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    La réforme de l’orthographe sème la confusion

    Les éditeurs de manuels scolaires destinés au primaire n’utiliseront que l’orthographe rectifiée

    5 février 2016 | Philippe Orfali - Avec l’Agence France-Presse | Éducation

    Non, quoi qu’en dise votre fil Facebook, l’accent circonflexe ne disparaîtra pas. Et fiston ne sera pas pénalisé pour avoir épelé « oignon » plutôt qu’« ognon » dans sa dictée, ou encore « nénuphar » au lieu de « nénufar », comme le suggère l’orthographe rectifiée.

     

    La réforme de l’orthographe, qui remonte pourtant à 1990, a créé toute une commotion jeudi dans les médias et réseaux sociaux. C’est que les éditeurs de manuels scolaires de France ont décidé de désormais mettre de l’avant l’orthographe rectifiée dans leurs livres destinés aux élèves français, à partir de la prochaine rentrée scolaire. Quelques articles dans les médias ont aussitôt fait fleurir le mot-clic #jesuiscirconflexe, certains déplorant « le sacrifice de la langue française » par le ministère français de l’Éducation nationale.

     

    Outre-Atlantique, la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem a dû rectifier… les informations sur l’orthographe rectifiée. Les nouveaux programmes scolaires, qui seront appliqués à la rentrée 2016, « font référence à la règle en vigueur, tout comme les programmes précédents de 2008 », souligne le ministère.

     

    Jusqu’à maintenant, chaque éditeur était maître — ou maitre — de son choix et appliquait l’une ou l’autre des orthographes. Désormais, ils utiliseront tous l’orthographe rectifiée, du moins au primaire.

     

    Selon la p.-d.g. de l’éditeur de manuels scolaires Belin, Sylvie Marcé, « ce qui est nouveau, c’est une référence plus explicite » à cette orthographe réformée dans les nouveaux programmes officiels.

     

    Chez Hatier, les manuels du primaire appliquaient déjà la nouvelle orthographe. Ce n’est pas d’actualité pour ceux du secondaire, également parce qu’ils comportent des textes classiques qu’il ne s’agissait pas de transformer, a expliqué une porte-parole.

     

    Qu’en est-il du Canada et du Québec ? Tant au fédéral qu’au provincial, c’est l’orthographe traditionnelle qui prévaut encore dans les communications internes et avec la population, explique-t-on. « Tous les documents, tous les programmes d’études, les rapports sont écrits avec l’ancienne orthographe », souligne Bryan St-Louis, du ministère de l’Éducation du Québec.

     

    « Les étudiants peuvent choisir l’orthographe de leur choix, mais de facto on utilise l’ancienne orthographe », dit-il. Certains éditeurs font maintenant le choix d’inclure des remarques par rapport à l’utilisation des deux orthographes. Québec n’a toutefois pas l’intention d’intervenir afin d’imposer l’une ou l’autre des graphies. En matière de formation des futurs enseignants, aussi, l’heure est à la cohabitation.

     

    Tolérance

     

    Marie Nadeau, professeure au Département de didactique des langues de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), souligne que les deux façons de faire sont tolérées. « Ce que les gens ne savent pas, c’est que le ministère accepte l’orthographe réformée » depuis 2004, dit-elle. « Mais on ne donne pas l’ordre d’enseigner systématiquement » l’une ou l’autre.

     

    Bien que les plans de cours de la formation des futurs enseignants ne précisent pas l’obligation d’enseigner la nouvelle orthographe, le sujet est abordé dans les cours de grammaire et de didactique, notamment. « Tant qu’il n’y a pas de mot d’ordre du ministère pour nous dire d’enseigner uniquement l’orthographe rectifiée, on continuera cette pratique. »

     

    À la Commission scolaire de Montréal, on précise que l’orthographe traditionnelle est enseignée, mais qu’un élève ne sera pas pénalisé pour avoir employé la graphie moderne.













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