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    Avenir de la francophonie

    L’Université de Montréal a un rôle à jouer

    12 mars 2016 | Claude Lafleur - Collaborateur | Éducation
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.
     

    L’Université de Montréal cherche à accentuer son rôle au sein de la francophonie et à tisser de multiples partenariats. Et pourquoi pas viser l’Afrique… l’avenir de la francophonie !


    Depuis plus de cinquante ans, l’Université de Montréal attache une très grande importance au rayonnement de la langue française. Ainsi, depuis 1961, elle héberge le secrétariat de l’association des universités de langue française alors qu’en 2014, elle créait à l’initiative du recteur Guy Breton le Bureau de valorisation de la langue française et de la francophonie.

     

    « Le français a toujours fait partie de notre identité, énonce Monique Cormier, vice-rectrice associée à la langue française et à la francophonie. Dès 1961, notre université a accueilli le secrétariat de l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française [AUPELF], qui est devenue l’Agence universitaire de la Francophonie [AUF]. Et nous voulons toujours faire en sorte que le français soit l’une de nos forces. » Par conséquent, l’UdeM souhaite se positionner dans la francophonie et vise même à être le forum d’initiatives internationales en faveur de la langue française.

     

    « Le recteur Breton a une volonté politique très forte pour que Montréal continue de jouer son rôle de chef de file dans la francophonie », ajoute Clément Duhaime, conseiller spécial auprès du Bureau de valorisation de la langue française et de la francophonie. Il estime d’ailleurs que le Québec comme l’Université de Montréal « sont très bien positionnés puisqu’on a énormément d’ententes et d’échanges au niveau international ».

     

    Avec la création du Bureau, et conformément aux volontés du doyen, il s’agit donc de faire de l’Université de Montréal un foyer important d’initiatives en matière de langue française et de francophonie, insiste Mme Cormier. À preuve, souligne M. Duhaime, il est remarquable que la haute direction d’une université comprenne un rectorat associé à la langue française.

     

    Un oeil sur l’Afrique

     

    Comme responsable du Bureau de valorisation de la langue française et de la francophonie, Monique Cormier indique que celui-ci comporte deux volets d’activités : la valorisation du français au sein même de la communauté universitaire — auprès des étudiants comme de tout le personnel — et un volet externe qui concerne les liens de l’université avec l’ensemble de la francophonie.

     

    « Nous avons une politique linguistique, explique-t-elle, et l’une de mes tâches est de m’assurer que celle-ci est bien en place, qu’elle est connue du personnel et des étudiants et, au besoin, de régler les petits irritants ou problèmes qui pourraient se présenter. » Il s’agit entre autres pour son équipe de valoriser l’utilisation du français auprès de l’ensemble de la communauté universitaire et notamment de voir à ce que les professeurs qui arrivent à l’université et qui ont besoin de soutien en français bénéficient de ce qu’il leur faut. De même, son équipe accueille les étudiants dont la langue maternelle n’est pas le français et qui souhaitent poursuivre leurs études en français à l’UdeM.

     

    Quant à Clément Duhaime, ancien numéro deux de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et à présent sous-ministre conseiller au ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, il fait ressortir que l’Afrique est l’avenir de la francophonie et qu’autant pour le Québec que pour l’Université de Montréal, c’est là où on devrait concentrer une bonne partie de nos efforts à l’international.

     

    « Quand on songe qu’en Afrique il y avait 20 000 étudiants dans les universités en 1970, alors qu’il y en avait 4,5 millions en 2008 et que ça ne cesse d’augmenter, vous voyez le bond en avant qui se fait », dit-il. Pour avoir « bourlingué » à travers le monde durant 32 ans, M. Duhaime a pu constater qu’un certain nombre des pays d’Afrique « ont mis le paquet » sur l’enseignement supérieur et la recherche. « Et c’est là qu’on peut apporter notre contribution », fait-il valoir.

     

    Le secret le mieux gardé

     

    Clément Duhaime souligne en outre qu’un peu partout à travers la planète, différentes instances et institutions « n’ont jamais fait autant d’analyses et d’études sur le potentiel de développement économique de l’Afrique. Les Européens y sont de plus en plus présents, de même que les Chinois, alors que les Américains y reviennent… Et l’économie, vous savez, c’est le secret le mieux gardé de la francophonie ! »

     

    « Je puis vous assurer, pour avoir suffisamment bourlingué à l’international, que le Québec a une cote très élevée, poursuit-il. Dans les rapports que nous entretenons avec la francophonie, nous bénéficions d’un capital de sympathie sur lequel nous devons justement capitaliser. »

     

    C’est ainsi que, selon ce conseiller spécial, le Bureau de valorisation de la langue française et de la francophonie « vise à montrer qu’étant donné tout ce qui se passe en Afrique, c’est pour le Québec un potentiel extraordinaire d’engagements. Avec le Bureau, nous allons essayer de multiplier les initiatives afin de rendre plus accessible cette réalité aux étudiants et aux chercheurs ».

     

    Selon lui, l’Université de Montréal a une expertise extraordinaire, que ce soit vis-à-vis de la Chine, de l’Europe ou en Afrique du Nord. « Nous avons déjà des bases solides, dit-il, et ce qu’il faut maintenant — comme, je pense, le souhaite le recteur Breton —, c’est cibler davantage des projets très concrets et être “visibles” afin de voir comment on peut mettre en valeur l’expertise de l’université et ainsi contribuer à accompagner l’Afrique… nous qui avons toujours eu des liens très solides avec la francophonie. »

     

    M. Duhaime souligne au passage que les Africains parlant français forment la majorité de la francophonie. « Voilà qui signifie que nous avons une responsabilité importante, dit-il, puisque ces pays d’Afrique ont choisi la langue française. Or, s’ils s’aperçoivent que cette langue ne leur donne pas accès à la recherche et au savoir — qu’elle ne crée pas pour eux de la richesse et des emplois —, alors là, ils pourraient se tourner vers une autre langue. D’où l’importance pour nous de montrer le formidable potentiel qui existe déjà en francophonie. »













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