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    Université deMontréal

    L’évidence francophone

    15 octobre 2016 | Jean-Benoît Nadeau - Collaboration spéciale | Éducation
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial. 
     

    C’est le Bureau de valorisation de la langue française et de la Francophonie (BVLFF) de l’Université de Montréal qui organise conjointement avec l’AUF le colloque sur le « rôle des universités francophones dans le développement économique », qui se tiendra à l’Université de Montréal les 18 et 19 octobre prochains.

     

    Ce Bureau de valorisation, c’est un peu le bébé de Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal. « J’étais agacé d’entendre dire que nous étions une grande université “malgré” le fait d’être francophone. Ça venait me chatouiller, le “malgré”. Je voulais transformer le “malgré” en “grâce”. Plutôt que d’adopter une position de défense, je voulais que nous visions la promotion. » Il se met donc au travail avec la vice-rectrice Hélène David (maintenant ministre responsable de l’enseignement supérieur) et la directrice du Département de linguistique et traduction, Monique Cormier, maintenant vice-rectrice associée. « On s’est demandé : “Comment fait-on pour que cet élément de notre ADN devienne un atout, un élément constitutif et positif qui nous démarque des autres ?” » La réponse était toute simple, en fait.

     

    Double mandat

     

    Depuis sa création, en 2014, le Bureau, dirigé par Monique Cormier, poursuit un double mandat. D’une part, il gère la politique linguistique de l’université et propose une série d’outils de formation et de correction au personnel et aux étudiants. Mais il voit également à organiser des activités d’animation et de promotion, à l’interne, et de plus en plus à l’externe, notamment à travers des colloques, des tables rondes et même des forums : « La Francophonie face aux mutations du monde », en février 2015, et « La Francophonie économique : utopie ou réalité », qui sera très couru et diffusé en direct sur le Web.

     

    À la rentrée de septembre 2016, le BVLFF a lancé une grande campagne de valorisation de la langue française, qui comprend de nombreuses activités et des affiches. « On a beau dire que la langue française est une évidence chez nous, elle n’était pas incarnée dans des actions, des positions et des politiques. Là, on est en train d’incarner ça. Il va y avoir quelque chose de distinctif ici qui n’existe pas ailleurs. »

     

    En fait, la création de ce bureau s’inscrit dans une stratégie ambitieuse, qui vise à positionner l’Université de Montréal comme la « première université généraliste francophone » dans le monde. « On est premier : en matière de disciplines offertes, de reconnaissance, de citations, de rang dans les classements internationaux. C’est un autre secret bien gardé. On peut en être fier », dit Guy Breton.

     

    L’UdeM en Madagascar

     

    C’est d’ailleurs pourquoi l’Université de Montréal posera le geste, un peu inhabituel pour une université, d’envoyer une équipe du BVLFF à Madagascar lors du Sommet de la Francophonie. « Pour que les francophones sachent que l’Université de Montréal conduit des activités scientifiques de haut niveau dans tous les domaines. En relations industrielles, nous sommes reconnus parmi les dix meilleurs établissements de la planète. Nous avons des solutions à proposer. »

     

    Guy Breton se moque bien de l’anglophilie affichée des universités et grandes écoles françaises. Elle le sert, plutôt. « Il y a quelques années, les recteurs étaient tous ici à Montréal, et je leur ai dit : “Messieurs [parce qu’il n’y a que des hommes], continuez comme ça et je vais rester la seule grande université francophone. Ça nous laisse le champ libre sur le marché.” »

     

    Le Bureau de valorisation a donc pour mandat d’entretenir l’élément le plus distinctif de l’Université de Montréal dans le vaste marché des étudiants internationaux qui choisissent une université en fonction du pays et de la langue. « Au Brésil, en Chine, il y a des étudiants qui veulent étudier en français parce que c’est en français. Pas juste parce qu’ils veulent venir à Montréal. Si vous considérez les grands employeurs internationaux, le français est quand même une langue qui a beaucoup de valeur sur le marché quant aux langues. »

     

    Lors de la dernière assemblée générale quadriennale de l’AUF, au Brésil, en 2013, Guy Breton a été surpris d’apprendre que le Québec est le troisième choix des étudiants brésiliens, après les États-Unis et la France. « On a la vertu d’être des Américains francophones. C’est une force pour nous. Je veux que l’Université de Montréal la vende, cette force-là. L’Amérique francophone, c’est nous, et nous allons en faire la promotion. »

     

    En ce qui concerne le prochain colloque sur le rôle économique des universités, Guy Breton est convaincu que les universités ont beaucoup à apporter, tant par la réflexion que par l’action. « Je suis médecin, et ce colloque ne doit pas se borner à poser un diagnostic. Il doit proposer aussi le traitement. »

     

    « Dans 20 ans, l’Afrique sera la partie du globe où il y aura le plus de croissance et de développement. C’est là où il y aura le plus d’occasions et de besoins. Nous avons toutes les expertises pour soutenir la sphère économique francophone. »

     

    Selon Guy Breton, la priorité des priorités de la francophonie économique devrait être la mobilité — celle des personnes, certes, mais surtout celle des idées. « La priorité doit être selon moi la mobilité des bonnes idées, quelle que soit leur origine. Il faut qu’on fasse évoluer les meilleures pratiques, qu’on les partage, qu’on les diffuse, qu’on les adapte. »

     

    Bref, l’enjeu de communication sera central dans les prochaines années. « Les francophones ne sont pas juste “différents”. Nous avons une valeur ajoutée, par la langue, par notre façon de penser, d’aborder les problèmes. C’est à nous d’occuper notre espace. »













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