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    L’importance de tisser des liens

    15 octobre 2016 | Pierre Vallée - Collaboration spéciale | Éducation
    HEC Montréal a mis en place une dizaine de pôles de transfert bidirectionnel de connaissances dans autant de domaines.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir HEC Montréal a mis en place une dizaine de pôles de transfert bidirectionnel de connaissances dans autant de domaines.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial. 
     

    Les universités ne sont plus des tours d’ivoire, et les travaux des professeurs et des chercheurs ne sont plus réservés qu’à un cercle d’initiés. Aujourd’hui, toutes les universités cherchent à tisser des liens avec les autres acteurs de la société.

     

    « Les universités, qui sont des productrices de connaissances, ont maintenant des activités de transfert afin que les connaissances qu’elles produisent puissent se rendre aux métiers de pratique », explique Réal Jacob, professeur titulaire au Département d’entrepreneuriat et innovation à HEC Montréal.

     

    En cela, les universités ont donc un rôle économique à jouer. Mais comment le jouent-elles ? « Encore aujourd’hui, les activités de transfert des universités sont trop souvent unidirectionnelles. Par exemple, un professeur publie les résultats de sa recherche dans une revue et cherche ensuite à rendre sa recherche disponible au plus grand nombre en espérant que ceux qui pourraient s’en servir y auront accès. De l’autre côté, une organisation a besoin des connaissances d’un universitaire et va alors frapper à la porte d’un département en espérant qu’un professeur acceptera de répondre à sa demande. Dans le premier cas, l’accès à la recherche n’est pas toujours évident. Dans le second cas, un professeur n’est pas toujours disponible. On voit donc qu’il y a là une lacune. Et dans les deux cas, le transfert de connaissances est toujours unidirectionnel. »

     

    Créer un nouvel écosystème

     

    Il y a de cela quelques années, HEC Montréal a confié à Réal Jacob le mandat d’organiser la valorisation et le transfert de connaissances. « Le mandat était assez large, parce qu’il touchait l’ensemble des connaissances de tous les secteurs de HEC Montréal. » Réal Jacob en a donc profité pour repenser la structure d’un centre de transfert universitaire. « D’un côté, on trouve l’expertise, grâce aux connaissances et aux recherches des professeurs, mais de l’autre côté, l’on trouve les compétences et les savoirs tacites de l’organisation avec laquelle l’université collabore. Il m’est apparu évident qu’il devait y avoir un va-et-vient constant entre ces deux aspects du partenariat, de sorte que l’un et l’autre puissent s’influencer. Il fallait donc que le centre de transfert soit bidirectionnel. Et pour ce faire, il fallait d’abord construire un lien de confiance. »

     

    Ce lien de confiance ne pouvait se construire sans que le centre de transfert soit en mesure de produire des retombées réelles et profitables pour tous les partenaires. Réal Jacob a recensé quatre sortes de retombées. « La première, c’est la possibilité de réseautage. Par exemple, on peut organiser des événements sociaux, comme un 5 à 7, où les participants se rencontrent, échangent et apprennent à se connaître. » La seconde retombée est qu’il doit y avoir un transfert de connaissances qui mène au développement des capacités de l’organisation qui collabore avec l’université.

     

    « Dans un troisième temps, il faut que ce transfert des connaissances entre les partenaires ait des retombées sur la recherche. Une organisation qui a collaboré avec un professeur est plus encline à collaborer à nouveau. Ce professeur ou un autre peuvent alors proposer une nouvelle intervention à cette organisation. Cette façon de procéder est très intéressante pour les professeurs et les chercheurs, puisque cela leur ouvre de nouveaux champs et lieux de recherche. » La quatrième retombée concerne l’enseignement. « D’une part, l’organisation qui a collaboré peut aller témoigner en classe du transfert de connaissances et de l’impact que cela a eu chez elle. D’autre part, l’intervention du professeur peut amener l’université à modifier son enseignement afin de tenir compte d’éléments qu’elle ne connaissait pas auparavant et qui ont été révélés grâce au transfert de connaissances bidirectionnel. »

     

    Lorsqu’il y a transfert de connaissances d’une université à une organisation, il y a forcément l’absorption de ces nouvelles connaissances. « Les grandes organisations disposent des ressources nécessaires à l’absorption des connaissances, mais ce n’est pas toujours le cas pour les plus petites organisations. Le modèle de transfert bidirectionnel peut aider à régler ce problème, car les étudiants y participent. On peut donc organiser un stage dans l’organisation pour des étudiants à la maîtrise ou au doctorat dont le mandat sera de faciliter l’absorption des connaissances. De plus, cela permet aux étudiants de se faire valoir auprès d’employeurs potentiels. »

     

    Plusieurs joueurs, un seul secteur

     

    L’approche préconisée par Réal Jacob pour la création d’un pôle de transfert bidirectionnel est celle de la multidisciplinarité. « Les chercheurs, professeurs et étudiants qui participent au pôle de transfert peuvent provenir de tous les départements d’une université. » Idem pour les participants externes. « Les participants externes peuvent être des organisations, des institutions, des entreprises, petites et grandes, et même des organismes sans but lucratif. »

     

    Le dénominateur commun est le secteur d’activité. « Chaque pôle de transfert doit avoir un secteur d’activité bien défini. Par exemple, la santé. Alors, peu importe qui sont les participants, individus ou organisations, peu importe les disciplines et les provenances, une chose est assurée, ce sont tous des passionnés du secteur de la santé. Et cette passion pour un domaine en particulier est l’un des facteurs de réussite. »

     

    HEC Montréal a mis en place une dizaine de pôles de transfert bidirectionnel de connaissances dans autant de domaines. « Certains de ces pôles de transfert peuvent regrouper jusqu’à 200 personnes provenant de plusieurs organisations. Un ou deux professeurs ont alors le mandat de gérer la logistique du pôle de transfert. »

     

    Et lorsque toutes les conditions mentionnées ci-dessus sont réunies, « nous avons un pôle de transfert de connaissances université-organisation de type gagnant-gagnant ».













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