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    Enseignement de l’histoire

    Un flou inquiétant

    2 juin 2016 | Raymond Bédard - Président de la Société des professeurs d’histoire du Québec | Éducation
    Les projets pilotes expérimentant le nouveau programme d'histoire se sont bien déroulés, ont été bien reçu dans le milieu et se poursuivent en IVe secondaire.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les projets pilotes expérimentant le nouveau programme d'histoire se sont bien déroulés, ont été bien reçu dans le milieu et se poursuivent en IVe secondaire.

    Le nouveau programme d’enseignement de l’histoire en IIIe et IVe secondaire est très attendu par les enseignants. Il a été rédigé en tenant compte des différents acteurs du monde de l’éducation — les enseignants, les historiens, les didacticiens, les autochtones, les anglophones et les communautés culturelles — et il fait un large consensus.

     

    L’amélioration des contenus qui avait pour objectif de les ajuster aux recherches historiographiques est au rendez-vous. L’abandon d’un programme thématique en IVe secondaire ainsi que la révision des compétences à développer s’imposaient : il fallait davantage tenir compte de la pratique en classe.

     

    Il y a quelque temps, lors de l’étude des crédits 2016-2017 à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a fait une déclaration pour le moins surprenante. Il a dit offrir un délai supplémentaire aux écoles qui ne se sentiraient pas tout à fait prêtes à mettre en place le nouveau programme d’histoire en IIIe secondaire. Cependant, la rédaction du programme est achevée pour ce niveau et les manuels, avec les budgets qui s’y rattachent, seront disponibles pour la rentrée scolaire de septembre 2016. Selon les responsables des programmes au ministère, les projets-pilotes expérimentés dans 31 classes du Québec se sont bien déroulés, ont été bien reçus dans le milieu et se poursuivent en IVe secondaire.

     

    Des complications

     

    Devant ce constat, il aurait été préférable de maintenir l’échéancier initial pour toutes les écoles afin d’éviter certains problèmes qui ne manqueront pas de survenir.

     

    Ainsi, ce report partiel pourra compliquer la situation d’apprentissage pour les élèves qui changeront d’école avant la fin du programme et qui seront confrontés à des programmes non concordants d’un niveau à l’autre. Également, qu’adviendra-t-il de l’épreuve uniforme à laquelle tous les élèves devront se soumettre au terme du programme ?

     

    À défaut de revenir sur cette offre de report, il serait important que le ministre clarifie la situation afin de sortir le monde de l’enseignement de l’histoire du flou administratif actuel. Il doit aussi confirmer que le nouveau programme d’histoire du Québec et du Canada sera bel et bien applicable en IIIe secondaire dès la prochaine année scolaire.













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