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    Percolab

    Partager ses connaissances autrement

    17 octobre 2015 | Arnaud Stopa - Collaborateur | Éducation
    Pour l’agrandissement de l’Insectarium de Montréal, l’entreprise a fait appel à différents corps de métiers. Aux employés et experts biologistes ont été ajoutés des documentaristes, des chorégraphes ou encore des designers. Au travers d’ateliers, les participants en sont venus à adopter un préprojet de « codesign ».
    Photo: Source Percolab Pour l’agrandissement de l’Insectarium de Montréal, l’entreprise a fait appel à différents corps de métiers. Aux employés et experts biologistes ont été ajoutés des documentaristes, des chorégraphes ou encore des designers. Au travers d’ateliers, les participants en sont venus à adopter un préprojet de « codesign ».
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    À l’heure des nouvelles technologies, l’apprentissage en milieu de travail s’éloigne du modèle des formations traditionnelles, sur une chaise derrière une table et devant un tableau. Dans le but d’améliorer le partage des connaissances, l’entreprise sociale Percolab étudie les initiatives de tous genres de par le monde, pour les apporter au Québec.


    Tablettes, téléphones intelligents, réseaux sociaux et consorts : malgré toutes les technologies de communication à notre disposition, le meilleur moyen de partager les connaissances sur son lieu de travail reste encore la causerie à… la machine à café.

     

    « 80 à 90 % de l’apprentissage se fait de manière informelle, indique Yves Otis, codirecteur de Percolab, une entreprise sociale qui se penche sur les innovations des transmissions du savoir. Que ce soit en discutant ou en montrant les procédures, l’apprentissage se fait d’employés à employés : c’est une ressource indispensable, une richesse qui permet le développement de l’entreprise. Alors que, pour beaucoup, l’apprentissage se passe dans une classe, un colloque ou encore des cours en ligne. »

     

    C’est pourquoi il estime que les efforts effectués depuis des années en gain de productivité ont fait perdre de vue l’importance de la valeur formative. « Il faut commencer à se rendre compte qu’il faut aussi investir dans la gestion opérationnelle d’excellence. Et cela passe par l’investissement dans l’apprentissage, dans de nouvelles structures. » Et ainsi augmenter la réactivité de l’entreprise face à ses obstacles. « Nous faisons de la pédagogie radicale, c’est-à-dire que nous formons des pédagogies qui ont un impact immédiat à l’opposé du temps scolaire. »

     

    Pour ce faire, l’équipe de Percolab, constituée de professionnels pluridisciplinaires allant du pédagogue au psychosociologue, a mis au point les cercles d’apprentissages. Sur le modèle des cercles de guérison ou d’entraide, Yves Otis souhaite ainsi « développer deux habilités : savoir demander de l’aide et aider les autres. Nous voulions reprendre ces modèles puissants pour les faire converger vers l’apprentissage. C’est une structure autoportante de codéveloppement, une nouvelle manière de travailler qui peut servir comme engrenage à un mécanisme d’entreprise ».

     

    Pour l’agrandissement de l’Insectarium de Montréal, l’entreprise a ainsi fait appel à différents corps de métiers, pour que « chacun apprenne des autres ». Aux employés et experts biologistes ont été ajoutés des documentaristes, des chorégraphes ou encore des designers. Au travers d’ateliers, les participants en sont venus à adopter un préprojet de « codesign ». « Chacun avait sa pierre à apporter : la documentariste nous en apprenait sur la construction narrative du projet, le chorégraphe, sur la manière de se mouvoir dans l’espace. »

     

    Innovation mondiale

     

    Tout autour du monde, les entreprises, notamment des secteurs technologiques, font leur chemin pour proposer de nouvelles façons d’apprendre. « Chez Google, on donne du temps libre aux employés pour leurs projets personnels, explique Yves Otis. Ça rentre dans une mouvance de mise en place de nouveaux dispositifs, qui sont très perméables. »

     

    Il ne faut pas croire toutefois que les nouvelles formes de transmissions des connaissances sont réservées aux jeunes pousses californiennes. Cossette Communications, principale firme de communication du Canada, a développé un « frigo », un espace virtuel où sont disposés toutes les procédures et tous les manuels rédigés par les employés. « “Besoin d’une formation, une procédure ? Va chercher dans le frigo”,qu’ils disent, indique Yves Otis. Dans d’autres entreprises, il y a par exemple la mise en place de réseaux sociaux internes, des wikis communautaires — où le patron ordonne les idées et où les employés ajoutent leurs connaissances. Il y a les outils comme les CBT (Computer Based Training) — courte présentation vidéo —, la création de petits manuels d’instruction, mis en commun sur le réseau interne et consultable directement depuis un téléphone intelligent ou une tablette. En amenant les gens à la réalité numérique, en n’étant plus que de simples consommateurs, mais des producteurs contributifs, on commence à entrer dans une zone intéressante. »

     

    Ces exemples peuvent ainsi aider les secteurs industriels, où le manque de main-d’oeuvre qualifiée à court terme est un frein au développement. « Les machinistes, par exemple, doivent être formés pendant un an, alors qu’il y a une nécessité immédiate, analyse Yves Otis. Le défi autour de cette question, c’est de savoir comment faire l’apprentissage autrement. Avec comme obstacle principal, souvent, le prix de la formation. Il faut penser à l’amélioration continue. » Et à désenclaver le savoir des industries en se rapprochant de ses concurrents, qui peuvent mettre à disposition les acquis de leurs employés. « Chaque organisation a une réponse différente, mais il faut s’ouvrir aux autres », estime le codirecteur de Percolab.

     

    Formation atypique

     

    Pour changer les mentalités, il faut peut-être partir à la source. Percolab étudie en ce moment le concept finlandais de Tiimiakatemia, une « école sans école, sans classes, pas de professeurs, pas de cours, dont les étudiants obtiennent un baccalauréat en trois ans et demi ». Ouverte en 1993, cette école innovante fondée sur l’horizontalité de l’apprentissage met ses étudiants dans une structure entrepreneuriale officielle, où tous contribuent à l’obtention de vrais contrats et gèrent de vrais clients. « La seule obligation scolaire est le corpus bibliographique et des rencontres de trois à six heures par semaine, où ils apprennent à vivre ensemble. C’est juste “wow”, s’exclame Yves Otis. La clé de ces projets, c’est l’idée de passer du temps ensemble, de résoudre les problèmes ensemble, d’aider à faire avancer le nous. » Cette approche marginale, qui repense les codes de transmission, est bénéfique dans le changement des pratiques une fois les diplômés embauchés dans des firmes. Ce modèle étonnant, décliné en Team Academy en anglais, a donné des petits au Brésil, aux Pays-Bas ou en France. Et pourquoi pas au Québec ? « On essaie de rapatrier le modèle ici », répond Yves Otis.

    Pour l’agrandissement de l’Insectarium de Montréal, l’entreprise a fait appel à différents corps de métiers. Aux employés et experts biologistes ont été ajoutés des documentaristes, des chorégraphes ou encore des designers. Au travers d’ateliers, les participants en sont venus à adopter un préprojet de « codesign ». Yves Otis, codirecteur de Percolab












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