Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Dégringolade des demandes d’admission à l’UQAM

    La baisse de 3176 demandes est une conséquence de la crise étudiante selon son recteur

    3 septembre 2015 |Philippe Orfali | Éducation
    L'UQAM a enregistré une baisse globale de 5,3 % des demandes d’admission cette année.
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir L'UQAM a enregistré une baisse globale de 5,3 % des demandes d’admission cette année.

    La crise étudiante du printemps 2015 semble avoir laissé des séquelles à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). À quelques jours de la rentrée scolaire, la maison d’enseignement enregistre une baisse considérable des demandes d’admission par rapport à l’an dernier. Une autre tuile qui s’abat sur l’université du Quartier latin, déjà aux prises avec une situation financière des plus délicates.

     

    On ne se bouscule plus au portillon pour étudier à l’UQAM, qui a enregistré une baisse globale de 5,3 % des demandes d’admission cette année, a fait savoir mercredi le recteur de l’établissement, Robert Proulx, dans une note de service dont Le Devoir a obtenu copie.

     

    Au premier cycle, où toutes les facultés sont touchées, près de 3150 étudiants potentiels de moins ont témoigné de leur intérêt pour l’UQAM en 2015, une chute de 6 %, tandis qu’au second cycle, une diminution de 1,6 % (ou 113 demandes) a été observée. Au troisième cycle, 90 demandes de plus ont été reçues, une hausse de 12 %. Ainsi, 3176 demandes d’admission de moins ont été acheminées à l’université par rapport à l’an dernier.

     

    Il s’agit là seulement de demandes d’admission à l’université, mais cela devrait également se traduire par une baisse importante des demandes d’inscription dans les divers programmes et dans les inscriptions réelles, estime la direction, qui établit un lien clair entre les perturbations du printemps dernier et ces résultats négatifs.

     

    « L’UQAM a été durement touchée par les événements largement médiatisés du printemps dernier. Cet épisode difficile pour notre institution a eu un certain nombre de répercussions dont on ne peut encore évaluer toute la portée. Reste qu’à ce moment-ci, tout porte à croire que les inscriptions seront en décroissance. Un ensemble d’actions ont été mises en oeuvre très rapidement en vue d’atténuer cette baisse anticipée », écrit M. Proulx dans une note envoyée à l’ensemble du personnel universitaire.

     

    Un portrait plus complet des inscriptions sera dressé en novembre, une fois l’ensemble des données sur les inscriptions compilé.

     

    Unique dans le réseau

     

    Robert Proulx a d’autres raisons de s’inquiéter. Son établissement est le seul, dans tout le réseau de l’Université du Québec, à subir une telle baisse. « La tendance est plutôt à la hausse », a indiqué la directrice des communications du réseau, Valérie Reuillard, ajoutant ne pas détenir de données plus précises pour l’instant.

     

    Cette mauvaise nouvelle pour l’UQAM s’ajoute à d’autres, financières, celles-là. « Malgré tous les efforts déployés en vue de combler le manque à gagner de 20,7 millions dans le budget 2015-2016, il reste encore des compressions de 6 millions à effectuer pour y arriver », écrit le recteur, qui n’a pas accordé d’entrevue mercredi.

     

    Le dernier budget provincial prévoyait par ailleurs des compressions de 72 millions dans l’ensemble des universités du Québec, qui pourraient se traduire par une ponction additionnelle de 7,2 millions pour l’UQAM.

     

    Selon les calculs du recteur, la baisse des inscriptions représenterait à elle seule une baisse de revenu additionnelle de l’ordre de 5 millions en 2015-2016.

     

    Même s’il s’était révélé moins « chaud » que prévu, le printemps 2015 avait mobilisé près de 130 000 étudiants, au plus fort de la grève visant à dénoncer l’austérité et le recours aux hydrocarbures. À la toute fin du mouvement, en mai, certaines associations s’étaient engagées à profiter de la pause estivale pour « refaire le plein d’énergie afin de relancer une lutte encore plus forte à l’automne », comme l’expliquait l’Association facultaire des étudiants en sciences humaines (AFESH) de l’UQAM dans une résolution.

     

    L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) avait quant à elle adopté une proposition de grève générale illimitée à l’automne.

     

    En entrevue au Devoir mercredi soir, la porte-parole de l’ASSE, Hind Fazazi, a laissé entendre qu’il n’existe pas de lien entre le mouvement étudiant et la baisse anticipée des inscriptions. Elle y voit plutôt un corollaire de la « dérive autoritaire » de la maison d’enseignement. « Quand une administration donne la permission à la police d’entrer sur le campus pour tabasser les étudiants et le personnel, quand on constate qu’il y a des persécutions, ça peut faire peur à des étudiants concernant leur lieu de savoir. »

     

    « L’administration de Robert Proulx et le fait qu’il est prompt à appeler les renforts — la police — dissuadent les étudiants de s’inscrire », a-t-elle ajouté.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.