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    L’École des sciences de la gestion prête à larguer l’UQAM

    20 février 2016 |Marco Fortier | Éducation
    Si le cri du cœur de l’ESG pour davantage d’autonomie reste lettre morte, le doyen planifie la tenue d’un référendum du 20 au 26 avril sur la séparation avec l’UQAM.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Si le cri du cœur de l’ESG pour davantage d’autonomie reste lettre morte, le doyen planifie la tenue d’un référendum du 20 au 26 avril sur la séparation avec l’UQAM.

    L’École des sciences de la gestion (ESG), qui regroupe le tiers des étudiants de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), envisage de tenir un référendum au mois d’avril pour s’en séparer et devenir un établissement indépendant, a appris Le Devoir.

     

    La rupture du lien avec l’ESG représenterait un véritable tremblement de terre pour l’UQAM, déjà aux prises avec des baisses d’inscriptions de 10,8 % au baccalauréat à la session d’automne 2015. L’université perdrait 14 000 de ses 42 000 étudiants.

     

    Le doyen de l’École, Stéphane Pallage, explique dans un message interne du 18 février 2016 que ses démarches visant à obtenir davantage d’autonomie au sein de l’UQAM ont échoué. Il a aussi livré ce message au cours d’une présentation devant des membres de la communauté de l’ESG, jeudi.

     

    M. Pallage lance un ultime appel au conseil d’administration de l’UQAM, qui doit débattre de la menace de séparation de l’ESG à sa réunion de mardi prochain, dans trois jours.

     

    Si le cri du coeur de l’ESG pour davantage d’autonomie reste lettre morte, le doyen planifie la tenue d’un référendum du 20 au 26 avril sur la séparation avec l’UQAM. La direction de l’ESG se rencontrerait le 22 mars pour définir le modèle d’école indépendante souhaité par la communauté. Stéphane Pallage présenterait le projet aux professeurs, employés et étudiants de l’ESG le 19 avril, la veille du lancement de la consultation.

     

    « Pour ma part, après deux ans et demi de négociations avec l’UQAM, je dois annoncer à regret que le modèle de décentralisation par les revenus avec le versement d’une péréquation et le financement des services centraux utilisés qui avait été demandé par la communauté de l’ESG […] a été refusé par le recteur cette semaine », écrit Stéphane Pallage dans un message obtenu par Le Devoir.

     

    Le Comité de régie de l’ESG devra trancher entre deux scénarios à sa réunion du 24 février, explique le doyen : poursuivre les démarches pour obtenir davantage d’autonomie, ou enclencher le processus de consultation sur la séparation.

     

    En entrevue avec Le Devoir, M. Pallage dit souhaiter que l’ESG reste au sein de l’UQAM. Il dit toutefois avoir conclu à l’impossibilité de mettre en oeuvre son plan de décentralisation après avoir parlé au recteur Robert Proulx.

     

    « De manière surprenante, il m’a dit “Si vous voulez ce modèle, vous devez aller vers l’indépendance.” Nous avons pourtant négocié depuis mon élection [en tant que doyen] en 2013 », dit Stéphane Pallage.

     

    Ouverture du recteur

     

    Le recteur Robert Proulx dit être surpris par la sortie du doyen de l’ESG. Il dit être prêt à poursuivre les discussions pour accorder davantage d’indépendance à l’École des sciences de la gestion. « La question est importante et il faut se pencher dessus, a-t-il indiqué au Devoir. Je veux qu’on trouve des solutions, mais on a besoin de temps pour prendre une décision sage et réfléchie. »

     

    Robert Proulx voit mal comment le CA pourrait trancher dès mardi sur le sort de l’ESG. Les enjeux sont complexes. Et les statuts de l’UQAM ne prévoient « aucun mécanisme de sécession » d’une école ou d’une faculté, selon le recteur.

     

    Celui-ci est d’accord pour accorder de l’autonomie de l’ESG, mais les modalités restent à déterminer, selon lui. Le doyen Stéphane Pallage dit souhaiter que l’ESG puisse dépenser à sa guise l’ensemble des revenus qu’elle génère. L’École distribuerait une partie de ses fonds au reste de l’UQAM — une sorte de péréquation, comme au sein du Canada. À l’heure actuelle, l’administration de l’UQAM fournit tous les budgets aux écoles et facultés, y compris à l’ESG, sous l’autorité du recteur.

     

    « Les budgets sont très étiquetés. L’administration est centralisée. Comme les autres grandes écoles de gestion dans le monde, nous avons besoin d’autonomie pour avoir plus d’agilité », dit Stéphane Pallage. De façon similaire, dit-il, HEC Montréal jouit d’une autonomie par rapport à l’Université de Montréal, tout comme la Faculté des sciences de l’administration à l’Université Laval.

     

    Zone de turbulences

     

    La très sage École des sciences de la gestion a toujours détonné par rapport au reste de l’UQAM, considéré comme un foyer de la contestation étudiante au Québec. Les grèves et les levées de cours des derniers mois ont-elles accéléré le besoin « d’autonomie » de l’école ? Pas du tout, affirme le doyen.

     

    « L’image de l’UQAM n’est pas celle de l’ESG et ne le sera jamais, dit-il. Nous sommes une marque distincte sur les plans local et international. »

     

    Ariane Angrignon, présidente de l’Association étudiante de l’École des sciences de la gestion, croit elle aussi que les turbulences des dernières années — depuis le printemps 2012 — ont peu d’effet sur le moral au sein de l’ESG. L’Association n’a pas de position sur l’éventuelle séparation de l’ESG. « L’important, c’est le maintien des services aux étudiants », dit-elle.

    Ce texte a été modifié après sa mise en ligne.













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