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    Le milieu scolaire se déchire en attente des changements

    25 novembre 2015 |Sarah R. Champagne | Éducation

    La tension monte dans le milieu scolaire. Les directions d’écoles et les comités de parents exhortent le ministre de l’Éducation à déposer son projet de loi sur la gouvernance et la démocratie scolaire au plus vite.

     

    Dans une lettre adressée au ministre François Blais, quatre signataires lui font part des pressions exercées par la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). Josée Bouchard a laissé entendre que les associations qui n’auraient pas défendu les élus scolaires « devraient faire preuve de résilience ».

     

    Elle a tenu ce « discours menaçant » lors d’un colloque de l’Association des directions générales des commissions scolaires, lit-on dans cette lettre dont Le Devoir a obtenu copie. Cette intervention fut la « goutte qui a fait déborder le vase » pour Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) et signataire.

     

    Mme Payne rapporte recevoir plusieurs communications par téléphone ou par courriel de parents stressés. Une région, qu’elle ne souhaite pas nommer, a par exemple rassemblé tous les présidents des comités de parents pour les pousser à se positionner pour ou contre les élections scolaires, un geste qu’elle assimile à de « l’intimidation ». Après des séries d’événements localisés, lorsque la présidente de la FCSQ « a eu l’audace de parler ainsi à tout le monde en assemblée », le malaise s’est généralisé.

     

    Celle qui représente les comités de parents reproche surtout à Mme Bouchard de forcer la main à propos « de quelque chose qui n’est même pas encore sur la table ». L’objectif principal de la lettre envoyée au ministre de l’Éducation était donc de le convaincre de déposer son projet de loi rapidement.

     

    « Déposez le projet au plus vite, s’il vous plaît Monsieur le Ministre, pour faire cesser l’inconfort et l’insécurité », a renchéri Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissements scolaires (AMDES) et également signataire. « L’automne a été rigoureux à gérer, avec des journées de grève. Tout s’est pourtant vécu dans la civilité et on veut lancer un appel au calme avant que les esprits s’échauffent, pour pouvoir discuter de ces gros changements », a exprimé Mme Bourdages.

     

    Mme Bouchard n’accordait aucune entrevue mardi. Son bureau a tout de même tenu à nuancer ses propos, assurant que la présidente de la FCSQ n’avait aucune intention de menacer qui que ce soit. « Certains ont pris position, d’autres tardent à le faire, il s’agissait donc d’une invitation à prendre position », a affirmé au Devoir une porte-parole.

     

    Des changements bienvenus ?

     

    Le gouvernement promet depuis les élections scolaires de novembre 2014 de réformer la gouvernance et la démocratie scolaires. Le ministre de l’Éducation a réitéré la semaine dernière son intention de déposer un projet de loi cet automne. Les commissions scolaires craignent de voir leur rôle diminuer, au profit des directions d’écoles et des parents, une des intentions avouées par le ministre Blais.

     

    « On ne s’est jamais exprimés pour ou contre l’abolition des commissaires, mais on veut certainement que les décisions se prennent au plus près des enfants, ce qui n’est pas le cas présentement », a affirmé Lorraine Normand-Charbonneau, signataire également de la lettre et présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement. Une décentralisation des commissions vers les écoles fortement appuyée par Mme Bourdages, de l’AMDES : « Pour nous, ce sont des changements heureux si on peut faire bénéficier de notreregard direct sur l’élève toute la question pédagogique. »

     

    Tous les changements bousculent, convient-elle, « puisque le pouvoir se déplace mais ne se multiplie pas ». De nombreux scénarios ont été envisagés, dont la possibilité d’accorder le droit de vote aux parents siégeant comme commissaires scolaires, ce qui n’est pas sans déplaire à la FCPQ. Mais toutes les instances demandent au ministre de mettre cartes sur table le plus vite possible pour faire cesser les spéculations sur des scénarios hypothétiques.













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