Les plans de réussite sous la lorgnette du Vérificateur général
Le Vérificateur général du Québec met le nez dans les plans de réussite des écoles primaires, s'interrogeant sur le type de planification qui aurait «probablement permis d'éviter les écueils auxquels s'est heurté le réseau scolaire». Stupéfait et mécontent, le réseau scolaire juge cette décision inappropriée, invoquant le fait qu'il raffine actuellement ce concept de reddition de comptes de concert avec le ministère de l'Éducation.
«Les plans de réussite constituent un outil de gestion devant favoriser la réussite scolaire», écrivait en mars dernier la vérificatrice générale intérimaire, Doris Paradis, au regroupement de commissions scolaires et de directions d'école. «À mon avis, le calendrier couvrant leur mise en oeuvre ne semble pas avoir été conçu en prévoyant la planification globale de l'opération, une étape qui aurait probablement permis d'éviter les écueils auxquels s'est heurté le réseau scolaire.»
Dans un échange épistolaire daté de mars dernier, et dont Le Devoir a obtenu copie, les deux parties exposent qui leur étonnement face à cette démarche de vérification, qui le bien-fondé d'une telle opération. «J'estime que la période écoulée depuis l'amorce de cette initiative [en 2000] aura permis au réseau scolaire d'implanter ces plans de réussite et de se les approprier, poursuit Mme Paradis, qu'il a été impossible de joindre hier. Le moment de l'intervention m'apparaît tout à fait opportun pour informer les parlementaires du chemin parcouru», ajoute-t-elle, précisant qu'un rapport sur les plans de réussite des écoles primaires s'inscrit dans le penchant du Vérificateur général pour «la gestion axée sur les résultats».
Rappelons que l'opération «plans de réussite» a été lancée au printemps 2000 par le ministre de l'Éducation d'alors, François Legault, dans le but de doter les écoles d'un plan d'action visant à améliorer la performance des écoles et, par ricochet, la réussite des élèves. Le primaire, le secondaire et aussi le collégial ont été soumis à cet exercice de reddition de comptes, dont les cibles et objectifs quantitatifs couvraient trois années (de 2000 à 2003).
L'analyse, qui semble-t-il cible une trentaine d'écoles primaires du territoire québécois choisies de manière aléatoire, ne réjouit ni la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) ni les directeurs d'école. «Nous trouvons difficilement les mots pour décrire notre stupéfaction quant à la décision du Vérificateur général d'exercer une vérification sur l'application des plans de réussite au primaire en pleine période d'implantation», écrivent les dirigeants de cinq associations de cadres scolaires à Mme Paradis.
Les représentants de la FCSQ, de l'Association des directeurs généraux de commissions scolaires, de la Fédération québécoise des directeurs d'établissements d'enseignement (FQDE), de l'Association montréalaise des directions d'établissement (AMDES) et de l'Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE) exposent ensuite les raisons pour lesquelles ils trouvent la décision de Mme Paradis «inappropriée»: la nouveauté du processus de gestion; la difficulté pour des directeurs d'école déjà surchargés de se plier à cette nouvelle exigence sans formation préalable; et la révision du processus — toujours en cours —, de concert avec le ministère de l'Éducation, dans le but d'en faire des plans triennaux.
«Vous comprendrez notre étonnement de voir le Vérificateur général intervenir à ce moment-ci dans ce dossier, alors que tout le réseau est en phase d'implantation et d'appropriation, poursuivent les signataires, insistant sur «l'effet perturbateur et démobilisant» que pourrait avoir une telle démarche de contrôle dans les écoles et les commissions scolaires.
«C'est inapproprié; disons que ça en fait beaucoup», affirmait hier Jacques Delfosse, président de l'AMDES, dont trois écoles ont été ciblées par l'opération. «C'est nouveau, et en plus, on est en train de revoir le processus pour en faire un plan triennal, avec une vision plus globale.»
«C'est encore en implantation, tout cela, et c'est déjà le moment de vérifier? Ils vont trouver des petits problèmes, c'est évident et normal», explique Serge Rodrigue, président de l'AQPDE. «Nous sommes en désaccord avec le rythme des plans de réussite, qui ne s'accorde pas avec le cycle scolaire, renchérit Robert Morin, président de la FQDE. On a demandé au MEQ d'arrimer les deux, et au moment où ça pourrait changer, le Vérificateur vient nous voir. Ce n'est pas l'idéal.»
Le ministère de l'Éducation, quant à lui, «offre son entière collaboration au Vérificateur général», expliquait hier le porte-parole du ministre Sylvain Simard, Nicolas Girard. «Nous interprétons cette démarche comme une volonté d'améliorer le processus de réalisation des plans de réussite. Nous voyons même l'intérêt du Vérificateur comme une reconnaissance de l'approche des plans de réussite.»
«Les plans de réussite constituent un outil de gestion devant favoriser la réussite scolaire», écrivait en mars dernier la vérificatrice générale intérimaire, Doris Paradis, au regroupement de commissions scolaires et de directions d'école. «À mon avis, le calendrier couvrant leur mise en oeuvre ne semble pas avoir été conçu en prévoyant la planification globale de l'opération, une étape qui aurait probablement permis d'éviter les écueils auxquels s'est heurté le réseau scolaire.»
Dans un échange épistolaire daté de mars dernier, et dont Le Devoir a obtenu copie, les deux parties exposent qui leur étonnement face à cette démarche de vérification, qui le bien-fondé d'une telle opération. «J'estime que la période écoulée depuis l'amorce de cette initiative [en 2000] aura permis au réseau scolaire d'implanter ces plans de réussite et de se les approprier, poursuit Mme Paradis, qu'il a été impossible de joindre hier. Le moment de l'intervention m'apparaît tout à fait opportun pour informer les parlementaires du chemin parcouru», ajoute-t-elle, précisant qu'un rapport sur les plans de réussite des écoles primaires s'inscrit dans le penchant du Vérificateur général pour «la gestion axée sur les résultats».
Rappelons que l'opération «plans de réussite» a été lancée au printemps 2000 par le ministre de l'Éducation d'alors, François Legault, dans le but de doter les écoles d'un plan d'action visant à améliorer la performance des écoles et, par ricochet, la réussite des élèves. Le primaire, le secondaire et aussi le collégial ont été soumis à cet exercice de reddition de comptes, dont les cibles et objectifs quantitatifs couvraient trois années (de 2000 à 2003).
L'analyse, qui semble-t-il cible une trentaine d'écoles primaires du territoire québécois choisies de manière aléatoire, ne réjouit ni la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) ni les directeurs d'école. «Nous trouvons difficilement les mots pour décrire notre stupéfaction quant à la décision du Vérificateur général d'exercer une vérification sur l'application des plans de réussite au primaire en pleine période d'implantation», écrivent les dirigeants de cinq associations de cadres scolaires à Mme Paradis.
Les représentants de la FCSQ, de l'Association des directeurs généraux de commissions scolaires, de la Fédération québécoise des directeurs d'établissements d'enseignement (FQDE), de l'Association montréalaise des directions d'établissement (AMDES) et de l'Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE) exposent ensuite les raisons pour lesquelles ils trouvent la décision de Mme Paradis «inappropriée»: la nouveauté du processus de gestion; la difficulté pour des directeurs d'école déjà surchargés de se plier à cette nouvelle exigence sans formation préalable; et la révision du processus — toujours en cours —, de concert avec le ministère de l'Éducation, dans le but d'en faire des plans triennaux.
«Vous comprendrez notre étonnement de voir le Vérificateur général intervenir à ce moment-ci dans ce dossier, alors que tout le réseau est en phase d'implantation et d'appropriation, poursuivent les signataires, insistant sur «l'effet perturbateur et démobilisant» que pourrait avoir une telle démarche de contrôle dans les écoles et les commissions scolaires.
«C'est inapproprié; disons que ça en fait beaucoup», affirmait hier Jacques Delfosse, président de l'AMDES, dont trois écoles ont été ciblées par l'opération. «C'est nouveau, et en plus, on est en train de revoir le processus pour en faire un plan triennal, avec une vision plus globale.»
«C'est encore en implantation, tout cela, et c'est déjà le moment de vérifier? Ils vont trouver des petits problèmes, c'est évident et normal», explique Serge Rodrigue, président de l'AQPDE. «Nous sommes en désaccord avec le rythme des plans de réussite, qui ne s'accorde pas avec le cycle scolaire, renchérit Robert Morin, président de la FQDE. On a demandé au MEQ d'arrimer les deux, et au moment où ça pourrait changer, le Vérificateur vient nous voir. Ce n'est pas l'idéal.»
Le ministère de l'Éducation, quant à lui, «offre son entière collaboration au Vérificateur général», expliquait hier le porte-parole du ministre Sylvain Simard, Nicolas Girard. «Nous interprétons cette démarche comme une volonté d'améliorer le processus de réalisation des plans de réussite. Nous voyons même l'intérêt du Vérificateur comme une reconnaissance de l'approche des plans de réussite.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

