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    Les mesures libérales ont fait leurs preuves, dit Pierre Curzi

    L’ex-député péquiste ne regrette pas les chauds débats sur les écoles passerelles

    6 janvier 2016 |Philippe Orfali | Éducation
    L’ex-député péquiste Pierre Curzi convient que la « tempête » linguistique qu’il avait prévue lors de l’entrée en vigueur de la loi 115 ne s’est pas matérialisée.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ex-député péquiste Pierre Curzi convient que la « tempête » linguistique qu’il avait prévue lors de l’entrée en vigueur de la loi 115 ne s’est pas matérialisée.

    Il jugeait il y a cinq ans que la légalisation des écoles passerelles constituait « l’un des coups les plus lâches jamais portés à la langue française ». L’ex-député péquiste Pierre Curzi croit aujourd’hui que les mesures libérales ont fait leurs preuves en limitant l’accès au réseau scolaire anglophone.

     

    Alors que l’ex-ministre de l’Éducation Michelle Courchesne s’attendait en 2010 à ce que « seulement quelques centaines » de familles par année aient recours à des écoles anglophones privées non subventionnées — des écoles passerelles — pour obtenir le droit d’envoyer leur enfant dans le réseau public de langue anglaise, les données révélées dans Le Devoir mardi démontrent qu’elles sont bien moins nombreuses qu’escompté. Seules 62 familles ont tenté de passer au régime anglophone cette année, pour un total de 519 depuis l’entrée en vigueur de la loi 115, en 2010.

     

    De 1997 à 2000, soit avant l’adoption de deux lois visant à interdire puis à limiter cette pratique, elles avaient été plus de 4000. La loi 115 prévoit qu’en plus d’avoir à étudier pendant trois ans dans une école privée non subventionnée, un enfant devra satisfaire à de nombreux critères et être évalué en fonction d’une grille complexe visant à « authentifier » son parcours scolaire.

     

    Aujourd’hui retraité de la vie politique, l’ex-député péquiste de Borduas, Pierre Curzi, convient que la « tempête » linguistique qu’il avait prévue lors de l’entrée en vigueur de la loi 115 ne s’est pas matérialisée. « Le gouvernement a adopté des mesures assez restrictives, dit-il. Non seulement c’est compliqué — il faut avoir étudié dans une école privée anglo, mais en plus on cherche à comprendre les justifications pour l’utilisation d’une école passerelle, etc. —, mais ça a été fait avec assez de rigueur. Le gouvernement a pris des mesures et il s’avère qu’elles sont efficaces. »

     

    Il ne regrette pas pour autant d’avoir fait de la lutte contre les écoles passerelles l’un de ses principaux chevaux de bataille et d’avoir critiqué les mesures qu’il applaudit aujourd’hui. « Ce n’était pas alarmiste, dit-il. Parce qu’il y avait bel et bien la possibilité d’un dérapage. Il fallait que le gouvernement comprenne, se tienne debout, respecte la volonté des parlementaires. La mobilisation forte qui a eu lieu a été un élément qui a incité le gouvernement à adopter un règlement et des mesures efficaces, et pour cette raison je ne regrette nullement nos actions. »

     

    La Société Saint-Jean-Baptiste, qui avait été l’instigatrice d’une série de manifestations pour dénoncer la loi 115, se montre satisfaite du faible nombre de cas passerelles. « C’est au moins ça de gagné pour le Québec français », affirme son président, Maxime Laporte.

     

    Lorsqu’un enfant accède au réseau scolaire anglophone, ce sont tous les membres de la fratrie ainsi que leurs descendants qui obtiennent le droit d’étudier en anglais, rappelle-t-il. « Il est important de ne pas banaliser l’effet multiplicateur des écoles passerelles. Tous les reculs significatifs du français doivent être dénoncés, car plus ça va, plus ils s’accumulent », croit-il.

     

    Celui qui était à la tête de la SSJB à l’époque, le député bloquiste Mario Beaulieu, se montre moins satisfait des retombées de la loi 115. « Cinquante-cinq [élèves] à qui on a permis d’étudier en anglais, c’est 55 de trop. Qu’on puisse contourner la loi est une injustice fulgurante », a-t-il estimé en entrevue. Il juge par ailleurs « déplorable » de voir des groupes comme le Quebec Community Groups Network ou l’Association des commissions scolaires anglophones « tenter de contourner la loi 101 comme ça » en revendiquant davantage de souplesse afin de permettre à davantage d’élèves potentiels de s’inscrire dans les écoles de langue anglaise. « Ça démontre qu’ils n’acceptent pas la loi 101. »

     

    Le ministre de l’Éducation, François Blais, a refusé la demande d’entrevue du Devoir, tandis qu’aucun porte-parole de son ministère ne semblait disposé à répondre à nos questions, lundi et mardi.













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