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Portes ouvertes dans les universités - Ils sont 225 000...

La «chasse» aux nouveaux étudiants est ouverte

Ulysse Bergeron   24 janvier 2004  Éducation
Les inscriptions dans les cégeps sont à la baisse. Une réalité qui, d'ici quelques années, devrait rattraper les universités. Cette situation pousse inévitablement ces dernières à réagir. Et les activités de portes ouvertes font partie des nombreuses stratégies mises en oeuvre afin d'attirer la clientèle étudiante.

Le dimanche 25 janvier prochain, l'Université de Montréal et ses écoles affiliées (Polytechnique et HEC) seront parées de leurs plus beaux atours afin de charmer la clientèle étudiante présente dans le cadre de leur journée portes ouvertes. Un jeu de séduction nécessaire qui se déroule quelques semaines seulement avant la date limite d'admission pour les candidats à la session d'automne 2004.

«L'Université de Montréal organise ce type d'événement depuis 10 ans afin d'offrir la possibilité aux visiteurs d'en connaître davantage sur notre institution: les facultés, les départements ainsi que les programmes offerts», souligne d'entrée de jeu la directrice de la promotion et du recrutement de l'Université de Montréal, Hélène Bernier.

Bienvenue au Salon

L'événement comporte deux volets. Tout d'abord, les visites guidées qui, selon Mme Bernier, permettent aux candidats potentiels «de connaître le campus et les établissements qui s'y trouvent. Cela leur donne l'occasion de visiter certains locaux et laboratoires de l'université». Cette activité d'information est également proposée à trois autres occasions au cours de l'année scolaire.

Le second volet est la journée portes ouvertes, baptisée Salon de l'éducation, qui a lieu une fois par année. «On réunit des professeurs et des étudiants de différents départements dans un même endroit. Les visiteurs ont alors l'occasion d'échanger avec eux, de comparer les programmes et de connaître les qualités intrinsèques à chaque discipline. C'est un moyen pour les candidats potentiels de s'assurer de faire le bon choix», souligne la directrice au recrutement. À cette fin, l'Université de Montréal réunira cette année, dans le pavillon Jean-Brillant, 80 stands où les visiteurs pourront questionner les représentants des différentes facultés.

L'institution propose même un service de transport en autobus nolisés pour ceux qui seraient intéressés par l'événement mais résident à l'extérieur de la région montréalaise: Drummondville, Gatineau, Granby, Ottawa, Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières et Victoriaville. L'objectif est simple: rejoindre le plus grand nombre de candidats potentiels. Tout porte à croire que cela fonctionne, car en 2003, le Salon de l'éducation attirait jusqu'à 4000 visiteurs. Sur ce nombre, «72 % étaient des collégiens et 28 % des universitaires, des travailleurs et des étudiants du niveau secondaire», souligne Hélène Bernier.

Démographie, décrochage, techniques

Les raisons expliquant la baisse probable d'inscriptions au cours des prochaines années seraient multiples. «La génération est moins nombreuse. Mais il y a aussi le décrochage scolaire ainsi que l'attrait grandissant pour les techniques. Tous ces éléments pourraient éventuellement avoir des répercussion au niveau universitaire», résume la directrice du recrutement de l'UdeM. Actuellement, le nombre d'étudiants québécois gravite autour de 225 000. Sur ce nombre, près de 60 % sont inscrits à temps plein et la grande majorité d'entre eux — environ 80 % — étudient au premier cycle.

Le financement annuel des institutions universitaires dépend en grande partie des subventions gouvernementales — elles-mêmes liées au nombre d'étudiants inscrits. Près de 70 % du budget des universités provient des deux ordres de gouvernement, dont 60 % du gouvernement provincial. Par le fait même, une baisse d'inscriptions engendrerait nécessairement des effets sur les finances des universités.

Nécessité et fierté

La nécessité d'élargir les publics ciblés par les activités de recrutement se fait peu à peu sentir. Dans cette perspective, l'UQAM organise le 12 février prochain «Admission Express général», «une soirée qui s'adresse particulièrement aux adultes», comme l'explique Huguette Lucas, agent d'information de la division des événements spéciaux. L'université fait ainsi les yeux doux à ceux qui désirent faire un retour sur les bancs d'école. Les candidats potentiels pourront s'inscrire sur place. L'an dernier, soutient Mme Lucas, «100 personnes, sur les 1000 qui étaient venues, avaient déposé une demande d'admission».

Pour sa part, l'Université de Montréal courtise les candidats potentiels étrangers en participant à des salons d'éducation et séances d'information hors des frontières canadiennes (France, Égypte, Mexique). «Ces activités d'information s'inscrivent dans la perspective d'internationalisation de l'Université de Montréal», précise Hélène Bernier.

Mais les portes ouvertes ne sont pas que des activités de recrutement; elles deviennent un moyen efficace de mettre en avant-scène les caractéristiques et motifs de fierté des institutions. Cette année, l'Université de Montréal soulignera de façon évidente son 125e anniversaire. L'UQAM, pour sa part, organisera des activités dans l'enceinte du pavillon Président-Kennedy afin de souligner la réalisation de son futur pavillon des sciences biologiques et du «Coeur des sciences» qui devrait s'y greffer.

Parallèlement, des activités départementales sont organisées indépendamment des événements qu'orchestrent les universités. C'est le cas de l'École supérieure de théâtre de l'UQAM qui, pour la première fois le 1er février prochain, proposera plusieurs activités (ateliers et démonstrations, kiosques, présence de personnes du milieu théâtral). Certains programmes du département étant extrêmement contingentés, l'objectif de l'exercice est avant tout, comme le souligne le directeur du programme de premier cycle, Yves Jubinville, «de présenter le département. Par contre, il est évident que plus les demandes sont nombreuses, plus il est possible pour nous de faire un choix de qualité parmi celles qu'on aura reçues».






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