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    L’expérience concluante de la semaine de quatre jours

    4 avril 2016 |Guillaume Roy - Planète F | Éducation
    La semaine de quatre jours motiverait les élèves et les les professeurs.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La semaine de quatre jours motiverait les élèves et les les professeurs.


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    Et si on apprenait mieux en seulement quatre jours d’école par semaine ? C’est ce que laisse penser l’expérience menée au Séminaire de Chicoutimi, qui a réaménagé le calendrier scolaire. Résultat : les élèves sont plus motivés et les professeurs aussi.

     

    « Certains élèves n’aiment pas l’école. Une semaine de quatre jours, ça donne une motivation supplémentaire », admet Carolane Noreau, étudiante en 5e secondaire au Séminaire de Chicoutimi, qui expérimente la semaine de quatre jours depuis 2014. Le but de l’exercice : permettre aux élèves et aux enseignants de mieux gérer leur temps.

     

    Selon Carolane, cet aménagement permet aussi de bien se préparer pour le cégep. « Ça m’apprend à prendre mes responsabilités. Je dois bien m’organiser pour faire mes travaux importants et trouver le temps pour travailler », commente l’étudiante de 17 ans, qui est aussi caissière dans un restaurant. En étudiant et en faisant les devoirs le vendredi, les fins de semaine sont plus libres.

     

    Pour réorganiser l’emploi du temps, le séminaire n’a pas ajouté de congé, tient à préciser Grant Beargan, directeur de l’établissement privé qui compte 1000 élèves du secondaire 1 à 5. « Nous avons simplement réaménagé les congés pédagogiques pour faire un calendrier optimisé », explique-t-il.

     

    « On a recentré les journées pédagogiques sur les élèves plutôt que sur les enseignants », ajoute Bianca Tremblay, directrice pédagogique du Séminaire de Chicoutimi. Vingt journées pédagogiques, souvent utilisées en fin d’étape pour permettre à l’enseignant de faire de la correction, des rencontres ou des études de cas, ont été dispersées tout au long de l’année. Les élèves sont en congé trois vendredis sur quatre.

     

    Les enseignants en profitent aussi, car ils peuvent prendre leurs vendredis et étaler le travail tout au long de l’année. « Ça évite d’avoir presque une semaine de congé à la fin de l’étape, où le jeune perd le rythme et change ses habitudes de travail, note Bianca Tremblay. Personne n’est à bout de souffle en fin d’année. Les enseignants disent souvent qu’ils sont moins fatigués, qu’ils ont plus d’énergie et qu’ils peuvent faire un meilleur suivi de l’élève. » Ce calendrier optimisé permet aussi des rencontres plus fréquentes et une meilleure répartition de la correction.

     

    Après trois mois d’essai, 75 % des parents se sont dits favorables à la semaine de quatre jours. Seul bémol : certains parents trouvaient la gestion familiale plus ardue en raison des congés différents de leurs enfants encore au primaire. De plus, le nombre réduit de longs congés diminuait la possibilité de faire des voyages.

     

    « Le calendrier optimisé nous permet d’innover », lance Grant Beargan. Même s’il n’y a pas de cours les vendredis, l’école est ouverte pour les élèves qui veulent étudier, faire des projets de recherche ou encore réserver un gymnase pour jouer au hockey-balle. Des activités ont aussi été organisées à Stoneham et au Village vacances Valcartier, et le Séminaire de Chicoutimi souhaite offrir encore plus d’options aux élèves cette année.

     

    Inspirer les autres écoles

     

    La réussite de ce projet pilote inspire déjà d’autres écoles, qui posent beaucoup de questions sur les modalités de fonctionnement. « Plusieurs écoles comptent même nos journées de congé pour s’assurer que l’on répond au nombre de journées de cours requis », lance en riant Mme Tremblay. L’intérêt est particulièrement marqué dans les écoles privées, où il existe plus de latitude, admet M. Beargan. « Nous avons plus de flexibilité pour monter des projets et les implanter dans l’école. C’est aussi possible au public, mais l’école doit s’entendre avec le syndicat, la commission scolaire et le conseil d’établissement », soutient le directeur, qui note au passage que le personnel enseignant de son établissement a été très collaboratif. Un exemple à suivre ?













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