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    Blais accuse les parents d’instrumentaliser leurs enfants

    Près de 20 000 personnes à travers le Québec ont pris part à des manifestations visant à réclamer la fin des compressions en éducation

    2 septembre 2015 |Philippe Orfali | Éducation
    Plus de 260 écoles et près de 20 000 personnes avaient confirmé leur participation au mouvement lancé par le collectif Je protège mon école publique (JPMEP).
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Plus de 260 écoles et près de 20 000 personnes avaient confirmé leur participation au mouvement lancé par le collectif Je protège mon école publique (JPMEP).

    François Blais ne digère pas que des enfants aient été mêlés mardi à une vague de manifestations sans précédent en faveur des écoles publiques du Québec. Tandis que le ministre de l’Éducation dénonce l’instrumentalisation d’écoliers par leurs parents, ces derniers promettent de rappliquer le mois prochain afin de forcer le gouvernement Couillard à faire marche arrière avec les compressions en éducation.

     

    « Pro-té-geons ! Mon école publique ! » Ils étaient près de 20 000, mardi, à scander ces paroles à l’échelle du Québec : des milliers de parents, mais aussi d’enfants, d’enseignants et d’élus scolaires, qui se sont portés à la défense de leur maison d’enseignement, formant des chaînes humaines autour de leur école de quartier.

     

    Une école québécoise sur dix a ainsi été « protégée » en guise de protestation quant aux compressions budgétaires dont le système de l’éducation fait l’objet depuis quelques années.

     

    Plus de 270 écoles dans 16 des 17 régions administratives du Québec ont répondu àl’appel lancé par le collectif Je protège mon école publique (JPMEP). Les rassemblements du 1er septembre dépassaient même les prévisions optimistes des organisateurs.

     

    « Cette mobilisation nationale démontre hors de tout doute l’indignation générale suscitée par les compressions du gouvernement Couillard en éducation. Le message est clair : le gouvernement doit réinvestir sans délai en éducation », a déclaré Pascale Grignon, porte-parole de JPMEP. Comme 250 autres personnes, dès 7 h, elle a formé une longue chaîne humaine le long de la rue Beaubien Est, dans le secteur Rosemont, entre les écoles primaires Rose-des-Vents (située à l’angle de la 25e Avenue) et Marie-Rollet (coin 30e), en collaboration avec les parents de l’école Saint-Jean-Vianney, située tout près. « Je suis ici par solidarité pour les parents, les enseignants et les enfants qui subissent les contrecoups de tout ça. Il y a une espèce d’insouciance des gouvernements qui me préoccupe beaucoup », a souligné Marie-Claude Trudel, mère de deux enfants, de 8 et 10 ans. « J’ai de la chance d’avoir des enfants qui vont bien, qui n’ont pas de besoins spéciaux. Mes amis avec des enfants avec des besoins particuliers mangent une solide claque. Nos enseignants sont à bout de souffle », dit-elle.

     

    Les enfants d’abord

     

    Au même moment, François Blais visitait lui-même un établissement de sa circonscription, où le retour en classe s’est déroulé dans le calme. Il n’a pas caché son agacement quant aux protestations ayant cours ailleurs. « Le rôle que jouent les enfants à certains endroits, ça m’inquiète, a-t-il dit. Les enfants ne devraient pas être mêlés à la politique. […] Ce qui me déçoit, c’est l’utilisation des enfants pour tirer des slogans qu’ils ne comprennent pas, pour reproduire des demi-vérités qu’ils ne peuvent comprendre. »

     

    Pascale Grignon se dit estomaquée et rappelle que ce sont d’abord les enfants qui sont visés par les changements découlant des compressions budgétaires imposées aux commissions scolaires par Québec. « Les enfants étaient contents de voir que leurs parents font tout ce qui est en leur pouvoir pour les aider, estime-t-elle. Le mouvement dérange à Québec, et le ministre attaque là où il peut pour s’en prendre au mouvement. Mais M. Blais ne peut nier ces compressions. Il doit dire quand et comment il va agir pour [restaurer] ces services. »

     

    Les manifestations du 1er septembre faisaient suite à des activités de moindre ampleur tenues à Montréal en mai et juin dernier. Pascale Grignon promet qu’il ne s’agira pas de la dernière. Les parents et tous ceux qui ont à coeur la « protection » de l’école publique ont rendez-vous de nouveau le 1er octobre.













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