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Université Laval - Grève générale des chargés de cours

Les négociations sont difficiles dans plusieurs autres universités

Marie-Andrée Chouinard   24 février 2004  Éducation
L'amélioration des conditions de travail des chargés de cours crée des remous dans plusieurs universités du Québec, où des négociations difficiles ont donné lieu hier à des mouvements de grève. Particulièrement touchée, l'Université Laval a ainsi entamé la période d'examens avec une grève générale illimitée concernant plus de 30 % de ses cours.

Ils n'ont pas encore discuté affaires financières, mais, déjà, les quelque 1500 chargés de cours en lien d'emploi avec Laval estiment que les négociations avec l'employeur sont au plus mal et que le mandat de grève générale illimitée dont ils disposaient depuis la mi-janvier devait être activé. Depuis hier, ce sont quelque 600 chargés de cours, qui dispensent plus de 30 % des cours à l'université, qui ne se sont pas présentés à leur salle de classe, laissant plusieurs des étudiants prêts à rédiger leur examen sur le carreau.

«C'était pour beaucoup une grosse semaine d'examens», confirme Hélène Bois, vice-présidente aux relations de travail au Syndicat des chargés de cours de l'Université Laval (SCCCUL). «Mais notre fenêtre de sortie pour un véritable rapport de force était mince, l'employeur le savait très bien, et il a étiré le temps.»

Le labeur syndical est d'ailleurs confié depuis plusieurs semaines déjà à une conciliatrice du ministère du Travail, qui doit revoir les deux parties ce matin. Le corps d'emploi revendique notamment de meilleures conditions salariales — la charge de cours est évaluée à 5250 $ contre 6000 $ pour l'Université de Montréal — en plus d'un accès à l'emploi mieux encadré et des mesures de soutien pédagogique plus équitables.

Pendant que Laval compose avec la grève, d'autres universités au Québec en sont à revoir les conventions collectives des chargés de cours, qui offrent dans plusieurs universités plus de la moitié de la charge d'enseignement aux étudiants de premier cycle. À Hull et à Rimouski, les constituantes du réseau de l'Université du Québec ont eu droit hier aussi à une journée de grève, car les chargés de cours liés à la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) ne se satisfont pas des offres de l'employeur visant à améliorer leurs conditions de travail. En Abitibi-Témiscamingue, une heure de grève symbolique a aussi donné le signal de négociations ardues la semaine dernière.

Sur une autre planète, à quelques kilomètres de là, les chargés de cours de l'Université de Sherbrooke célébraient quant à eux une convention collective nouveau genre entièrement refaite avec l'employeur, un moment que les deux parties qualifiaient hier d'«historique». «Cette convention collective représente une avancée importante dans les conditions de travail de nos membres», commentait Manon Saint-Cyr, présidente du Syndicat des chargés de cours de l'Université de Sherbrooke (SCCCUS-CSQ), un groupe qui dispense 70 % des cours de premier cycle à l'université.

Le recteur Bruno-Marie Béchard trouve important de ne pas reléguer les chargés de cours à un rôle secondaire qu'on leur octroie trop souvent dans le monde universitaire. «Chez nous, leur contribution à l'enseignement est essentielle, nos chargés de cours ont une expertise professionnelle parfois très pointue», croit le recteur, qui estime que l'investissement de plus en plus grand en recherche de certains professeurs n'est «pas une anomalie», mais un juste retour des choses, dans un réseau qui historiquement a démarré avec une fonction recherche quasi inexistante.

«ll faut comprendre que les chargés de cours sont recrutés pour leurs compétences d'enseignement, et ce sont de ressources appréciées pour cela», affirme le recteur Béchard, qui ne voit pas d'incongruité dans le fait que plusieurs chargés de cours n'accèdent jamais au poste de professeur, faute d'un portfolio de recherche trop dégarni.
 
 
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  • Francine Serdongs
    Inscrite
    mardi 24 février 2004 21h14
    Travail égal, salaire égal
    Je suis une ancienne chargée de cours qui a défroqué après 15 ans d'enseignement, et ce, pour plusieurs raisons.

    Une qui a pesé lourd dans la balance, c'est le mépris institutionnalisé des chargés de cours et de leur travail. D'abord, pour le gouvernement, pas question de "à travail égal, salaire égal". Pire, ici c'est plutôt du "même" travail dont il s'agit. Notre grève "rose" légale à L'UQAM s'est soldée par une loi spéciale. Nous étions alors payés à 50% du salaire d'un "prof" pour la même tâche et responsabilité.

    Une exploitation éhontée que je ne pouvais plus supporter et qui déteignait sur nos rapports quotidiens, du personnel départemental jusqu'aux étudiants qui voulaient utiliser à leurs fins ces rapports de pouvoir aliénants.

    Que des esclaves aient de la difficulté à se libérer, je comprendrais; mais que des personnes aussi scolarisées et conscientes endurent encore cette situation, je ne comprends toujours pas.

    Qu'un gouvernement qui a mission d'éducation puisse se comporter comme une compagnie esclave de ses actionnaires, et ce en ayant recours le plus possible à la sous-traitance, je ne l'accepterai jamais.

    Je souhaite aux chargés de cours qui supportent cette situation, le courage nécessaire pour brasser la cage suffisamment afin que cette situation change pour devenir ce qu'elle aurait toujours dû être: au même travail, même salaire.

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