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    Un projet de refonte de l’Université de Montréal crée des remous

    Le vice-recteur à la transformation institutionnelle le souligne: l’UdeM «est appelée à prendre un tournant»

    5 mars 2016 |Philippe Orfali | Éducation
    La semaine dernière, le syndicat des professeurs de l’UdeM a déposé devant le Tribunal administratif du travail une plainte alléguant que l’université, en lançant sa vaste réorganisation, contrevient à divers éléments de sa convention collective.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La semaine dernière, le syndicat des professeurs de l’UdeM a déposé devant le Tribunal administratif du travail une plainte alléguant que l’université, en lançant sa vaste réorganisation, contrevient à divers éléments de sa convention collective.

    Recours devant les tribunaux, appels au boycottage, craintes de disparition de certaines facultés : un ambitieux projet de transformation institutionnelle piloté par le recteur de l’Université de Montréal crée bien des flammèches au sein de la maison d’enseignement du mont Royal.

     

    Le vice-recteur à la transformation institutionnelle, Gérard Boisvenu, nommé à ce poste en juin 2015, le dit d’entrée de jeu dans des documents obtenus par Le Devoir : l’Université de Montréal « est appelée à prendre un tournant » au cours des prochaines années. Sa structure pourrait connaître une refonte complète, et sa mission pourrait, elle aussi, être revue. Le recteur Guy Breton en a rajouté il y a quelques semaines en insistant sur le fait qu’il « n’y aura pas de statu quo ». Tout est sur la table.

     

    « Un remodelage substantiel n’a été opéré qu’une seule fois, avec la création en 1972 de la Faculté des arts et sciences, écrit M. Boisvenu dans un document créé en vue de consultations sur l’avenir de l’UdeM. Aujourd’hui, on constate une forte asymétrie dans la taille des facultés. Deux facultés réunissent les deux tiers du volume d’activité de l’Université, et l’autre tiers se distribue entre 12 facultés. »

     

    Ces signaux entourant la « réorganisation de l’université » en inquiètent plusieurs dans la communauté universitaire, à commencer par les étudiants, les professeurs et les chargés de cours de l’établissement.

     

    La semaine dernière, le syndicat des professeurs de l’UdeM a déposé devant le Tribunal administratif du travail une plainte alléguant que l’université, en lançant sa vaste réorganisation, contrevient à divers éléments de sa convention collective car elle contournerait ce faisant l’assemblée universitaire, chargée d’énoncer les principes généraux qui président à l’orientation de l’université et à son développement. Ils ont de plus appelé au boycottage pur et simple de la consultation lancée par la haute direction de l’UdeM sur l’avenir de l’institution, estimant que les dés sont pipés.

     

    « On a le sentiment que les conclusions de cette consultation sont déjà écrites et qu’elles s’avèrent factices, explique Jean Portugais, président du syndicat des professeurs. Il y a une grogne assez forte sur la façon dont l’université procède. Ces consultations, personne n’y croit. C’est une façon de justifier un projet qu’ils ont développé et qu’ils ne nous dévoilent pas. »

     

    L’avenir de la Faculté des études permanentes

     

    M. Portugais n’est pas le seul à penser ainsi. C’est également le cas des étudiants de la Faculté des études permanentes (FEP), qui s’inquiètent pour l’avenir de leur unité.

     

    La première version du document de consultation transmis à la communauté universitaire taisait jusqu’à l’existence même de la FEP, remettant ainsi en question son avenir, selon l’association étudiante. Denis Sylvain, président de celle-ci, croit que la direction songe à décentraliser les cours du soir dans chacun des différents départements de l’Université.

     

    La direction de l’Université de Montréal a décliné la demande d’entrevue du Devoir. Mais elle ne nie pas la thèse de M. Sylvain. « Il n’y a pas de plan de transformation qui est arrêté. Concernant l’éducation permanente ou la formation continue, il ne faut pas faire d’amalgame entre le statut de faculté et l’offre de service. Il y a toutes sortes de modèles qui existent pour offrir de la formation continue. Dans le cadre de l’exercice de transformation institutionnelle, on va étudier quel modèle serait le meilleur », a toutefois précisé une porte-parole dans un courriel.

     

    Président du syndicat des chargés de cours de l’UdeM, qui rassemble la totalité des enseignants de la Faculté d’études permanentes, Frédéric Kantorowski s’est montré estomaqué par ces commentaires. « C’est la première fois que j’apprends que la direction considère officiellement un scénario de démantèlement de la FEP. C’est extrêmement préoccupant et choquant, a-t-il observé. Il n’existe aucun document connu, aucun diagnostic, aucune évaluation qui justifie de mettre fin à une expertise largement reconnue et appréciée en tout premier lieu par les étudiants de la FEP. On a une formule originale qui marche. […] La question qu’il faut se poser c’est, compte tenu des particularités de l’éducation permanente, de l’expertise que cela requiert, qui serait gagnant dans une éventuelle opération de démantèlement ? »

     

    « L’éducation permanente est une affaire sérieuse et nécessaire pour la société québécoise. On n’improvise pas dans ce domaine », a-t-il tonné.

     

    La FEP dispose d’une expertise en formation permanente qui pourrait disparaître si elle est absorbée par d’autres facultés, croit-il.













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