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    Libre opinion

    Éducation: l’heure des choix

    28 janvier 2016 | Pascale Grignon - Porte-parole du mouvement Je protège mon école publique | Éducation
    À Montréal seulement, les écoles seront en moyenne à 120 % de leur capacité d’accueil à la rentrée 2016.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir À Montréal seulement, les écoles seront en moyenne à 120 % de leur capacité d’accueil à la rentrée 2016.

    Les arguments économiques pour justifier les coupes en éducation ne tiennent plus. L’argent est disponible pour réinvestir en éducation dès maintenant. C’est une question de priorités et de valeurs. Au cours des derniers mois, le gouvernement libéral a fait le choix d’investir dans des entreprises privées comme Bombardier à coups de milliards, d’opérer des baisses d’impôts, d’augmenter le salaire des médecins. Mais il n’a promis que des miettes pour les écoles publiques. Si le gouvernement ne réinvestit pas massivement en éducation dans son budget de mars, il fera une fois de plus le choix délibéré d’abandonner l’éducation de nos enfants. Et ce choix aura un coût énorme pour le Québec dans quelques années.

     

    Les chiffres liés au financement du système d’éducation primaire et secondaire sont effarants : 1 milliard de dollars coupés depuis six ans, dont 350 millions de dollars depuis la rentrée scolaire 2015 ; des milliards de dollars en déficit d’entretien cumulé pour les écoles par les commissions scolaires, comme la CSDM, dont neuf écoles sur dix obtiennent la pire note possible lorsque l’on évalue leur état.

     

    Comme nous l’avons vu récemment dans les médias, lorsqu’elles ne sont pas carrément fermées pour cause de moisissures, ces écoles sont surpeuplées. À Montréal seulement, les écoles seront en moyenne à 120 % de leur capacité d’accueil à la rentrée 2016. C’est dire que nos enfants sont entassés dans des locaux qui ne sont pas conçus pour les recevoir. Et les enfants issus du minibaby-boom continuent d’affluer dans les écoles des quatre coins de la province. Les écoles doivent fermer des bibliothèques, des laboratoires informatiques et annexer des roulottes pour entasser plus d’élèves. Imaginez le stress des élèves qui sont trimballés d’un bâtiment à l’autre durant les six années de leur primaire, la fatigue des longs déplacements. Pensez au désagrément pour les enfants de passer le plus clair de leur temps dans une roulotte.

     

    Comble de l’illogisme, malgré cette hausse fulgurante de clientèle, les services sont grandement réduits : 250 postes de spécialistes ont été abolis depuis le début de l’année scolaire, mettant en péril la scolarisation d’enfants en difficulté et diminuant d’autant le temps que les enseignants peuvent accorder à l’ensemble des élèves. C’est sans compter que les projets pédagogiques sont limités par des moyens financiers anémiques, que le gouvernement abandonne des programmes de lutte contre le décrochage scolaire, de transport scolaire, d’aide aux devoirs, etc.

     

    Saccage

     

    De plus en plus de citoyens québécois dénoncent ce saccage du système d’éducation qui donne mauvaise presse à nos écoles publiques. Et que font le gouvernement Couillard et le ministre Blais devant cette levée de boucliers en réaction à ces décisions inconsidérées ? Ils ont promis l’injection de 20 microscopiques millions de dollars en novembre et laissent entendre une possibilité de réinvestissement de 80 millions l’an prochain. Ils parlent de 500 millions en infrastructures alors que ces sommes étaient déjà prévues pour la rénovation et la construction de nouvelles écoles dans le précédent budget. Bref, très peu d’argent frais et beaucoup de poudre aux yeux pour calmer l’opinion publique. Les parents du Québec ne se contenteront pas de si peu !

     

    Selon le bulletin de septembre 2015 de l’Institut Fraser, le Québec est la province dont l’investissement dans les écoles publiques est le plus bas par élève. Il se situe largement sous la moyenne canadienne à cet égard (–14 %).

     

    Le gouvernement Couillard s’est empressé de majorer les salaires de ses 22 000 médecins précisément pour qu’ils atteignent et même dépassent la moyenne canadienne en leur versant plus d’un milliard de dollars en augmentation de salaire depuis 2014. Il est inconcevable que l’éducation de 1,1 million d’élèves qui fréquentent l’école publique au Québec ne bénéficie pas d’un traitement équivalent.

     

    La politique du deux poids, deux mesures imposée par ce gouvernement libéral a suffisamment duré. L’éducation des enfants se détériore, et leur avenir est assombri. Les coupes creusent le déficit générationnel de façon dramatique.

     

    En tant que parents, nous exigeons que notre gouvernement respecte sa promesse électorale de faire de l’éducation une priorité et qu’il hausse le financement du système d’éducation au moins au niveau de la moyenne fédérale par élève, et ce, dès le budget de mars prochain. Nous demandons aussi que soit développée au plus vite une vision inspirée et innovante de l’éducation pour le Québec et un plan pour en assurer le financement adéquat, dont la mise à niveau des bâtiments, résoudre le problème de surpopulation dans les écoles et fournir les services professionnels et le matériel dont les enfants et leurs enseignants ont besoin. C’est l’avenir de nos enfants et celui du Québec qui en dépendent.

     

    Voilà pourquoi des milliers de parents formeront de nouveau des chaînes humaines devant les écoles le 1er février prochain.













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