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    Travaux de rénovation

    CSDM: des directeurs d’école superviseurs de chantier

    26 septembre 2016 |Philippe Orfali | Éducation
    Des ouvriers sont à l’œuvre pratiquement sept jours sur sept, et parfois même la nuit, à l’école primaire Guillaume-Couture, dans l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Des ouvriers sont à l’œuvre pratiquement sept jours sur sept, et parfois même la nuit, à l’école primaire Guillaume-Couture, dans l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

    Déjà débordés par la gestion quotidienne de leur établissement, des dizaines de directeurs et directrices d’écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) se voient de surcroît forcés de s’improviser superviseurs de chantier pendant les travaux de rénovations ou d’agrandissements qui s’y déroulent, a appris Le Devoir.

     

    La cure de jouvence de 190 millions de dollars que s’offre actuellement le parc immobilier de la plus importante commission scolaire du Québec ne se réalise pas sans heurts. Devant un nombre record de projets de réfection et d’agrandissement d’écoles, les chargés de projet de la CSDM ne fournissent plus à la tâche. Résultat : ce sont bien souvent les directions d’établissement qui héritent de tâches liées au quotidien d’un chantier, sans pour autant détenir l’expertise nécessaire pour occuper ces fonctions.

     

    Des ouvriers sont à l’oeuvre pratiquement sept jours sur sept, et parfois même la nuit, à l’école primaire Guillaume-Couture, dans l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Depuis près d’un an et pour quelques mois encore, les élèves de l’école et les travailleurs de la construction se côtoient tous les jours de la semaine dans le cadre de travaux visant à doter l’édifice de 12 nouvelles salles de classes et d’un local multifonctionnel.

     

    Lourde tâche

     

    André Maisonneuve, le directeur de l’école, s’emballe lorsqu’il parle de cet ambitieux projet. Mais il reconnaît à quel point cela représente une lourde tâche dans le contexte actuel. « La construction demande beaucoup de coordination, beaucoup d’efforts supplémentaires pour la direction. En plus de tout ce que l’on fait habituellement, on doit gérer des imprévus, et s’assurer de la sécurité des élèves, entre autres. Avoir un chantier dans son école, c’est faire face à beaucoup d’imprévus. Il faut être vigilant et savoir agir rapidement lorsque quelque chose se passe. »

     

    En principe, un « chargé de projet CSDM » supervise le chantier de l’école. Sauf que ce coordonnateur a généralement trois ou quatre projets de construction à gérer en même temps.

     

    « La CSDM fait la supervision des chantiers de loin, mais celui qui fait la supervision au jour le jour, c’est véritablement la direction d’école. Demander à la CSDM de dépêcher quelqu’un de plus sur un chantier, c’est comme lui demander la lune actuellement », explique Hélène Bourdages, la présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES), qui regroupe près de 500 membres des commissions scolaires de Montréal et de la Pointe-de-l’Île.

     
    Un directeur d’école ce n’est pas un expert chevronné en construction. D’avoir ces techniciens, ça permettrait une meilleure gestion du chantier.
    Hélène Bourdages

    La gestion du chantier peut représenter de 20 à 30 heures de travail supplémentaire par semaine, au plus fort des travaux, selon elle. « On nous dit parfois “ça fait partie de la tâche”. Je regrette, la direction d’école est là pour gérer les ressources matérielles qui ont rapport à la pédagogie, pas au chantier de construction d’un bâtiment. »


    Une exagération, dit la CSDM

     

    Ces différents projets, d’une ampleur sans précédent pour la CSDM, surviennent alors que l’organisme a supprimé l’an dernier 17 postes de direction adjointe dans diverses écoles, dont certaines subissent actuellement des travaux. « Tout ça mis ensemble, ça fait en sorte que les gens sont plus débordés qu’avant. Ils ne savent plus où donner de la tête », dit Mme Bourdages, qui souhaiterait que la CSDM puisse nommer des techniciens en bâtiment dans chaque école pour assurer le bon déroulement des travaux.

     

    « Quand tu tombes sur un mauvais entrepreneur, quand tu dois courir après les ouvriers pour qu’ils réalisent leurs travaux, la direction n’a pas le temps de s’occuper du reste de l’école. Un directeur d’école ce n’est pas un expert chevronné en construction. D’avoir ces techniciens, ça permettrait une meilleure gestion du chantier », fait-elle valoir.

     

    La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, juge « exagéré » de parler de supervision de chantier dans le cas des directions d’établissement. « C’est comme quand on a des travaux dans notre maison, évidemment il y a une certaine implication, expose-t-elle. Mais on a différentes équipes sur le terrain, avec eux, qui sont très actives. Ces chargés de projet ne sont pas là de 8 h à 16 h sur le chantier de chacune des écoles, mais ils sont toujours joignables par cellulaire. » L’équipe chargée de superviser les différents projets de rénovation des installations de la CSDM est actuellement composée d’une cinquantaine de personnes, soit une quarantaine de chargés de projets et une dizaine de techniciens.

     

    Ils tiennent des rencontres régulièrement avec les directions, ainsi qu’avec les différents entrepreneurs qui réalisent les travaux, ajoute-t-elle.

     

    La priorité des directions d’école est et doit demeurer « la mission pédagogique », bien qu’ils aient effectivement à agir à titre de « personne pivot » entre la communauté scolaire et les différentes ressources de la CSDM, soutient Mme Harel Bourdon. « C’est sûr que c’est exigeant avoir des travaux dans son école. On en est conscients. » Elle rappelle que les membres de la direction peuvent bénéficier de journées de congé compensatoires lorsque cela s’avère justifié.













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