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    L’UQAM perd des étudiants… et des millions

    Le taux d’inscription a chuté de 11 % cette année au baccalauréat

    2 octobre 2015 |Philippe Orfali | Éducation
    Robert Proulx
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Robert Proulx

    Le scénario catastrophe redouté par le recteur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Robert Proulx se concrétise : le nombre d’entrants a chuté de 11 % cette année au niveau du baccalauréat, une situation qui plonge l’établissement du Quartier latin dans une situation financière plus précaire qu’escomptée.

     

    Résultat possible des manifestations du printemps 2015, l’UQAM enregistre cet automne une diminution d’au moins 2,8 % des inscriptions au premier cycle. La baisse est nettement plus marquée chez les nouveaux inscrits, en particulier dans les programmes de baccalauréat, où elle atteint 10,9 %, et de certificat, où elle s’élève à 6 %.

     

    « Toutes les facultés sont touchées par ce phénomène », a révélé le recteur, dans un courriel acheminé à la communauté universitaire.

     

    Au deuxième cycle, les inscriptions sont relativement stables tandis qu’au troisième cycle, l’UQAM enregistre une hausse (+11,8 %). Malgré tout, la diminution du nombre des inscriptions est de 2,2 %, tous cycles confondus.

     

    Déjà, à la rentrée, M. Proulx avait noté une baisse de 5 % des demandes d’admission. Il évoquait alors comme explication potentielle le mouvement de grève étudiante du printemps précédent. Quoi qu’il en soit, cette réduction du nombre d’inscrits a des conséquences importantes pour l’établissement. « Cette diminution entraîne inévitablement une perte financière, évaluée à 3,1 millions pour les sessions d’automne et d’hiver, qui, ajoutée au 1,9 million pour la session d’été, totalise 5 millions. Indubitablement, ce manque à gagner vient alourdir une situation financière déjà très difficile pour l’UQAM », dit-il.

     

    Seul à pâtir

     

    La nouvelle a de quoi inquiéter Robert Proulx puisque son établissement est le seul, dans tout le réseau de l’Université du Québec, à faire face à une telle baisse dans les inscriptions. Les autres universités de la métropole enregistrent elles aussi une croissance.

     

    Robert Proulx se défend d’être alarmiste. Reste que ces 5 millions en moins forment un trou béant dans le budget de l’université, forcée, depuis un certain nombre d’années déjà, de se serrer la ceinture.

     

    Le manque à gagner pour l’année en cours atteint aujourd’hui plus de 20 millions dans le budget 2015-2016, une somme à laquelle s’ajoutera une compression additionnelle exigée par Québec aux universités. À l’échelle du réseau universitaire, ce sont des compressions de 72 millions que prévoyait le dernier budget provincial. Celle-ci s’élèverait à 7,2 millions pour l’UQAM.

     

    « Quand on considère les compressions effectuées ces derniers mois (18,3 millions) et celles à venir (14,5 millions), on constate que pour équilibrer le budget de l’UQAM en 2015-2016, on aura été contraint de procéder à des coupes totalisant quelque 32,8 millions », reconnaît le recteur. Cela représente près de 8 % des revenus de l’UQAM.

     

    Bien qu’il se soit avéré moins « chaud » que prévu, le printemps 2015 a mobilisé près de 130 000 étudiants, opposés aux mesures d’austérité du gouvernement Couillard, ainsi qu’aux hydrocarbures. De nombreuses associations étudiantes avaient promis de rappliquer l’automne venu, mais celui-ci semble plutôt calme, pour l’instant. Alors que les enseignants du primaire, du secondaire et du collégial ont adopté des mandats de grève à l’échelle du Québec pour dénoncer la lenteur de leurs négociations, la grève étudiante se retrouve pour l’heure surtout limitée à l’UQAM.

     

    Une manifestation a d’ailleurs été tenue jeudi par le syndicat représentant les étudiants-employés de l’UQAM afin de « dénoncer les coupes, la privatisation de l’université et la dérive autoritaire de son administration ».













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