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    Bourses de la francophonie

    200 futurs gestionnaires viennent étudier au Canada chaque année

    12 mars 2016 | Anne Gaignaire - Collaboratrice | Éducation
    On souhaite que les étudiants boursiers retournent dans leur pays et appliquent leurs nouveaux apprentissages.
    Photo: Valerian Mazataud Le Devoir On souhaite que les étudiants boursiers retournent dans leur pays et appliquent leurs nouveaux apprentissages.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.
     

    Depuis 28 ans, le Canada accompagne des pays francophones dans leurs efforts pour renforcer leurs institutions grâce au Programme canadien de bourses de la Francophonie. Au total, 2400 bourses ont déjà été décernées pour des formations principalement au Québec dans des domaines aussi divers que la santé, l’administration, l’environnement, etc.


    Un Comorien inscrit à la Cité collégiale à Ottawa pour une technique en informatique, une journaliste vietnamienne en formation sur les réseaux sociaux dans un cégep au Québec, un chercheur en microbiologie et en immunologie de République démocratique du Congo inscrit à l’Université Laval pour mener des recherches visant à trouver une enzyme de remplacement de la trithérapie contre le sida.

     

    Chaque année, en moyenne, 200 boursiers du Programme canadien de bourses de la Francophonie (PCBF) de 37 pays francophones d’Afrique (42 %), d’Asie-Pacifique, d’Amérique et des Caraïbes viennent étudier principalement au Québec, mais aussi au Nouveau-Brunswick ou à Ottawa puisque leur formation doit obligatoirement se dérouler en français.

     

    Le montant moyen d’une bourse s’élève à 35 000 $. Les droits de scolarité, les billets d’avion, l’hébergement, etc., sont pris en charge grâce à un budget de 40,5 millions de dollars entièrement financé par le Canada, dans une volonté de soutenir la francophonie.

     

    Le séjour des boursiers dure de 10 mois à plusieurs années selon qu’ils viennent faire une formation courte dans un centre comme l’ENAP (École nationale d’administration publique) par exemple (42 %), une technique professionnelle (1 %), une maîtrise (46 %), un doctorat (7 %) ou un stage postdoctoral (4 %). « Ce sont les pays qui sélectionnent les candidats, qui occupent forcément un poste clé dans le secteur public ou privé ou dans la société civile, en fonction des priorités qu’ils se donnent », explique Tony Toufic, le directeur du Programme canadien de bourses de la Francophonie.

     

    Nouvelle mouture

     

    Le but : « Qu’ils reviennent dans leur pays et appliquent leurs nouveaux apprentissages afin de renforcer les compétences de gestion dans les pays francophones qui peuvent bénéficier du programme », souligne Tony Toufic.

     

    Pour mieux atteindre cet objectif, le programme, mis en place en 1988, a été entièrement révisé en 2005. « La première mouture offrait des bourses d’excellence aux individus de tous les pays de la francophonie selon leur projet — qui était souvent de la formation de premier cycle, rappelle Tony Toufic. Mais on s’est rendu compte que ces jeunes ne retournaient pas toujours chez eux après leurs études qui, d’ailleurs, étaient souvent totalement déconnectées des priorités et des problématiques de leur pays d’origine. Pour lutter contre la fuite des cerveaux, on a resserré les modalités d’octroi de la bourse et le nombre de pays bénéficiaires de façon à former des formateurs qui pourront appliquer leurs apprentissages chez eux ou améliorer les compétences du personnel des universités, notamment en recherche, etc. »

     

    Depuis 2005, seules des personnes occupant des postes clés sont admissibles, et le fait que les pays aient leur mot à dire sur la sélection des candidats permet de s’assurer que les formations suivies au Canada sont bien arrimées aux priorités de développement des pays concernés. Le résultat est probant : « On observe un meilleur retour des boursiers, généralement âgés de 30 à 40 ans », constate Tony Toufic.

     

    Les femmes sous-représentées

     

    Restent certains enjeux comme celui « de s’assurer que les boursiers pourront appliquer leurs nouvelles connaissances dans leur poste à leur retour, ce qui n’est pas toujours le cas », regrette M. Toufic. Parfois, les boursiers se voient attribuer à leur retour un nouveau poste dans lequel les nouveaux apprentissages ne sont pas pertinents, par exemple.

     

    Un autre défi est l’adaptabilité des boursiers qui ne connaissent pas le contexte éducationnel, législatif ou encore institutionnel du Canada, ce qui peut les freiner dans leurs apprentissages. « C’est pourquoi nous mettons en place des sessions de formation intensives pour leur donner certains prérequis », indique le directeur du PCBF. Si les taux de réussite sont dans la moyenne canadienne pour certains programmes, ils chutent pour les maîtrises et les doctorats.

     

    Quant aux femmes, « elles sont encore sous-représentées dans le programme », regrette Tony Toufic. En 2015, elles ne représentaient que 35 % des boursiers. Non seulement elles sont sous-représentées dans les postes clés dans certains pays de la francophonie où « la question de l’égalité homme-femme n’est pas encore réglée », reconnaît M. Toufic, mais en plus, aucun voyage de retour n’est payé aux boursiers au cours de leur formation qui peut durer trois ou quatre ans. Difficile pour des mères de famille de rester éloignées de la maison autant de temps. Là encore, des améliorations du programme sont en cours pour favoriser l’accès des femmes, notamment la possibilité de les accepter même si elles n’occupent pas de poste clé, mais contre la promesse qu’elles en auront un au retour dans leur pays.













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