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    Rentrée scolaire au Québec

    Les parents préparent leur riposte

    27 août 2015 |Philippe Orfali | Éducation
    Des parents du regroupement Je protège mon école publique, devant l’école Saint-Jean-de-Brébeuf, à Montréal. À droite, la porte-parole Pascale Grignon.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des parents du regroupement Je protège mon école publique, devant l’école Saint-Jean-de-Brébeuf, à Montréal. À droite, la porte-parole Pascale Grignon.

    Philippe Couillard et François Blais leur racontent depuis des mois, sans broncher, que les compressions qui s’accumulent en éducation n’auront aucune répercussion sur leurs enfants, mais ils ne sont pas dupes : face à la menace qui plane sur les écoles du Québec, les parents préparent leur riposte.

     

    C’est jour de rentrée scolaire et des milliers d’écoles accueillent leurs élèves, jeudi matin. Malgré la fébrilité des premiers jours, celle-ci s’annonce teintée d’inquiétude pour de nombreux parents dont les enfants s’apprêtent à composer, pour la première fois, avec les compressions de 350 millions de dollars imposées au réseau québécois de l’éducation au cours des derniers mois par le gouvernement Couillard.

     

    Moins de psychoéducateurs, de conseillers pédagogiques, de psychologues, d’orthopédagogues. Plus d’élèves en difficulté dans les classes ordinaires sans reconnaissance ni soutien pour les accompagner. Des journées pédagogiques au service de garde qui coûteront nettement plus cher. Et des réductions de budget, partout. Si ces préoccupations ont été relayées sans cesse sur la place publique par les syndicats et les commissions scolaires depuis l’hiver, les parents n’ont plus l’intention de demeurer les bras croisés, jure Pascale Grignon, porte-parole du regroupement Je protège mon école publique (JPMEP).

     

    Mobilisation du 1er septembre

     

    Ils seront des milliers, le 1er septembre, à ériger une chaîne humaine autour de « leur » école publique, dans 15 des 17 régions administratives de la province, fruit d’une concertation sans précédent entre JPMEP et deux autres organisations citoyennes, la Coalition des parents pour l’école publique et la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers. Une manifestation d’appui toute simple au modèle éducatif québécois, menacé, selon eux, par le gouvernement Couillard.

     

    Le tout a vu le jour devant l’école Saint-Jean-de-Brébeuf en mai dernier. Une poignée de parents souhaitait faire un coup d’éclat pour attirer l’attention sur la situation préoccupante qui prévalait dans cette école du quartier Rosemont. Quelques mois plus tard à peine, des centaines d’écoles se sont jointes au mouvement, à Montréal, mais aussi à Laval, Québec, en Outaouais, dans Launaudière, Chaudière-Appalaches, le Bas-Saint-Laurent, les Laurentides, la Montérégie et la Gaspésie-Îles-de-la Madeleine…

     

    « C’est un ras-le-bol, un constat, une prise de conscience. On a atteint les limites extrêmes des compressions budgétaires. Le gouvernement prétend qu’il reste encore du gras à couper, mais c’est faux : on est à l’os. Chaque compression supplémentaire a un impact sur les élèves, et non pas sur des éléments administratifs », tonne Mme Grignon.

     

    JPMEP et les deux coalitions se donnent comme objectif de mieux renseigner les parents du Québec, en toute objectivité, sur l’impact des compressions budgétaires. Les exemples sont nombreux : augmentation du nombre d’élèves par groupe à partir de la 3e année, abolition de postes de direction adjointe, diminution du soutien offert aux enseignants des classes accueillant de jeunes immigrants ne parlant pas français, surpopulation généralisée, énumère Mme Grignon.

     

    Un front commun « historique »

     

    Jamais, dans l’histoire récente du Québec, les parents n’ont-ils été aussi soudés autour de la cause de l’école publique, ajoute Ève Kirlin, de la Coalition des parents pour l’école publique, qui regroupe des dizaines de comités de parents. Un fait exceptionnel qui illustre toute l’urgence de la situation, selon elle.

     

    Alors que la Fédération des comités de parents du Québec se retrouve parfois coincée entre l’arbre et l’écorce dans le présent débat sur l’avenir de l’école publique, forcée de coopérer avec le gouvernement dans d’autres dossiers, cette coalition ne doit rien à personne ni à aucune institution, souligne la porte-parole. Elle a donc toute la liberté d’agir. « La Coalition se veut un outil plus politique pour rejoindre le gouvernement, explique-t-elle. Il s’agit de mettre un visage sur chacune de ces compressions. Québec traite ça comme des colonnes de chiffres. On leur demande de voir ça pour ce que c’est : des enfants qui n’ont plus les ressources dont ils ont besoin. » Outre les chaînes humaines, la Coalition promet d’inonder de cartes postales les députés du gouvernement afin d’illustrer clairement l’effet de leurs décisions.

     

    Brigitte Dubé, de la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers, promet elle aussi un automne chaud aux élus du gouvernement libéral. Les chaînes humaines ne sont que le début des actions menées par le front commun, explique la mère d’un enfant autiste âgé de 8 ans, aujourd’hui à la tête d’un organisme comptant près de 1000 parents et professionnels du secteur de l’éducation spécialisée. « Les enfants avec des besoins particuliers, ce sont les premiers à voir les conséquences des coupes. Ce n’est pas à moyen ou à long terme qu’on voit les effets, c’est tout de suite, maintenant, au premier jour de l’année scolaire. »

     

    « Ces compressions-là, ces diminutions de services ont un effet sur tout, incluant notre vie familiale. On ne peut pas les laisser faire sans rien faire. »













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