisonnables pense immédiatement à des demandes liées aux pratiques et croyances religieuses, confirme Mme Magloire. Pourtant, précise-t-elle, l’essentiel des requêtes que reçoit la Commission à cet égard est lié à des motifs de handicap. « Il existe 14 motifs de discrimination et pas seulement le religieux », souligne-t-elle.

     

    En effet, la Charte mentionne, comme possibles motifs de discrimination la race, la couleur, le sexe, l’identité ou l’expression de genre, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale et le handicap.

     

    Le but de la Charte, explique Mme Magloire, est de conférer à chacun d’entre nous les mêmes droits à l’égalité. « Il ne s’agit pas de donner à certains un traitement de faveur, dit-elle. Mais toute personne discriminée — en raison de l’un ou l’autre des 14 motifs — a le droit à certains accommodements raisonnables. Et cela ne doit pas être perçu comme un traitement de faveur, mais bien comme la recherche d’égalité pour tous. »

     

    Que chacun ait sa chance

     

    Dans le cadre du 42e congrès de l’Institut des troubles d’apprentissage. Johanne Magloire présentera un atelier intitulé « L’accommodement raisonnable et les troubles d’apprentissage : de l’école au milieu du travail ».

     

    Ce colloque vise à faire comprendre la notion d’accommodement raisonnable en ce qui concerne les besoins des personnes ayant des troubles d’apprentissage, explique-t-on. Il s’agit d’explorer les différents recours pour assurer le respect du droit à l’égalité de ces personnes. Ce colloque traitera de questions telles que : comment s’y retrouver ? Jusqu’où fournir des accommodements ? Quelles sont nos obligations ? Comment aider les différents intervenants dans leur recherche de solutions exemptes de discrimination ?

     

    « Souvent, les gens — les gestionnaires, les collègues de travail, etc. — ne savent pas trop à quoi s’en tenir, surtout par rapport aux personnes en situation de troubles d’apprentissage, constate Mme Magloire. Mais, en fait, vous avez peut-être des collègues autour de vous qui éprouvent des troubles d’apprentissage et vous ne le savez même pas ! »

     

    Johanne Magloire, qui a œuvré auparavant durant dix ans en adaptation scolaire, a notamment observé que les enfants apprennent aisément qu’ils sont tous différents. « Je peux vous dire qu’ils comprennent vite les différences, lorsque c’est bien amené », commente-t-elle.

     

    Elle observe également que le milieu scolaire est « très ouvert » et toujours prêt à collaborer. « Tout le monde veut travailler pour la bonne cause, dit-elle. On veut trouver des solutions… Souvent, celles-ci se trouvent dans l’organisation des services ou dans la façon de penser l’école, on a peut-être à repenser l’organisation des services, suggère-t-elle. Je pense que c’est à ce niveau-là que le travail reste à faire. »

     

    Gare aux préjugés, bons comme mauvais

     

    Dans le monde du travail, c’est la même logique, poursuit Mme Magloire. « On peut y trouver une méconnaissance et des préjugés concernant les troubles d’apprentissage, dit-elle. Il nous faut donc parvenir à déconstruire ces préjugés pour démontrer que les personnes atteintes d’un trouble d’apprentissage pourraient bien être des employés qui vont faire très bien leur travail — au même titre que les autres — si seulement on aménage quelque peu les choses. »

     

    Mme Magloire relate d’ailleurs que, fréquemment, dans des colloques ou lors de rencontres en milieu de travail, on lui rapporte des « histoires à succès ». « J’ai très souvent entendu des employeurs raconter qu’ils ont embauché des personnes en situation de handicap et qu’ils y ont vraiment trouvé leur compte », dit-elle.

     

    Il y a énormément de belles réussites, souligne-t-elle. « Ce peut être des personnes très créatives, selon le type de handicap, dit-elle, et qui, avec des accommodements adéquats — et souvent minimes —, rendent ces individus très productifs pour l’entreprise. Certains deviennent des employés très performants faisant par exemple preuve de grandes capacités de concentration. »

     

    De plus, ils sont souvent si heureux d’avoir un emploi que ce sont des employés très dévoués, note Johanne Magloire. « Toutefois, je ne veux pas non plus tomber dans d’autres préjugés ! » s’empresse-t-elle d’ajouter.

     

    Voilà d’ailleurs pourquoi les représentants de la CDPDJ luttent contre toute forme de préjugé — mauvais comme bons — que l’on peut avoir selon les différents types de handicaps. Il s’agit, tout bonnement, d’employés qui sont performants au même titre que les autres.

     

    « Le problème qu’on a, c’est qu’on s’arrête souvent sur les incapacités des individus plutôt que sur leurs capacités à faire plein de choses, relate Mme Magloire. Il s’agit pour nous tous de voir qu’on a tous quelque chose à apporter sur le marché du travail comme dans la société… tout simplement ! »













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