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    20 ans après la politique familiale

    L’égalité des chances n’est pas encore au rendez-vous

    11 février 2017 | Réginald Harvey - Collaboration spéciale | Éducation
    Louis Senécal, président-directeur général de l’Association des CPE, rappelle les deux grands principes fondateurs du réseau des centres de la petite enfance : la conciliation travail-famille et l’égalité des chances pour tous les enfants.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Louis Senécal, président-directeur général de l’Association des CPE, rappelle les deux grands principes fondateurs du réseau des centres de la petite enfance : la conciliation travail-famille et l’égalité des chances pour tous les enfants.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Il y a 20 ans, le gouvernement de Pauline Marois adoptait la politique familiale qui mènera à la création du réseau actuel des centres de la petite enfance. Les deux grands principes fondateurs de ce réseau : la conciliation travail-famille et l’égalité des chances pour tous les enfants. S’il y a unanimité au Québec relativement à l’atteinte du premier objectif, ce n’est pas encore gagné pour ce qui est du second, estime Louis Senécal, président-directeur général de l’Association québécoise des CPE. « C’est mission accomplie pour cette partie-là. Mais 20 ans plus tard, pour ce qui est de l’égalité des chances, nous, on dit : “Attention, on n’est pas rendus là !” »


    L’automne dernier, l’Association québécoise des CPE a pris l’initiative de mettre sur pied la Commission sur l’éducation à la petite enfance. C’est l’Institut du Nouveau Monde (INM) qui s’est vu confier le secrétariat et qui gère les opérations de cette commission, dont le rapport définitif sera présenté le 20 février. Il pourrait contenir des éléments structurants qui serviront de pierre d’assise dans l’élaboration de la prochaine politique familiale.

     

    Louis Senécal relate de quelle manière la Commission a été mise sur pied : « On disait au gouvernement, en 2015, que le temps était venu de tenir une commission où tout le monde serait réuni et serait en mesure de faire valoir son point de vue sur les services à la petite enfance. » Devant l’inaction gouvernementale qui a suivi, « on s’est dit que ce dernier n’avait pas le monopole des grands rendez-vous et qu’on allait entreprendre ce travail-là ».

     

    Par souci d’objectivité, l’Association recourt alors aux services de l’Institut du Nouveau Monde, qui devient maître d’oeuvre des opérations. « On était ceux qui lançaient l’exercice, mais les activités étaient confiées à cet organisme et devenaient totalement autonomes. De la sorte, on voulait qu’au terme de ces travaux d’envergure, il puisse émerger des conclusions encore plus fortes que celles en provenance de ceux qui défendent diverses idées. » En décembre 2016, l’Assemblée nationale adoptait une résolution unanime reconnaissant les travaux de la Commission, dont elle endossait la démarche.

     

    Qualité, accessibilité et universalité

     

    L’Institut du Nouveau Monde a combiné plusieurs modalités de participation pour rejoindre différents publics aux fins de dresser le bilan des services éducatifs à l’enfance offerts à travers la province et de déterminer les correctifs à apporter, le cas échéant. Elle a de plus recueilli les témoignages émanant des experts, des groupes et des organismes, des parents et des citoyens, qui étaient directement ou indirectement concernés par ces services.

     

    Quatre enjeux majeurs ont été abordés par la Commission : la qualité, l’accessibilité, l’universalité et la gouvernance des services à la petite enfance. En bref, 14 villes ont été visitées et 23 experts ont été entendus, 135 groupes ou organismes ont été rencontrés durant les audiences régionales et nationales, 416 participants ont assisté aux forums citoyens, on a recensé 1004 répondants à un sondage grand public, 5009 répondants au sondage destiné aux parents et 167 mémoires et commentaires ont été reçus.

     

    De très nombreux points de vue sont ressortis de l’une ou l’autre des tribunes mises à la disposition des intervenants venus de plusieurs horizons. Des grands enjeux qui étaient en cause, quels sont ceux qui sont ressortis davantage durant toutes ces consultations ? Louis Senécal apporte cette réponse : « Pour nous, le plus important, c’est celui de la qualité des services. Si on a été très absorbés par la question de la croissance du nombre de places pendant toute l’évolution de ce réseau, différents types de services ont été développés simultanément ; ils n’offrent pas les mêmes standards de qualité, le même impact pour optimiser le développement des enfants. »

     

    Il cite une donnée de l’Institut de la statistique du Québec particulièrement révélatrice à ce sujet. « Une étude approfondie menée dans plusieurs milieux entre 2003 et 2014, intitulée Grandir en qualité, démontre que les garderies qu’on dit non subventionnées, mais qui coûtent à peu près un demi-milliard par année en crédits d’impôt, fournissent des places de qualité qui ont été jugées bonnes ou excellentes à raison de 10 à 15 % ; les places en CPE l’ont été à hauteur de 45 %. »

     

    L’Association espère maintenant entendre, à la suite du rapport que les commissaires vont déposer, la résultante des propos exprimés par les experts. « La majorité a établi que le critère de la qualité a un impact majeur sur le développement de l’enfant, ce qui devrait être valorisé par le gouvernement. »

     

    Sommet sur la politique familiale

     

    L’Association québécoise des CPE tiendra un sommet sur la politique familiale les 4 et 5 mai prochains, au cours duquel les grands leaders nationaux de la société civile seront réunis. Ils profiteront de celui-ci pour dresser un bilan des 20 ans d’existence de la politique actuelle et pour se pencher sur les conclusions du rapport de la Commission.

     

    Louis Senécal, président-directeur général de l’Association, explique le but de cette rencontre élargie. « On va regarder les questions traitées dans ce document, dont on va essayer de tirer des consensus. Par la suite, on sera en mesure de livrer des recommandations consensuelles au gouvernement, mais aussi à tous les partis politiques, qui vont se retrouver à l’avant-veille d’un échéancier électoral. » Ils en seront à l’heure d’élaborer des plateformes et « on croit qu’ils vont se montrer sensibles à ces recommandations-là ».

     

    Rappelons que l’Association québécoise des centres de la petite enfance représente la majorité des CPE au Québec et des bureaux coordonnateurs (160 au Québec) qui encadrent la garde en milieu familial, soit 180 000 des 250 000 enfants qui fréquentent des services de garde.













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