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    42e congrès de l’Institut des troubles d’apprentissage

    Les troubles d’apprentissage dans le monde d’aujourd’hui

    25 février 2017 | Martine Letarte - Collaboration spéciale | Éducation
    Une journée du congrès se concentrera sur l’enjeu des mathématiques et abordera des stratégies pour les faire aimer aux élèves.
    Photo: iStock Une journée du congrès se concentrera sur l’enjeu des mathématiques et abordera des stratégies pour les faire aimer aux élèves.
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    Environ 75 conférenciers de différentes disciplines et près de 1500 congressistes se retrouveront à Montréal du 22 au 24 mars pour le congrès annuel de l’Institut des troubles d’apprentissage (Institut TA). Plus grand événement du genre en Amérique du Nord, il attire des participants d’aussi loin que l’Europe.

     

    Cette année, le thème du congrès est « Troubles d’apprentissage et défis dans le monde d’aujourd’hui ».

     

    « Le congrès aborde des enjeux qui touchent à l’enfant, mais aussi à l’adulte, parce que les troubles d’apprentissage sont chroniques, c’est-à-dire qu’ils continuent d’être présents chez la personne tout au long de sa vie, et notamment lorsqu’elle s’insère en emploi », explique Alain Desrochers, directeur scientifique du colloque.

    Alors qu’environ une personne sur dix vit avec un trouble d’apprentissage, cela représente environ 800 000 personnes au Québec.

     

    « C’est beaucoup de monde, affirme M. Desrochers. C’est important que ces gens puissent étudier et éviter le décrochage scolaire. »

     

    D’ailleurs, le congrès donnera la parole à Pierre Fortin, économiste de l’ESG UQAM qui s’est beaucoup penché sur l’impact d’un diplôme d’études secondaires sur le taux d’emploi et la rémunération.

     

    Approche inclusive et maternelle 4 ans

     

    Les enseignants sont particulièrement nombreux à assister à cet événement annuel de l’Institut TA : ils représentent généralement au moins la moitié des congressistes.

     

    « On trouve beaucoup de ressources au congrès pour le milieu scolaire puisqu’il est au coeur de plusieurs questions d’actualité liées aux troubles d’apprentissage », indique Alain Desrochers, également professeur à l’Université d’Ottawa et directeur du Groupe de recherche sur l’apprentissage de la lecture.

     

    Par exemple, récemment, la Commission scolaire de Montréal faisait les manchettes avec l’adoption de mesures pour intégrer davantage d’élèves avec des difficultés d’apprentissage dans ses classes ordinaires.

     

    Le congrès propose justement cette année une journée de symposium sur la gestion de classe dans une approche inclusive.

     

    Puis, le Québec s’est lancé dans l’implantation des maternelles 4 ans à temps plein en milieu défavorisé, le congrès présente aussi une journée sur le sujet.

     

    « On présentera les meilleures façons de faire pour implanter les maternelles 4 ans en milieu défavorisé afin qu’elles soient un succès », explique Alain Desrochers.

     

    Dépistage précoce et mathématiques

     

    Alors qu’on commence à constater l’ampleur de la population touchée par les troubles d’apprentissage, il est de plus en plus question de prévention.

     

    Un symposium portera sur le dépistage précoce des élèves à risque de difficultés d’apprentissage et l’intervention préventive.

     

    Une autre journée se concentrera sur l’enjeu des mathématiques.

     

    « Plusieurs élèves détestent les mathématiques et, avec ce faible niveau de motivation, bien des enseignants ont de la difficulté à les faire travailler, explique le directeur scientifique du congrès. Pour éviter qu’une grande partie de la classe se retrouve avec des besoins d’intervention en orthopédagogie, on parlera de stratégies pour faire aimer les mathématiques aux élèves pour ensuite pouvoir hausser le niveau. »

     

    Le congrès propose aussi un symposium pour donner un coup de pouce aux écoles et commissions scolaires qui sont en train d’implanter le modèle d’intervention en lecture-écriture.

     

    « Ce modèle permet de faire du dépistage précoce de troubles d’apprentissage, et on souhaite aider les commissions scolaires à mettre en oeuvre les procédés d’évaluation », précise M. Desrochers.

     

    La communauté anglophone à l’honneur

     

    Fondé par des parents d’enfants ayant des troubles d’apprentissage, dont plusieurs appartenaient à la communauté anglophone, l’Institut TA a organisé récemment moins d’activités en anglais. C’est du passé.

     

    Plusieurs éléments de la programmation du congrès cette année touchent des thèmes importants pour la communauté anglophone et se déroulent dans la langue de Shakespeare.

     

    Par exemple, un symposium se déroulera sur les troubles d’apprentissage dans les classes d’immersion française.

     

    « Les commissions scolaires anglophones nous ont demandé d’organiser un symposium sur le sujet puisqu’elles voient maintenant des élèves avec des difficultés d’apprentissage qui souhaitent intégrer des classes d’immersion française, et que c’est un phénomène complexe à gérer », explique M. Desrochers.

     

    De plus, Linda Siegel, professeure émérite de l’Université de la Colombie-Britannique spécialisée en troubles d’apprentissage en lecture viendra présenter un système pour les détecter.

     

    Main tendue aux communautés autochtones

     

    Cette année, le congrès de l’Institut TA tend aussi la main aux communautés autochtones. Il sera question notamment d’intégration d’élèves autochtones dans les écoles et d’intervention auprès d’eux.

     

    « On souhaite discuter des moyens pour réduire le risque d’échec et de décrochage scolaire chez les élèves autochtones, indique M. Desrochers. On s’adresse aussi aux jeunes enseignants et professionnels qui partent dans le Nord oeuvrer dans des communautés autochtones pour qu’ils soient mieux conscients des défis qui les attendent et sensibilisés aux différences culturelles. »

     

    Avec des spécialistes des enjeux autochtones, des experts du milieu de l’éducation, de l’employabilité et de la santé, notamment dans les domaines de l’autisme et de l’anxiété, le Congrès de l’Institut TA mise sur l’interdisciplinarité.

     

    « Par son ampleur et la variété de spécialistes qu’il regroupe, le Congrès annuel de l’Institut TA est vraiment unique, affirme M. Desrochers. D’ailleurs, il n’y a pas d’événement du genre en Europe, et notre congrès attire des conférenciers et des congressistes de la France, de la Belgique et de la Suisse. Les besoins d’aborder ces enjeux sont grands ici comme ailleurs. »













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