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    Réseau scolaire et petite enfance

    Services de garde : premier maillon fort de l’éducation

    11 février 2017 | Marie-Hélène Alarie - Collaboration spéciale | Éducation
    Selon la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot, le véritable danger qui menace le réseau, c’est la fiscalité qui l’entoure, rendant presque plus avantageux pour les parents de fréquenter des garderies commerciales plutôt que des CPE.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Selon la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot, le véritable danger qui menace le réseau, c’est la fiscalité qui l’entoure, rendant presque plus avantageux pour les parents de fréquenter des garderies commerciales plutôt que des CPE.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec, revient sur les 20 ans de la politique familiale et en particulier sur le fait que la petite enfance est le premier maillon fort de l’éducation et que le réseau public doit contribuer à préparer les enfants pour l’école.


    Dans un communiqué diffusé à la veille de son passage à la Commission sur l’éducation à la petite enfance, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des intervenantes en petite enfance (FIPEQ-CSQ) réitéraient que l’égalité des chances devait être au coeur du réseau public de service de garde éducatif à la petite enfance, tant en CPE qu’en milieu familial puisqu’il est le premier maillon fort de l’éducation. Le mémoire de la CSQ déposé devant la Commission sommait le gouvernement de changer de cap et de poser des gestes clairs pour assurer la qualité, l’universalité et l’accessibilité du réseau public.

     

    Louise Chabot rappelle les objectifs majeurs de la politique familiale : « À l’époque, on visait l’objectif de la conciliation famille-travail et tout l’objectif d’un accès universel à nos tout-petits à des services éducatifs à la petite enfance. C’était un changement majeur qui a fait ses preuves avec les années. » Aujourd’hui, le réseau compte 200 000 places, il répond à un réel besoin et atteint ses objectifs. D’abord, le Québec est l’une des provinces où le marché de l’emploi, particulièrement auprès des mères de famille monoparentale, a crû de manière importante. De plus, en matière d’universalité, le réseau public a fait la démonstration de la qualité de ses services. « Il a même été établi par des études économiques que, pour le gouvernement, même si l’investissement est important, il demeure qu’en contrepartie c’est aussi payant puisque chaque dollar injecté dans les services éducatifs à la petite enfance rapporte 1,04 $ », explique la présidente. Et c’est sans compter les effets bénéfiques sur le plan de la prévention. « Quand on pense au développement des tout-petits, c’est un formidable accueil avant le scolaire, parce que c’est ici qu’on peut dépister les besoins particuliers de certains enfants », ajoute-t-elle.

     

    Le financement du système

     

    Louise Chabot s’inquiète au sujet des questions de financement du système. « On observe actuellement certaines dérives, particulièrement sur les plans de la tarification et de la fiscalité, et ce, surtout depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Philippe Couillard », lance-t-elle. On le sait, la tarification n’est plus universelle, c’est maintenant une contribution unique pour les parents, « avec ce qu’on suppose de coûts supplémentaires pour acheminer les enfants vers des services éducatifs à la petite enfance ».

     

    Mais selon la présidente, le véritable danger qui menace le réseau, c’est la fiscalité qui l’entoure, rendant « presque plus avantageux pour les parents de fréquenter des garderies commerciales plutôt que des CPE. On assiste actuellement à un accroissement de 1000 % du nombre de places dans les garderies commerciales… Ce n’est quand même pas rien! »

     

    C’est au nom de la qualité des services que Louise Chabot monte au front. Dans un récent communiqué de presse, elle affirmait « que la fréquentation d’un service de garde éducatif est bénéfique à la condition que ce service soit de qualité». « Comment le gouvernement peut-il justifier le fait qu’il favorise les garderies privées non subventionnées, ajoutait-elle, qui connaissent des lacunes de plus en plus documentées à ce chapitre? »

     

    « Nous souhaitons que le rapport de la Commission envoie un signal d’alarme clair au gouvernement : il faut un changement de cap ! Revenir à l’essence même de la loi, c’est-à-dire l’égalité des chances comme valeur fondamentale sur laquelle peuvent s’appuyer ces services, explique Louise Chabot. Ce qu’on observe, c’est que les enfants, particulièrement en milieu défavorisé, fréquentent moins les services éducatifs et que ce sont alors les maternelles 4 ans qui jouent ce rôle dans ces milieux. On est d’accord, pourvu que ce soit complémentaire et que ça ne se substitue pas aux services éducatifs. »

     

    Retour aux sources

     

    « Un grand coup de barre, donc, à donner de la part du gouvernement », lance Louise Chabot. Elle affirme que, dans ce gouvernement qui parle d’éducation et de réinvestissement, et où le premier ministre lui-même vante les mérites des services éducatifs à la petite enfance pour l’égalité des chances, il est temps que le ministre de l’Éducation, qui est aussi le ministre de la Famille, fasse preuve de cohésion et de constance. « On ne peut pas continuer à privatiser notre réseau de services éducatifs à la petite enfance — parce que c’est ce qui devient la réalité, on en témoigne partout — et en même temps parler d’une politique nationale de réussite éducative. Les deux vont de pair. Le gouvernement prétend offrir le choix aux parents entre les garderies commerciales et le réseau de services éducatifs. Mais c’est un faux choix qui est purement économique. Ce n’est pas un choix de qualité pour les enfants. »

     

    La journée même de notre entrevue, Louise Chabot rencontrait le ministre des Finances, Carlos Leitão, dans le cadre des consultations prébudgétaires. Elle avait pour lui un message fort : « Il faut que dans le prochain budget on rehausse le taux de croissance des dépenses dans le réseau, qu’on mette fin aux compressions et qu’on revienne à une contribution universelle et réduite pour les parents. »

     

    Les rumeurs circulent actuellement au sujet d’un réinvestissement important en santé, en éducation et en développement économique. Ce à quoi Louise Chabot répond : « Soit ! Mais parler de développement économique et d’éducation ne peut pas se faire sans un retour aux sources du pourquoi de la mise en place, il y a 20 ans, de cette politique familiale. On n’a pas les moyens ni de baisser la garde ni de baisser les bras et on va continuer à se mobiliser avec les principaux partenaires… »













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